John William Waterhouse - Une sirene 1901

La Barbe Bleue – La Petite Sirène

Pourquoi rassembler et réécrire ces deux contes immortels de Perrault et d’Andersen ?

Peut-être parce qu’ils font partie des contes les plus sombres de notre enfance. Ici, la formule « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ne fonctionne pas; au contraire, il s’agit d’un mariage fatal, d’un amour qui mène à la mort. Les deux héroïnes quittent leur univers originel pour une improbable métamorphose, dont elles ont longuement rêvé, et c’est cette problématique commune qui m’a intéressée : le mouvement qui mène ces deux jeunes filles vers la flamme qui les brûlera, inexorablement.

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Illustration : John William Waterhouse - Une sirène (1901)
Licence d'utilisation : CC BY-NC-ND : Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification
Livre audio ajouté le 18/02/2014.
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Lu par Pauline Pucciano

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22 Commentaires

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  1. Chère Carole, merci beaucoup pour toutes ces réflexions si justes ! Elles me sont très précieuses.

  2. Chère Pauline,
    « la petite sirène » : j’étais curieuse de savoir comment vous vous l’étiez approprié.
    Le contexte : le lecteur sait que la sirène a trois jours devant elle, pour gagner sa vie, son pari, pari pour la vie, pari pour l’amour.
    L’ambiance : tout au long du conte, le lecteur se doute que l’on va vers le tragique pour la sirène, l’intérêt étant de découvrir de quelle façon on y va…
    la fin : elle n’est donc pas une surprise. Assez vite le lecteur sait que si l’amour fou ne se révèle pas du côté du prince, alors la sirène redeviendra écume. La fin « annoncée » intervient.
    *
    En quoi ce compte « interprété» par vous m’est apparu contemporain : il nous « parle », à nous, maintenant :
    – le prince et sa « déprime », son « mal de vivre », son « mal-être », indestructible, massif, qui va de pair avec le fait qu’il « a » tout, qu’il peut tout acquérir, et qu’il n’a pas de désirs.
    – la princesse : elle est une sorte de « jumelle » du prince. Elle souffre du même mal, vivant dans les mêmes conditions.
    – L’enfance (pour le prince et la princesse) : le monde enchanté du bonheur que l’on ne peut plus approcher une fois que l’on est adulte.
    *
    Mal être, passage difficile de l’enfance à l’âge adulte : oui, cela « parle » au lecteur.
    –La figure de la sirène : c’est le drame de l’amour qui ne peut s’exprimer ou encore de l’incommunicabilité radicale entre les êtres, le drame de leur solitude irrémédiable.
    Séparation inéluctable entre les êtres : c’est cela qui l’emporte. C’est sans doute le sens profond de ce conte sous votre plume.
    *
    Y aurait-il une « bonne » fin du côté du prince et de la princesse ? Il est difficile d’y croire ; cet amour entre « quasi jumeaux », fusionnel et séparé du reste du monde paraît pour le moins abstrait. N’était-ce pas ce qu’ont été tentés de vivre Barbe-Bleue et Éléonore dans « votre » conte de Barbe-Bleue ? Cela dure un temps et puis ensuite…
    j’aime votre façon de vous approprier les contes, d’écrire ainsi sous contrainte. Les contes par eux-mêmes s’emparent d’ores et déjà de thématiques sans doute assez universelles. Dès lors, « l’actualisation » que vous créez est d’autant plus intéressante pour le lecteur
    … et la poésie baigne bien sur l’ensemble du texte…
    … et, comme dans un certain nombre de vos textes, le tragique de la mort rôde…
    très bonne continuation…

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