John Opie, Mary Wollstonecraft (ca. 1797)

Défense des droits des femmes

Bien que rebelle pour son temps – un critique la qualifia de « hyène en jupons » ! – Mary Wollstonecraft (1759-1797) n’est pas Simone de Beauvoir, et nombre de ses positions nous paraissent rétrogrades au XXIe siècle. Sa foi en un Dieu aimant et tout-puissant est demeurée intacte, même si le récit de la création de la femme dans la Genèse la laisse sceptique et si elle juge blasphématoire la croyance à l’Enfer. Elle défend le mariage comme fondement de la société, et attribue l’infériorité de la femme et ses faiblesses à son éducation défectueuse, voire inexistante, thème qui sous-tend toute sa Défense. Pour y remédier, elle préconise la création d’externats mixtes qui dispenseraient la même éducation aux enfants des deux sexes. Elle souligne que les jeunes filles sont contraintes à la passivité, à la vanité et à la crédulité par le manque d’activité physique et de stimulation mentale, et par l’obligation permanente de plaire aux hommes. Le résultat est l’ignorance, et ni plus ni moins qu’une forme d’esclavage.

Cette phrase extraite de sa conclusion donne une idée juste de l’ensemble de son argumentation : « En réclamant ce que les femmes peuvent revendiquer en commun avec les hommes, je n’ai pas prétendu atténuer leurs défauts, mais je me suis attachée à prouver qu’ils étaient une conséquence naturelle de leur éducation et de leur rang dans la société. »

Écrite d’un seul jet en six semaines, cette Défense des droits de la femme – selon l’original -, aurait gagné à être révisée et recomposée à tête reposée. La démonstration n’a rien d’une dissertation à la française, où chaque argument en amène un autre dans un développement clair et harmonieux. Sa progression en zigzags, voire circulaire, est parfois déroutante mais, comme écrivait William Godwin, son mari, « comme composition, l’ouvrage annonce beaucoup de force et d’énergie dans les idées ». À sa parution en 1792, il fut très bien accueilli par les uns, et vilipendé par les autres.

Traduction : Traduction anonyme (1792).
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Livre audio ajouté le 21/06/2019.
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Lu par André Rannou

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7 Commentaires

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  1. A mon tour de vous remercier cher André. Je viens d’écouter en ligne un petit bout de votre enregistrement, quel plaisir d’entendre votre voix défendre, avec autant de conviction que l’auteur, les droits des femmes.L’été commence bien…
    Je vous embrasse bien amicalement avant de télécharger le zip.
    Marie-Ange

  2. Merci, Jean-Pierre, de me taquiner un peu. Il se trouve que j’ai été appelé à étudier cette oeuvre de près au cours de ma carrière professionnelle et, qu’à mon humble avis, Mary Wollstonecraft n’est pas assez connue en France.

  3. Merci Ahmed pour votre fidélité. Merci Lyse pour vos félicitations, auxquelles je suis très sensible.
    Oui, les messages saluant mon retour sont en effet la meilleure des récompenses.

    Amicalement.

  4. Félicitations, monsieur Rannou, et merci d’avoir consacré près de 10 heures de votre temps pour notre grand plaisir.
    Il semble que nous sommes nombreux à saluer votre retour,
    alors j’espère que vous trouvez là une acceptable récompense
    pour tous vos efforts des dernières semaines.
    Bravo !
    ☆–☆–☆–☆–☆–☆–☆–☆–☆–☆–☆–☆–

  5. Bonsoir cher André Rannou,

    Merci de ce choix et toujours d actualité .

    Une lecture que j’aime bien …
    Bon week-end.

    Bien cordialement,
    Ahmed