Emaux et camees

Cinq Émaux et camées (Poèmes)

Voici cinq des quarante-six Émaux et camées (1852-1872) ciselés par Théophile Gautier, le « poète impeccable » à qui Baudelaire dédia ses Fleurs du mal.
Seul Le monde est méchant n’est pas de facture parnassienne, mais Le Poème de la femme, Marbre de Paros et Affinités secrètes, madrigal panthéiste – dont voici le début – sont marmoréens :

« Dans le fronton d’un temple antique,
Deux blocs de marbre ont, trois mille ans,
Sur le fond bleu du ciel attique,
Juxtaposé leurs rêves blancs. »

Que dire de la première strophe de Tristesse en mer :

« Les mouettes volent et jouent ;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l’air ? »

Et, en ce mois d’octobre, comment rester insensible à cette évocation de Ce que disent les hirondelles, chanson d’automne :

« Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis ;
Soir et matin, la brise est fraîche :
Hélas ! les beaux jours sont finis !

On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor :
Le dahlia met sa cocarde,
Et le souci sa toque d’or.

La pluie au bassin fait des bulles ;
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules :
Voici l’hiver, voici le froid. »


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Livre audio gratuit ajouté le 03/10/2013.
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Lu par René Depasse

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