La Grande famine en Irlande

Modeste proposition…

L’auteur des Voyages de Gulliver a publié aussi anonymement en 1723 le pamphlet Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents et à leur pays et pour les rendre utiles au public.
Jonathan Swift part de ce constat : « C’est une triste chose pour ceux qui se promènent dans cette grande ville de Dublin ou voyagent dans la campagne, que de voir les rues, les routes et les portes des cabanes encombrées de mendiantes que suivent trois, quatre ou six enfants tous en haillons et importunant chaque passant pour avoir l’aumône. Ces mères, au lieu d’être en état de travailler pour gagner honnêtement leur vie, sont forcées de passer tout leur temps à mendier de quoi nourrir leurs malheureux enfants, qui, lorsqu’ils grandissent, deviennent voleurs faute d’ouvrage…
Tous les partis tombent d’accord, je pense, que ce nombre prodigieux d’enfants sur les bras, sur le dos ou sur les talons de leurs mères, et souvent de leurs pères, est, dans le déplorable état de ce royaume, un très-grand fardeau de plus ; c’est pourquoi quiconque trouverait un moyen honnête, économique et facile de faire de ces enfants des membres sains et utiles de la communauté, aurait assez bien mérité du public pour qu’on lui érigeât une statue comme sauveur de la nation. »
Critiquant avec férocité les riches Anglais et la situation sociale de l’Irlande du XVIIIème siècle il propose de réduire la misère en s’alimentant de viande de bébés. « En supposant que mille familles de cette ville deviennent des acheteurs réguliers de viande de nourrisson, sans parler de ceux qui pourraient en consommer à l’occasion d’agapes familiales, mariages et baptêmes en particulier, j’ai calculé que Dublin offrirait un débouché annuel d’environ vingt mille pièces. »
On a considéré ce texte comme « la pierre angulaire de l’humour noir »,disons noir foncé !

Traduction : Léon de Wailly (1804-1863).
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Livre audio ajouté le 26/03/2013.
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Lu par René Depasse

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6 Commentaires

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  1. Modeste Proposition de Jonathan Smith écrit en Irlande en 1729. Pauvre à cette époque et décide de se servir de bébés comme nourriture. Cela donne une ambiance sinistre. Modeste Proposition est un discours pour pouvoir détruire la famine et se nourrir de ses enfants qui sont une charge en plus pour les parents. Je n’ai pas aimé ce livre

  2. Cher monsieur Depasse, je vous remercie de mettre à la disposition de tous ce texte, que j’apprécie particulièrement. Il rappelle à tous le mordant et le fort caractère de swift, dont les éléments de satire politique dans “gulliver”, proches d’une actualité quelque peu dépassée, échappent parfois au lecteur.

    Chère Francine, afin de mieux comprendre le message de ce texte, je vous encourage vivement à vous pencher sur la vie de son auteur, qui n’avait pas la langue dans sa poche, ce qui lui a valu une sorte d’exil. C’est en découvrant avec horreur l’abomination de la famine en Irlande, avec son cortège d’orphelins et de morts de faim, que l’agitateur Swift décide de rédiger ce texte féroce, proposant une solution plus abominable encore. C’est un texte choc, fait pour éveiller les consciences dans le royaume uni de l’époque.
    A mon sens, les satiristes actuels auraient des leçons à prendre. C’est, à mon avis, l’un des très grands pamphlets, à ranger à côté du j’accuse de zola, et de quelques autres textes nécessaires.

  3. Chère Francine,cet article de Wikipedia vous répond:”L’humour noir consiste notamment à évoquer avec détachement, voire avec amusement, les choses les plus horribles ou les plus contraires à la morale en usage. Il établit un contraste entre le caractère bouleversant ou tragique de ce dont on parle et la façon dont on en parle. Ce contraste interpelle le lecteur ou l’auditeur et a vocation de susciter une interrogation. C’est en quoi l’humour noir, qui fait rire ou sourire des choses les plus sérieuses, est potentiellement une arme de subversion.
    Empreint de fatalisme, pathétique par certains côtés, cet humour est forcément une source de gêne. Certains présentent d’ailleurs cette gêne comme un de ses ressorts, dans la mesure où le rire qu’il provoque doit gêner, voire donner honte, faire hésiter celui qui en rit entre sa réaction naturelle, le rire, et sa réaction réfléchie, l’horreur ou le dégoût. Suivant les cultures il évolue entre désespoir et raillerie et sera plus ou moins accepté en fonction de la force des tabous qu’il titille.
    L’humour noir n’a pas de tabou.”
    Swift a souffert de voir la misère de son Irlande;il n’y a pas la moindre trace de moquerie ni d’envie d’infanticide!
    J’ai lu ce texte suggéré par un de nos auditeurs . Cordialement R D

  4. Comment peut-on publier un récit aussi odieux à propos des enfants. Je ne vois aucun humour la dedans. Je vois seulement un manque de respect vis à vis de la pauvreté des enfants.