Accueil › Forums › Textes › DESBORDES-VALMORE, Marceline – Fileuse › Répondre à : DESBORDES-VALMORE, Marceline – Fileuse
FILEUSE
Marceline DESBORDES-VALMORE
(arrangement : Gilles-Claude Thériault)
À tous les enfants abusés d’hier et d’aujourd’hui.
Par compassion et avec l’espoir qu’ils puissent retrouver
une certaine quiétude, un certain apaisement.
Nun will die Sonn' so hell aufgehn,
Als sei kein Unglück die Nacht geschehn !
Et maintenant, le clair soleil va se lever,
Comme s'il n'était rien arrivé cette nuit ! 1
La fileuse file en versant des larmes ;
Sur son lin choisi s’inclinent ses charmes.
Le fil oublié glisse de ses doigts,
Et ses chants d’oiseaux tremblent dans sa voix.
Sa quenouille est là toute négligée…
Oh! d’un jour à l’autre on est si changée !
Quoi! plus une rose à son front rêveur !
Qu’est-ce donc qu’elle a ? Je crois qu’elle a peur.
Elle était hier au banc de l’enfance
Avec ses fuseaux pour toute défense ;
Mais le soir l’enfant ne les avait pas
Quand quelqu’un dans l’ombre a suivi ses pas.
Personne aujourd’hui ne la voit plus rire.
En si peu d’instants qu’a-t-on pu lui dire ?
Ah! pour qu’elle file en versant des pleurs,
Il faut que dans l’ombre on ait pris ses fleurs. 2
Ein Lämplein verlosch in meinem Zelt !
Heil sei dem Freudenlicht der Welt !
Une petite lampe s'est éteinte sous ma tente !
Bonjour, ô lumière joyeuse de ce monde ! 1
de Gustav Mahler, sur des poèmes de Friedrich Rückert.
publiées par M. Gustave Revilliod, Genève, Imprimerie de Jules Fick, 1860, page 255.