De Dostoïevski et de l’insondable

Jacques Rivière (1886-1925), ami d’enfance d’Alain-Fournier dont il épousa la soeur Isabelle, devint secrétaire de rédaction de la N.R.F. en 1911, subissant l’influence de Barrès, Gide et Claudel. Il se spécialisa dans la rédaction de critiques littéraires de Proust, Mauriac, Gide, Giraudoux, Romains, Aragon… et Dostoïevski.

« L’idée d’un personnage étant donnée dans son esprit, il y a, pour le romancier, deux manières bien différentes de la mettre en œuvre : ou bien il peut insister sur sa complexité, ou bien il peut souligner sa cohérence ; de cette âme qu’il va engendrer, ou bien il peut vouloir produire toute l’obscurité, ou bien il peut vouloir la supprimer pour le lecteur ; en la dépeignant, ou bien il réservera ses cavernes, ou bien il les explorera.

André Gide a défini plus haut très justement les raisons pour lesquelles Dostoïevsky s’est heurté en France à tant d’incompréhension. Il y faut ajouter, je crois, celle-ci, que, dans ses inventions psychologiques, il suit toujours la première de ces deux méthodes, tandis que tous nos dons nous ont toujours inclinés à ne pratiquer que la seconde. »

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Livre ajouté le 07/05/2011.
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Lu par René Depasse

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