PASCAL, Blaise – Les Provinciales : Seconde lettre écrite à un provincial par un de ses amis
Donneur de voix : Ahikar | Durée : 29min | Genre : Religion
Voici la seconde lettre des Provinciales écrite en janvier 1656 par Blaise Pascal.
On ne lit plus guère les Provinciales. Et il est vrai que les débats passionnés qui enflammèrent les zélateurs des grâces suffisantes et efficaces n’intéressent plus guère aujourd’hui. Je doute qu’il y ait en France une seule personne qui s’interroge encore sur la nécessité de posséder la grâce efficace plutôt que la suffisante. Mais il y a Pascal et son génie incomparable : un Pascal qui rit, qui raille, un Pascal « comique » que ceux qui ne connaissent de lui que les Pensées découvriront avec étonnement.
Patañjali écrit dans le Mahābhāṣya : « Qu’est-ce qui dans « bœuf » est le mot ? Le son dans « bœuf » est le mot. Si un mot n’est qu’un son, mes phrases ne sont que du bruit. » Pascal semble lui répondre : « Mais, lui dit-il, il y a deux choses dans ce mot de grâce suffisante : il y a le son, qui n’est que du vent ; et la chose qu’il signifie, qui est réelle et effective. Et ainsi, quand vous êtes d’accord avec les Jésuites touchant le mot de suffisante, et que vous leur êtes contraires dans le sens, il est visible que vous êtes contraires touchant la substance de ce terme, et que vous n’êtes d’accord que du son. »
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