Livres audio gratuits publiés en juin 2014 :


BOCCACE, Jean – Le Mari confesseur

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 21min | Genre : Nouvelles


Le Mari confesseur

La cinquième nouvelle de la septième journée du Décaméron, Le Mari confesseur, ressemble à ses vingt « sœurs » déjà enregistrées. C’est une succession de farces dont est victime un mari jaloux trompé qui se veut trompeur ; il faut dire que son épouse a l’esprit fertile en ruses et gagne aisément la partie…

« Le méchant jaloux, qui croyait avoir appris par une ruse le secret de sa femme, se trouvant lui-même pris pour dupe, n’eut rien à répliquer. Il remercia le ciel de s’être trompé, regarda sa femme comme un modèle de sagesse et de vertu, et cessa d’être jaloux précisément dans le temps qu’il avait sujet de l’être. »

Amusez-vous !

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Le Mari confesseur, dans l’édition du Décaméron de 1846, aux éditions Barbier.

Le Mari confesseur.

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VOLTAIRE – De l’homme considéré comme un être sociable – De la vertu et du vice

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Philosophie


Voltaire - Traite de metaphysique

Voici les deux derniers des neuf chapitres du Traité de métaphysique qui s’ajoutent aux quatre déjà publiés (S’il y a un dieu, Si l’homme a une âme, Si ce qu’on appelle âme est immortel, Si l’homme est libre).

De l’homme considéré comme un être sociable (Chapitre VIII) insiste sur ce qui différencie l’homme des animaux :
« L’homme n’est pas comme les autres animaux qui n’ont que l’instinct de l’amour-propre et celui de l’accouplement ; non seulement il a cet amour-propre nécessaire pour sa conservation, mais il a aussi, pour son espèce, une bienveillance naturelle qui ne se remarque point dans les bêtes. »

De la vertu et du vice (Chapitre IX) nous montre, par des exemples, que la plupart des lois qui nous régissent « semblent arbitraires : elles dépendent des intérêts, des passions, et des opinions de ceux qui les ont inventées, et de la nature du climat où les hommes se sont assemblés en société… Ici un homme doit se contenter d’une femme ; là il lui est permis d’en avoir autant qu’il peut en nourrir… À Sparte on encourageait l’adultère ; à Athènes il était puni de mort. Chez les Romains, les pères eurent droit de vie et de mort sur leurs enfants. En Normandie, un père ne peut ôter seulement une obole de son bien au fils le plus désobéissant. Le nom de roi est sacré chez beaucoup de nations, et en abomination dans d’autres. » Et Voltaire conclut que « la vertu et le vice, le bien et le mal moral, est donc en tout pays ce qui est utile ou nuisible à la société ; et dans tous les lieux et dans tous les temps, celui qui sacrifie le plus au public est celui qu’on appellera le plus vertueux. »

Voltaire rejoint Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà » qui déjà rejoignait Montaigne : « Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà ».

De l’homme considéré comme un être sociable.

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 3ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Poésie


Les Chants de Maldoror

Rappelons une deuxième fois l’avertissement donné par le comte de Lautréamont : « Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »

En effet Lautréamont, dans ce Troisième Chant de Maldoror « opprime » de nouveau le lecteur en lui présentant une succession de scènes macabres et désolées, où une force maléfique sous la forme d’un prince de la Nuit, Maldoror, tente par tous les moyens possibles de détruire les apparences trompeuses des hommes et de leur soi-disant bonheur. Il est difficile pour certains d’adhérer à un style aussi noir que celui de Lautréamont, certes, mais il faut considérer Les Chants de Maldoror comme une révolution poétique à l’heure où le mot de surréalisme n’existait pas encore ; il faut les lire en prenant son temps et en étant réceptif, pour se laisser envoûter par le maléfique Maldoror qui nous emmène aux entrailles de l’enfer cuisant, de la barbarie sanglante, nous fait l’éloge du crime sur des adolescents, l’éloge de la prostitution, du sadisme, du viol.

Cette esthétique de l’horreur est une belle introduction à des œuvres telles que celles de Lovecraft.

Les Chants de Maldoror (Chant 3ème).

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JAMES, Henry – Un portrait de femme

Donneuse de voix : Pauline Pucciano | Durée : 21h 40min | Genre : Romans


John William Waterhouse - L'Âme d'une rose (1908)

Paru en 1881, Portrait of a Lady est considéré comme le chef d’œuvre d’Henry James, par la profondeur de ses personnages et la finesse de ses analyses psychologiques. Le roman, par sa trame de mondanités, d’héritages et de demandes en mariage, plaira aux amateurs de l’époque victorienne où toutes les passions, et même la méchanceté, sont bridées par les conventions.
Isabelle Archer est une jeune américaine passionnée, désireuse de vivre pour elle-même, qui considère tous ses prétendants, même les plus charmants, comme des menaces pour sa liberté. Elle définira ainsi sa conception du bonheur : «  Une voiture à quatre chevaux qui file vivement par une nuit sombre sur des routes invisibles ».

Lorsque le destin, par l’intermédiaire de son cousin, la dotera de l’indépendance financière qui lui faisait défaut, Isabelle sera paradoxalement mise en danger. Pauvre, elle était entourée d’hommes trop protecteurs. Riche, elle devient la proie des coureurs de dot… Où la mènera donc sa quête éperdue d’indépendance ?

Traducteur : Philippe Néel (1882-1941).

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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MAUPASSANT, Guy (de) – Monsieur Jocaste

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 13min | Genre : Nouvelles


William Orpen - Night nº2

Rappelons qu’Œdipe, pour accomplir son destin, fut, sans le savoir, le meurtrier de son père Laios et épousa sa mère Jocaste…

À la différence de l’incestueux Œdipe, le héros de Monsieur Jocaste sait qu’il épouse sa fille, mais il y a une petite chance qu’elle ne soit pas sa fille…

« Peut-être se trouvera-t-il quelqu’un, non pour excuser le fait immonde et brutal, mais pour comprendre qu’on ne peut lutter contre certaines fatalités qui semblent des fantaisies horribles de la nature toute-puissante ! »

À nous de juger.

Monsieur Jocaste.

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BOYLESVE, René – La Becquée

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 7h 40min | Genre : Romans


La becquee

René Boylesve (1867-1926), auteur d’une quarantaine de romans et nouvelles (Le Parfum des îles Borromées, Sainte Marie des Fleurs, Le Bonheur à cinq sous) est resté méconnu, éclipsé par la célébrité de ses amis Anatole France, Henri de Régnier, André Gide, Francis Vielé-Griffin, et Jean Moréas, Charles Guérin, Paul Bourget, Paul-Jean Toulet, Paul Valéry, Maurice Barrès…

Plusieurs de ses romans dont La Becquée (œuvre en partie autobiographique) ont pour cadre la Touraine ; Beaumont n’est autre que sa ville natale La Haye-Descartes et la Courance est le nom d’un petit ruisseau de la propriété familiale. Le personnage central est la grand’tante du petit René Boylesve (il était gosse au moment des événements du récit), dépeinte sous le nom de Félicie Planté (en réalité Clémence Jeanneau), généreuse mais ayant le culte de l’argent et effondrée devant les gaspillages de son beau-frère Fantin…

Roman du sentiment, non seulement vécu, mais décrit en profondeur et art de faire sentir les moments intimes par des descriptions délicates, telle celle-ci, prise au hasard :

« Les heures de la triste saison tournaient au cadran de bronze, sous le corps gracieux du Cupidon. Quand elles sonnaient, ces dames levaient la tête sans interrompre leur ouvrage, et il se trouvait invariablement quelqu’un pour annoncer le nombre des battements du petit marteau. Le feu de bois sec pétillait ; on confiait des châtaignes à la cendre brûlante ; tout à coup cela sentait le roussi : on se levait et secouait ses robes ; ou bien une châtaigne faisait explosion, et tout le monde se mettait debout. On était sensible au souffle du vent, à la moindre goutte de pluie au dehors ; la température était l’objet d’une préoccupation constante, et l’on avait presque des battements de cœur lorsque, le temps s’étant mis à la neige, on épiait, les yeux au ciel sali, la chute tremblotante des premières blancheurs. »

> Écouter un extrait : 01. L’Événement. Les Figures.

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CROS, Charles – Quatre Monologues

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 37min | Genre : Théâtre


Charles Cros - Nocturne

Cet inventeur français (1842-1888) fut aussi écrivain et poète. Ses œuvres ont fait l’admiration des surréalistes au début du 20ème siècle car le jeu du langage y revêt un tour novateur et décapant.
Ses courts monologues, dans lesquels il raille travers sociaux (Le Capitaliste, L’Homme qui a réussi) ou comportementaux (L’Homme propre), baignent souvent dans une logique confinant à l’absurde (Autrefois). Quant au ton humoristique, voire satirique, que Charles Cros semble affectionner, il n’est pas exempt d’une certaine poésie.
Un ancêtre de Raymond Devos ou de Roland Dubillard ?

Licence Creative Commons

> Écouter un extrait : Autrefois.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De trois commerces (Essais III, 3)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 41min | Genre : Essais


« Librairie » de Montaigne

De trois commerces (Livre III, Chapitre 3 des Essais) est à prendre dans le sens de « Trois types de relation avec autrui  ». Ce chapitre est une véritable confession de Montaigne sur sa façon de se comporter avec son entourage.

« Je dirai que ma nature exigeante me rend difficile dans mes rapports avec les hommes, car je dois les trier sur le volet, et qu’elle me rend maladroit dans la vie courante… Mais la froideur de mon attitude en société m’a legitimement privé de la bienveillance de beaucoup de gens… Mais dans les amitiés ordinaires, je suis quelque peu stérile et froid, car mon allure naturelle c’est d’aller toutes voiles dehors. »

Il a horreur des femmes savantes et parle d’elles comme le fera plus tard le Chrysale de Molière. Mais « il m’est agréable aussi d’avoir des relations avec des femmes belles et honorables : c’est que nous aussi nous avons des yeux de connaisseur… Mais c’est un genre de relations ou il faut se tenir sur ses gardes, et cela est vrai notamment pour ceux chez qui, comme moi, le corps joue un rôle très important. »

Et il arrive à l’essentiel pour lui, l’amour de sa « librairie » :
« Les deux sortes de fréquentation dont j’ai parlé (celle des hommes estimables et celle des femmes belles et honorables) relèvent du hasard et dépendent d’autrui. La première a l’inconvénient d’être rare, et l’autre se fane avec l’âge ; c’est pourquoi elles n’eussent pas su remplir ma vie.
Mais celle des livres, la troisième, est bien plus sûre et nous est plus personnelle.
Elle a pour sa part la constance et la facilité d’emploi : elle accompagne tout le cours de ma vie et me vient en aide partout ; elle me console dans la vieillesse et dans la solitude, elle m’ôte le poids d’une oisiveté fastidieuse, et me permet d’échapper à tout moment aux gens qui m’ennuient… Pour trouver un dérivatif à une idée importune, il suffit de recourir aux livres : ils m’accaparent facilement, et m’en détournent. Et de plus, ils ne se rebellent pas de voir que je ne les recherche qu’à défaut des autres agréments, plus réels, plus vifs et plus naturels : ils me font toujours bonne fi gure. »

Comment un lecteur de Littératue audio.com pourrait-il contredire ces dernières réflexions ?

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

De trois commerces.

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