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BOISSIER, Gaston – Les Délateurs

Donneuse de voix : Veski | Durée : 1h 59min | Genre : Histoire


Pierre-Jean Chabert - Sculpture

Dans le cadre de ses Études de mœurs romaines sous l’empire, Gaston Boissier évoque ici cette « rage d’accuser qui épuisa Rome bien plus qu’une guerre civile » (Sénèque) : la délation institutionnelle sévit durant tout le 1er siècle de l’Empire (en particulier sous Tibère, Caligula, Néron puis Domitien).

Ce « métier », qui procurait si facilement fortune et ascension sociale tout en réglant ses comptes personnels, moyennant quelques assauts de veulerie et de cynisme, fut bien utile à ces empereurs pour museler l’opposition en préservant des apparences de légalité. En somme « pour faire mourir dans les formes ». Quelle superbe occasion pour G. Boissier de se jeter, toutes griffes dehors, dans les polémiques historiques concernant le « profil » de Tibère !

Cette haute société patricienne, si opulente et si raffinée, vit en fait un cauchemar : « Jamais, dit Tacite, plus de consternation et d’alarmes ne régnèrent dans Rome. On tremble devant ses plus proches parents ; on n’ose ni s’aborder ni se parler ; connue, inconnue, toute oreille est suspecte. Même les choses muettes et inanimées inspirent de la frayeur. On promène sur les murs et sur les lambris des regards inquiets. »

« Il y avait des familles où la mort violente était devenue une habitude ; par exemple, on ne finissait plus autrement chez les Pisons. Dans ces familles sacrifiées, tous les jeunes gens pouvaient se dire qu’aucun d’eux n’arriverait à l’âge mûr. »

C’est ainsi l’occasion d’un nouveau regard sur le stoïcisme de Sénèque : « « À quelle époque est-on mort avec plus de facilité et de courage ? »

Illustration : Sculpture de Pierre-Jean Chabert avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Les Délateurs.

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Cromi, Arcadian Sound (domaine public).


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10 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Louise Michel le 27 février 2015

    Ah ! comme j’aimais lire Astérix et voir voler les Romains !

    Exception faite de quelques brillants esprits, toute la Rome antique ne valait pas le pied d’Astérix !

    Splendide lecture

  2. Veski le 28 février 2015

    Grand merci à vous : moi je suis tombée dans le chaudron voici plus de 50 ans (et je crois bien que c’était à cause de bougre de Ben Hur !).

    Par la même occasion, une précision technique : Dans ce texte, il est beaucoup questions de sommes astronomiques en Sesterces. L’auteur fait la conversion en Franc « germinal » (dont la valeur est restée rigoureusement identique jusqu’à 1910 et on peut supposer que son calcul est fiable), donc 1 Sesterce vaut 0,20 Francs de 1910.

    Or l’INSEE a mis en ligne une calculette (http://www.insee.fr/fr/service/reviser/calcul-pouvoir-achat.asp) qui peut convertir ce Franc de 1910. Bref au bout du compte, 1 Sesterce vaut actuellement 0,77 E (ou 0,88 $). Donc, moyennant un peu d’inflation, on n’aura plus qu’à compter en monnaie romaine…

  3. Louise Michel le 3 mars 2015

    Ah ! vraiment très intéressant. Je vais m’entraîner à compter en sesterces, car si le FN devait passer un jour, qui sait si après la fermeture des frontières, il ne leur viendrait pas à l’idée de nous remettre au sesterce, voir même au statère, l’authentique monnaie gauloise ? :)

    Le singe, c’est fait pour nous effrayer ?

  4. Veski le 3 mars 2015

    Mais avant de se lancer dans des placements hasardeux, il faudrait vérifier le cours actuel du statère ! :)

    Le singe est un babouin mandrille : j’ai eu le coup de coeur pour le travail du sculpteur animalier, et pour le « rendu » de cette oeuvre. Il m’a effectivement semblé qu’elle correspondait bien à l’effrayante réalité, si intemporelle, décrite dans ce texte.

  5. Ahikar le 4 mars 2015

    Bonjour chère Veski,

    J’ai beaucoup aimé l’intelligence de votre lecture.

    Pour plonger Louise dans la perplexité, il eût été amusant de mettre en illustration le ouistiti pygmée de cet excellent sculpteur ! ;)

    Amitiés,

    Ahikar

  6. Veski le 5 mars 2015

    Merci beaucoup Ahikar : cela me touche beaucoup.
    Le ouistiti est tout mignon, « de coeur et de raison » aurait bien convenu pour ce texte, aussi !
    Amitiés,
    Veski

  7. Ahikar le 13 août 2015

    Bonjour chère Veski, :)

    J’ai vu que vous allez attaquer Un Roman de mœurs sous Néron – Le Satiricon de Pétrone de Gaston Boissier. Pourquoi ne pas lire directement le Satyricon ?

    Amitiés, :)

    Ahikar

  8. Veski le 14 août 2015

    Bonjour Ahikar,

    J’avoue tout : c’est par paresse :-( ! Boissier, c’est facile, c’est léger, pas besoin de se documenter durant des semaines pour ne pas faire de contresens. Et puis cela m’amuse beaucoup de voir ce monsieur si bien sous tous rapports jouer les funambules avec le côté coincé de son époque.

    Autre aspect : il me semble que le texte (supposé) de Pétrone gagnerait à une voix masculine : il faut vraiment « du coffre » ! Ne seriez-vous pas tenté ;-) ?

    Amitiés,

    Véronique

  9. Jean-Pierre Baillot le 14 août 2015

    Comment du coffre ?
    N’est-ce pas chez les dames qu’il y a le plus de coffre ?

  10. Veski le 16 août 2015

    Disons plutôt que certains passages sont bruts de décoffrage, et que la difficulté est de rendre le ressenti d’une époque, bien plus difficile à interpréter avec justesse qu’il n’y parait.

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