Livres audio gratuits pour 'Jules Tellier' :


TELLIER, Jules – Trois Hommages à Victor Hugo

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Histoire


Victor Hugo

Jules Tellier, écrivain et journaliste français né en 1863 et mort à 26 ans, fut aussi professeur. Relisez l’émouvant Discours à la bien-aimée de cet admirateur de Victor Hugo qui nous a laissé plusieurs témoignages de son hugolâtrie.

Aux caveaux du Panthéon (1887), Le Culte de Victor Hugo (1889), L’Anniversaire de Victor Hugo (188?) nous renseignent historiquement sur les fluctuations de la réputation du poète disparu en 1885.

« Avez-vous remarqué dans quel silence, et j’oserai dire dans quelle indifférence on l’a célébré cette année ? La Comédie-Française a donné Ruy Blas et Hernani. On n’a guère fait de réflexions. Ç’a été tout. »

« Rhéteur ou non, ce poète a eu la plus grande influence qu’un homme ait eue jamais sur une littérature, et la plus heureuse. Il a recréé le vers français. Il nous a laissé pour modèles, à nous, Les Châtiments et La Légende des siècles. Nous sommes bien venus à le dédaigner après cela ! De tous nos poètes, depuis cinquante ans, il n’en est pas un dont l’œuvre serait ce qu’elle est si Hugo n’eût existé. »

Illustration : Portrait de Victor Hugo (1859-18?).

> Écouter un extrait : Aux caveaux du Panthéon.

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TELLIER, Jules – Discours à la bien-aimée (Poème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 10min | Genre : Poésie


Jules Tellier

Jules Tellier (1863-1889), écrivain, journaliste et professeur à Cherbourg, à Langres, à Constantine et à Moissac eut une existence qui connut rarement le sourire. Son grand ami Maurice Barrès lui consacra plusieurs belles pages et prononça de lui un discours bouleversant le jour de son inhumation à 26 ans :

« C’est d’un homme trop irréfléchi de se consoler avec des espoirs. Jules Tellier d’ailleurs, comme tant de voluptueux, de la réalité n’utilisait que les tristesses.
Tous ses discours ardents ont le timbre des chants que l’Église psalmodie sur les cercueils. Il s’en exhale un parfum semblable à l’odeur que laissent dans les temples les fleurs et la cire des enterrements. [...] Son visage avait une extrême douceur dans cet affreux hôpital de province où il fut porté sur la civière des malades abandonnés. Pauvre visage de vingt-six ans qui, dès les premières atteintes, se détourna vers la mort. [...] Aussi, sans contester la tristesse de Tellier ou plutôt la noble gravité qui fut son expression familière et qu’indique le bronze, je crois que nous devons, à la suite de cette journée, emporter de ce prince de la jeunesse une image plus rassérénée. »

Le poème en prose Discours à la bien-aimée traduit cette tristesse dans un style de blessé par la vie :

« Je souffre, ô bien-aimée, pour beaucoup de choses, et d’abord pour songer trop que vous m’êtes fidèle, à la vérité, parce que les occasions vous manquent, ou, si vous l’aimez mieux, pour ne pas me faire de peine, et parce que mon caprice est que vous le soyez, mais que vous ne sentez point par vous-même le besoin de l’être, et qu’il n’y a en vous aucun sentiment intime et personnel qui vous oblige à le rester.
Et puis, il est toujours triste d’aimer, quand on a passé l’âge où l’on croit l’amour éternel.
Ainsi je me plaignais à la bien-aimée et elle écoutait mes plaintes avec une patience d’autant plus méritoire qu’elle n’en comprenait pas un mot et qu’elle les jugeait stupides. »

Discours à la bien-aimée.

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