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RODENBACH, Georges – Alleluia ! Cloches de Pâques ! (Poème)

Donneuse de voix : Christine Sétrin & | Durée : 4min | Genre : Poésie


Joyeuses Paques 2013

L’évocation des cloches est un thème récurrent dans les poèmes de Georges Rodenbach, auteur aussi du roman Le Carillonneur. La plupart du temps elles sonnent tristement :

« Une cloche pleurait dans l’air endolori… »

« Les dimanches : tant de tristesse et tant de cloches. »

« Tout est fané, tout est défunt !
Ah ! cette pluie et ces cloches qui sont complices ! »

« Il en est qui vivotent seules,
Comme des aïeules,
Dans la tristesse et le brouillard ;
Et qui ont toujours l’air,
Dans l’air,
De suivre un corbillard. »

« Des cloches, j’en ai su qui cheminaient sans bruit,
Des cloches pauvres, qui vivaient dans des tourelles
Sordides, et semblaient se lamenter entre elles
De n’avoir de repos ni le jour ni la nuit. »

« Les cloches font songer à des Communiantes
Dans des robes de mousseline anémiantes. »

mais aujourd’hui, celles de Alléluia ! Cloches de Pâques ne sont plus tristes :

« Elles semblent en robes blanches,
Cloches qui s’endimanchent ;
Même celles des vieux clochers
Ont l’air d’avoir mis des tulles légers
Sur leurs jupes de bronze opaques. »

Alléluia ! Cloches de Pâques !

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ROSNY Aîné, J.-H. – Un autre monde

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 25min | Genre : Nouvelles


Un autre monde

Un autre monde, comme Dans le monde des variants et Le Jardin de Mary fait partie de Les Autres Mondes (1895).
Dans cette nouvelle de science-fiction, Rosny suit d’année en année, depuis sa naissance, la vie d’un Hollandais que tout le monde prend pour un monstre (des yeux qui ne devraient pas voir, un teint violet, une vitesse surprenante…) et qui est en relation avec les Moedigen qui pour lui se superposent au règne humain.
« Je vins au monde avec une organisation unique. Dès l’abord, je fus un objet d’étonnement. Non que je parusse mal conforme : j’étais, m’a-t-on dit, plus gracieux de corps et de visage qu’on ne l’est d’habitude en naissant. Mais j’avais le teint le plus extraordinaire, une espèce de violet pâle , très pâle, mais très net. À la lueur des lampes, surtout des lampes à huile, cette nuance pâlissait encore, devenait d’un blanc étrange, comme d’un lis immergé sous l’eau. C’est, du moins, la vision des autres hommes : car moi-même je me vois différemment, comme je vois différemment tous les objets de ce monde. À cette première particularité s’en joignaient d’autres qui se révèlèrent plus tard. »

> Écouter un extrait : Première Partie.

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EEKHOUD, Georges – La Bonne Leçon

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Nouvelles


La poétesse Ada Negri (1870-1945), institutrice à l'école primaire de Motta Visconti

La Bonne Leçon, cinquième extrait du Cycle patibulaire, est une nouvelle occasion pour Eekhoud de condamner, dans un style somptueux parfois, la société, ici l’italienne. Pendant une pause, devant sa classe de petiots, l’institutrice se laisse aller à rêver : « La pauvre, à l’âme bonne et passionnée, profite de cette trêve pour rimer des chansons douces et pitoyables. Cette atmosphère des miséreux en fleur, des enfonçons de parias lui inspire des choses compatissantes et navrées, et ce premier âge du serf rural, ces germes d’humanité taillable et corvéable l’induisent en de douloureux attendrissements, car elle songe à ce qui devrait être et à ce qui ne sera pas encore pour tous ces êtres si neufs et si candides. » Que deviendront ces gosses de pauvres ?

« Elle a dansé la courtisane, monstrueuse, l’infâme fortune ! Qui te pardonnera lorsque clame et rugit, et glapit, lorsque s’élève le cri de tout l’or menacé, des affameurs. Les ventres et les coffres ne peuvent te refuser à la bête dansante. Et tous les tiens que la ballerine aurait pu porter sur les fiers pavois de la liberté et de l’abondance, les beaux gars qu’elle aurait pu exalter dans une apothéose de félicité suprême, elle préfère les affamer, les vieillir, les faner avant le terme. Pour orchestre la cascadeuse sinistre réclame les râles des meurt-de-faim, les cris des suppliciés de l’industrie et des bagnes militaires, les détonations des fusillades fratricides, les explosions des chaudières et des grisous ! Elle danse, elle danse devant les vieillards-cerviers aux doigts rapaces et crochus, dont la luxure convoite l’or, toujours l’or… Trembleurs et lâches, énervés par ses voltiges, ils n’ont rien à refuser à la danseuse immonde ! Oui, prends sa tête, société pourrie, blasphématrice de la bonté, régale-toi, gorge-toi de cette jeunesse, ô pieuvre dont la beauté n’existe que pour les négateurs de la justice et de la lumière ! À la curée ! La guillotine est là. Dépêchons !… »

La Bonne Leçon.

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VERHAEREN, Émile – Noël blanc – À l’Eden

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Contes


Contes de minuit

Noël blanc et À l’Eden sont deux Contes de minuit parus en 1885.
Le premier est une très poétique vision religieuse, un soir de Noël :
« C’était le 24 décembre, le soir. Les maisons étaient fermées, personne ne sortait plus. [...] La neige fit alors son entrée, silencieusement. [...] Un petit village, blotti dans un trou de terrain, la recevait sur ses épaules. [...] Alors, là-bas, à l’extrémité de la rue, une petite vierge en bois, raide dans sa robe de soie argentée, sortit de sa chapelle pendue à l’arbre et se mit à marcher. »

Dans le second l’hallucination est profane mais tout aussi évocatrice.
La salle de spectacle,« l’Eden », après la représentation est vide. « Alors, d’une loge d’avant-scène où il se tenait caché, le mystérieux docteur Vellini, l’évocateur des spectres impalpables [...] descendit dans la salle complètement vide. [...] Le docteur était magnétiseur de profession. Il croyait au monde surnaturel qu’il faisait vivre au moyen d’incantations et de trucs… »

Noël blanc.

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ROSNY Aîné, J.-H. – Dans le monde des Variants

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Nouvelles


Dans le monde des Variants

Extraite de Les Autres Mondes, comme Le Jardin de Mary, la nouvelle fantastique Dans le monde des Variants nous transporte dans un monde harmonique peuplé d’êtres vibratoires constamment comparé à notre univers terrestre.
La double vie d’Abel est suivie par Rosny de sa naissance à sa mort…

« Après six autres saisons, Abel approcha enfin chez eux, de l’âge adulte, il commença à s’émouvoir pour la légende de leur génération. Elle différait étrangement de notre légende animale. Les sexes n’avaient point d’existence définie. Un Variant pouvait être mâle pour tels de ses semblables, femelle pour d’autres. Pourtant, aux limites, existaient de rares êtres purement mâles, d’autres purement femelles. »

« Les Variants échappent à la pire des nécessités animales, la nécessité de se nourrir aux dépens des autres vies, et ne possèdent aucun moyen de s’entre-détruire ; la maladie ou l’accident mortel n’existent point chez eux. Aucun des cataclysmes terrestres ne détruit les rythmes dont ils vivent ; la mort ne survient que par un épuisement dont ils ignorent la cause : c’est une chute lente et douce dans l’inconscience… »

Dans le monde des Variants.

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EEKHOUD, Georges – Gentillie

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Nouvelles


Georges Eekhoud - Le Cycle patibulaire

Gentillie est une histoire troublante de possession et d’envoûtement érotique extraite du Cycle patibulaire (1892) et rappelant par son atmosphère Le Suicide par amour.
Le triste destin de Gentillie battue par sa mère, battue par son amant et battue par son fils se déroule lentement sous nos yeux.

« Cependant Gentillie s’entête. Elle paraît sourde, aveugle, insensible à tout ce qui se passe autour d’elle. Exhortations, menaces, bourrades, autant de moyens essayés en pure perte. C’est comme si plus rien n’avait prise sur son être ensorcelé. »
« Foulée comme la dernière des serves, elle peine, laboure, s’exténue vaillamment, sans une plainte, sans un mot, soutenue par on ne sait quelle force surhumaine. »

Gentillie.

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EEKHOUD, George – Au bord de la Durme

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Contes


La Durme

Le poète Eekhloud, un jour de promenade le long de la Durme qui se jette dans l’Escaut, est fasciné par le regard d’un petit paysan écoutant une musiquette d’un pauvre vieux colporteur accordéoniste.

« Or, le moment mémorable de cette journée, — non, cet instant majeur de ma vie, — se présenta tandis que nous étions assis sur le banc de l’auberge, au bord de la dormante Durme. »

« Comment t’oublier miséricordieux sourire, rayon d’espoir envoyé à mon cœur brisé, délicieux viatique porté à mon agonie, vision de candeur qui me rendit mon âme ! »

« Au bord de la Durme j’ouïs cette ineffable musique, je respirai ce pur dictame qui avait passé par l’âme ingénue de cet enfant, je le respirai comme un éphémère parfum des framboises après une pluie d’orage, quelques minutes seulement — aux bords de la Durme. »

Au bord de la Durme.

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VERHAEREN, Émile – Les Heures claires (Poèmes)

Donneur de voix : Iamnot | Durée : 26min | Genre : Poésie


Emile Verhaeren

Un recueil de 1896.

« S’il arrive jamais
Que nous soyons, sans le savoir,
Souffrance ou peine ou désespoir,
L’un pour l’autre ; s’il se faisait
Que la fatigue ou le banal plaisir
Détendissent en nous l’arc d’or du haut désir ;
Si le cristal de la pure pensée
Doit en nos cœurs tomber et se briser,
Si malgré tout, je me sentais
Vaincu pour n’avoir pas été
Assez en proie à la divine immensité
De la bonté ;
Alors, oh ! serrons-nous comme deux fous sublimes
Qui sous les cieux cassés, se cramponnent aux cimes
Quand même — et d’un unique essor,
L’âme en soleil, s’exaltent dans la mort. »

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