Tolstoi Leon - Guerre et Paix - Ch1-05

Guerre et paix (Première Partie : Chapitre 05)

Sur la route de Saint-Pétersbourg, Pierre rencontre Ossip Alexéiévitch Basdéiew, un franc-maçon qui lui ouvre de nouvelles perspectives sur sa vie et lui enseigne les moyens de l’améliorer. Une fois dans la capitale, il fait son entrée dans l’ordre tandis que la bonne société pétersbourgeoise le méprise au profit d’Hélène. Voulant mettre en application les enseignements de la franc-maçonnerie, il se rend sur ses terres pour mettre fin au servage. Mais, trompé par son habile régisseur, il s’illusionne sur les applications concrètes de ses idées.

Il rend alors visite au prince André ; leurs retrouvailles sont cependant entachées par la vision profondément pessimiste de la nature humaine du prince, renforcée depuis la bataille d’Austerlitz et le décès de Lise. Pierre ne comprend pas André, mais à Lissy-Gori lui apparaît, pourtant, la force de leur amitié. Contre toute attente, la visite de Pierre influence inconsciemment son ami qui sort peu à peu de sa retraite.

Au mois de juin, la bataille de Friedland fait rage, puis est suivie d’un armistice. Rostow, se sentant tout isolé sans son ami, est inquiet au sujet de sa blessure. Il profite de la trêve pour se rendre à l’hôpital. À peine entré dans la simple bâtisse de pierres qui sert d’hôpital, Rostow est saisi à la gorge par l’odeur de pharmacie et de décomposition qui y règne. On l’emmène dans la chambre de son ami.

Extrait :
« « Vous cherchez Denissow… c’est mon compagnon !… Venez par ici, » et il l’emmena dans la chambre voisine, où l’on entendait rire aux éclats.
« Comment ont­-ils envie de rire ici ? » se demanda Rostow qui ne pouvait ni se débarrasser de l’odeur du mort, ni oublier les regards qui l’avaient suivi à sa sortie.
Denissow, la tête enfouie sous sa couverture, dormait encore, quoiqu’il fût déjà midi. »

Guerre et paix est un roman de l’écrivain russe Léon Tolstoï. Publié en feuilleton entre 1865 et 1869 dans Le Messager russe, ce livre narre l’histoire de la Russie à l’époque de Napoléon Ier, notamment la campagne de Russie en 1812. Léon Tolstoï y développe une théorie fataliste de l’histoire où le libre arbitre n’a qu’une importance mineure et où tous les événements n’obéissent qu’à un déterminisme historique inéluctable.

Traduction : Irène Paskévitch (1835-1925).
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Références musicales :

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Lac des Cygnes Ballet, OP 20 – XLV, Danse polonaise, interprété par R.Druian et l’Orchestre Symphonique de Minneapolis, dirigé par A.Dorati (1954, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Concerto No. 1 pour piano et orchestre en Si bémol mineur, Op. 23, interprété par Emil Gilels et l’Orchestre Symphonique Chicago, dirigé par Fritz Reiner (1955, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Concerto pour violon et orchestre en Ré majeur, Op. 35, interprété par Jascha Heifetz et l’Orchestre Symphonique de Chicago, dirigé par Fritz Reiner (1957, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Souvenir d’un lieu cher, Op. 42, interprété par Nathan Milstein et l’Orchestre Symphonique de Pittsburgh, dirigé par Robert Irving (1960, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Suite No. 1 ré mineur, Op. 43, Marche miniature, interprétée par l’Orchestre Symphonique de Chicago, dirigé par Fritz Reiner (1959, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Concerto No. 2 pour piano et orchestre en Sol majeur, Op. 44, interprété par Emil Gilels et l’Orchestre Symphonique de l’URSS, dirigé par Kiril Kondrashin (1959, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Ouverture 1812, Op. 49, interprétée par l’Orchestre Symphonique de Chicago, dirigé par Fritz Reiner (1956, domaine public).

Piotr Ilitch Tchaikovsky, Symphonie No. 6 « Pathétique » en Si mineur, Op. 74, interprétée par l’Orchestre Philharmonia, dirigé par Guido Cantelli (1951, domaine public).

Livre audio ajouté le 14/07/2016.
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35 Commentaires

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  1. Oui c’est un parallèle très intéressant entre deux caractères différents 🙂
    Pour cela c’est très enrichissant les romans, les auteurs nous aident à mieux comprendre les autres, ainsi parfois que soi même.
    Pour le coup dans ce roman c’est du personnage de Pierre que je me sens le plus proche.

    J’ai remarqué que c’est systématiquement des personnages les plus réservés que je me sens le plus proche.
    Je me demande si c’est logique, un lecteur (ou auditeur) de romans serait quelqu’un de plutôt réservé, ou si au contraire d’autres lecteurs se sentent plus proches de personnages au tempérament plutôt actifs.

    Mon épouse par exemple a un tempérament actif, du coup elle me dit qu’elle n’a pas de temps à passer à lire (ou écouter) des romans car elle utilise son temps pour agir ou penser pour ses actions à elle.
    Je ne crois pas me l’être écrit quelque part mais je crois bien que le personnage d’Anna Karenine était ainsi décrit : elle ne lisait pas de romans préférant vivre sa vie à elle.

    Ça m’intéresserait bien de savoir comment lisent des romans des personnes au caractère actif 🙂

  2. Bonjour Vassia et merci pour votre intérêt pour cette lecture !
    C’est amusant pour nous de suivre votre progression au fil des différents chapitres. Nous allons regarder ce qui se produit au niveau de la scène 16 et corriger s’il y a lieu.
    Le parallèle que vous faites avec Résurrection, et l’excellente lecture qu’en a fait André Rannou, est intéressant. En effet il y a dans les deux cas une démarche personnelle assez comparable. Même si Tolstoï nous amène aussi à comparer les deux approches de Pierre et d’André : l’un pétri de bons sentiments, enthousiaste, et finalement assez inefficace, et l’autre moins ambitieux, plus pratique, et finalement mieux accepté par les serfs eux-mêmes.
    Au plaisir de vous retrouver.

  3. Merci pour la lecture de ce roman 🙂

    La question du servage et de son abolition par un propriétaire terrien semble chère à Tolstoï qui traite également cela dans son roman [i]Résurrection[/i] (très réussi lui aussi).

    Dans les deux romans, un riche propriétaire intellectualise subitement sa situation au regard du bien et du mal et en arrive à estimer qu’il n’a pas de droits sur d’autres hommes du seul fait de sa naissance ou de sa richesse et dans un souci d’effacer, ou du moins d’amoindrir les différences sociales entre les hommes, rend leur liberté à ses paysans.
    Dans les deux cas d’ailleurs les paysans en question se sentent plutôt surpris et paniqués par cette subite liberté.
    Je ne connais le servage qu’au travers de Tolstoï mais c’est très surprenant cette « Révolution » accomplie à titre privé, volontaire et de façon échelonnée au niveau du pays.
    Cela contraste drôlement avec notre Révolution à nous autres Français.

    La scène 16 s’interrompt à 2,30 minutes 😮
    Du coup il manque un petit bout 🙂

  4. Merci Natacha de vos encouragements !
    J’espère que vous réussirez votre challenge Babelio !
    Je vais voir avec la responsable de la publication des billets s’il est possible d’avoir un billet récapitulatif pour faciliter le téléchargement.
    D’ailleurs, je pense que vous aurez vu que le présent billet n’est pas le dernier en date, et que la Partie II de Guerre et Paix est déjà bien entamée 🙂
    Merci en tout cas de nous avoir fait ce retour, et bonne(s) lecture(s) !

  5. Merci beaucoup pour ce bel enregistrement. Je voulais lire ce roman d’abord pour ma culture personnelle, ensuite pour participer à un challenge de lecture de classiques sur Babelio. Grâce à vous, je peux lire ce long roman en faisant d’autres activités. En plus de cela, c’est très agréable avec l’alternance de vos 2 voix et les discrètes mais pertinentes insertions musicales.
    Enfin, ce roman n’est disponible en version audio que sur LA. Alors, bravo et continuez !
    Mon seul regret : que vous ne soyez pas encore au bout. Est-ce qu’il serait possible de créer déjà un billet “Guerre et paix” avec les liens vers chaque chapitre déjà enregistré ?

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