Saltykov Chtchedrine, Conscience perdue

Conscience perdue

 

Les Généraux et le moujik était une façon de ridiculiser les généraux russes ; Saltykov-Chtchedrine, sceptique et pessimiste, déploie le même esprit satirique dans Conscience perdue (1881).

Des villageois russes avaient perdu la conscience (entendez la conscience morale).
« On avait perdu la conscience. Cependant rien ne semblait changé. Il y avait toujours foule dans les rues et dans les théâtres ; les passants continuaient à aller et venir ; les ambitions continuaient à s’agiter, et c’était toujours à qui happerait un bon morceau à la volée. Personne ne remarquait que subitement quelque chose avait disparu et que certaine flûte avait cessé de jouer sa partie dans le grand orchestre de la vie humaine. Même beaucoup de gens commencèrent à se sentir plus libres et plus braves. L’homme eut la démarche plus légère et comprit mieux toute la commodité qu’on trouve à donner des crocs-en-jambe au voisin, l’opportunité de flatter, de ramper, de tromper, de faire de faux rapports, de calomnier. »

Un ivrogne retrouve un jour la conscience, mais il s’en débarrasse.
« La pauvre conscience vécut longtemps ainsi errante et passa par les mains de milliers de gens. Personne n’en voulait ; c’était à qui la repasserait au voisin, n’importe à quel prix, même par ruse et par fraude. »

Une solution possible de cette décadence des mœurs est proposée à la fin du conte…

Traduction : Ed. O’Farell (1869).

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Livre audio gratuit ajouté le 13/11/2012.
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Lu par René Depasse

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