Michel de Montaigne

Que philosopher, c’est apprendre à mourir (Essais I, 19)

« On fait peur aux gens rien qu’en appelant la mort par son nom, et la plupart se signent en l’entendant, comme s’il s’agissait du nom du diable. Et parce qu’il figure dans les testaments, ils ne risquent pas d’y mettre la main avant que le médecin ne leur ait signifié leur fin imminente. Et Dieu sait alors, entre la douleur et la frayeur, de quel bon jugement ils vous l’affublent !

Parce que cette syllabe frappait trop durement leurs oreilles, et que ce mot leur semblait mal venu, les Romains avaient appris à l’adoucir ou à le délayer en périphrases. Au lieu de dire « il est mort », ils disent « il a cessé de vivre » ou encore « il a vécu ». Pourvu que ce soit le mot vie qu’ils emploient, fût elle passée, ils sont rassurés. […] »

(Livre I, Chapitre 19)

Cette traduction récente en français moderne est de Guy de Pernon que nous remercions.


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Livre audio gratuit ajouté le 18/08/2010.
Consulté ~20019

Lu par René Depasse

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