Livres audio gratuits pour 'Albert Tinchant' :


TINCHANT, Albert – Jours bleus – Chapelle (Poèmes)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 10min | Genre : Poésie


Chapelle

« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux » disait Musset dans Nuit de mai.

En voici deux belles illustrations d’Albert Tinchant. Le premier, poème en prose, Jours bleus :

« Et voici que désireux d’emporter en la vie éternelle la mémoire d’un Eden ici-bas rêvé, j’ai vainement espéré la venue de la chère inconnue. Hélas ! Où est-elle ? Pourquoi si longtemps l’attendre ? »

Le second en décasyllabes, Chapelle :

« Pourtant cette église est chère à mon cœur.
Car, dans l’ombre, un soir, j’y vis, inconnue,
Prier une femme au regard si beau,
Que j’en veux rêver jusques au tombeau. »

Illustration : Franz Frankl, Chapelle (1930).

Jours bleus.

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TINCHANT, Albert – Abandon – Possession

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Nouvelles


Abandon

Albert Tinchant (1860-1892), poète, nous propose deux ruptures où l’amour échoue, faute
de synchronisation. Les scènes se passent en 1887 !

Abandon

« Ils vivaient ensemble depuis sept ans. Il avait mis à la conquérir une âpre patience, une docilité servile aux caprices de cette femme qui se savait adorée. Vingt fois, elle lui avait défendu sa porte. Et quand, par vanité ou par désespoir, il ne voulait plus revenir, elle allait, affolée, le chercher jusque chez des rivales. Par une prédestination étrange, elle ne pouvait se passer de lui, quoiqu’il lui déplût profondément. Un jour vint où, envahie par cette passion qui s’infiltrait lentement en son cœur, elle se donna toute pour la vie. »

Possession

« Il n’avait jamais cru qu’elle voulût se donner. Timidement il l’avait, des années, enveloppée d’une tendresse discrète, lentement pénétrante. Et, sans s’apercevoir que son amour s’infiltrait goutte à goutte dans ce cœur de puritaine fidèle à ses devoirs, il lui avait voué, comme à une madone en sa châsse, une adoration grave et respectueuse. »

Illustration : Abandon (1887).

Abandon.

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TINCHANT, Albert – Les Fautes, Sérénités

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 26min | Genre : Poésie


Albert Tinchant

Albert Tinchant (1860-1892) était surtout connu sur les hauteurs de Montmartre ; il a fait longtemps les délices des habitués du Chat-Noir. Élève brillant de Jules Lemaître, au collège du Havre, il vint à Paris à dix-huit ans et débuta au Parnasse. Il n’était pas seulement un doux poète, mais encore un pianiste remarquable, mort à 32 ans.

Il a publié en 1886 Les Fautes, Sérénités, composé de quatre textes en prose (qu’on peut appeler érotiques) suivis de quatre poèmes (frôlant le mysticisme) avec en préface : « Je publie ces modestes vers par horreur des pessimistes, décadents, androgynes, déliquescents et autres ».

Il serait dommage d’ignorer, par exemple, ce début de Jours bleus :
« J’ai choisi lointaine la clairière où nous nous aimerons. Lorsque luit le tendre soleil de mai, il pleut là des gouttes d’or à travers les feuilles. Les coquelicots triomphants et les pudiques pervenches y dansent les anciennes pavanes. Auprès des lilas frais éclos, les gazons semés de boutons d’or nous offrent, avec pour dentelles les mousses, une couche parfumée où sombreront en un rut formidable sa foi et ma pensée. J’ai souventes fois parcouru le chemin mystérieux qui conduit au sanctuaire. Ainsi les herbes foulées sembleront plus douces à ses pieds délicats. Un matin parmi l’hymen universel des choses nos bouches se baiseront ; puis, un grand trouble dans les yeux nous serons profondément l’un à l’autre. Une langueur nous viendra au souvenir de l’heure exquise, et nous mourrons de l’intensité de ces ivresses vécues au delà du monde. J’ai choisi lointaine la clairière où nous nous aimerons. »

Illustration : Le Guignol du Chat Noir (détail), par Uzès (1886).

> Écouter un extrait : 01. Abandon.

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