Livres audio gratuits pour 'Georges Eekhoud' :


EEKHOUD, Georges – La Bonne Leçon

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Nouvelles


La poétesse Ada Negri (1870-1945), institutrice à l'école primaire de Motta Visconti

La Bonne Leçon, cinquième extrait du Cycle patibulaire, est une nouvelle occasion pour Eekhoud de condamner, dans un style somptueux parfois, la société, ici l’italienne. Pendant une pause, devant sa classe de petiots, l’institutrice se laisse aller à rêver : « La pauvre, à l’âme bonne et passionnée, profite de cette trêve pour rimer des chansons douces et pitoyables. Cette atmosphère des miséreux en fleur, des enfonçons de parias lui inspire des choses compatissantes et navrées, et ce premier âge du serf rural, ces germes d’humanité taillable et corvéable l’induisent en de douloureux attendrissements, car elle songe à ce qui devrait être et à ce qui ne sera pas encore pour tous ces êtres si neufs et si candides. » Que deviendront ces gosses de pauvres ?

« Elle a dansé la courtisane, monstrueuse, l’infâme fortune ! Qui te pardonnera lorsque clame et rugit, et glapit, lorsque s’élève le cri de tout l’or menacé, des affameurs. Les ventres et les coffres ne peuvent te refuser à la bête dansante. Et tous les tiens que la ballerine aurait pu porter sur les fiers pavois de la liberté et de l’abondance, les beaux gars qu’elle aurait pu exalter dans une apothéose de félicité suprême, elle préfère les affamer, les vieillir, les faner avant le terme. Pour orchestre la cascadeuse sinistre réclame les râles des meurt-de-faim, les cris des suppliciés de l’industrie et des bagnes militaires, les détonations des fusillades fratricides, les explosions des chaudières et des grisous ! Elle danse, elle danse devant les vieillards-cerviers aux doigts rapaces et crochus, dont la luxure convoite l’or, toujours l’or… Trembleurs et lâches, énervés par ses voltiges, ils n’ont rien à refuser à la danseuse immonde ! Oui, prends sa tête, société pourrie, blasphématrice de la bonté, régale-toi, gorge-toi de cette jeunesse, ô pieuvre dont la beauté n’existe que pour les négateurs de la justice et de la lumière ! À la curée ! La guillotine est là. Dépêchons !… »

La Bonne Leçon.

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EEKHOUD, Georges – Gentillie

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Nouvelles


Georges Eekhoud - Le Cycle patibulaire

Gentillie est une histoire troublante de possession et d’envoûtement érotique extraite du Cycle patibulaire (1892) et rappelant par son atmosphère Le Suicide par amour.
Le triste destin de Gentillie battue par sa mère, battue par son amant et battue par son fils se déroule lentement sous nos yeux.

« Cependant Gentillie s’entête. Elle paraît sourde, aveugle, insensible à tout ce qui se passe autour d’elle. Exhortations, menaces, bourrades, autant de moyens essayés en pure perte. C’est comme si plus rien n’avait prise sur son être ensorcelé. »
« Foulée comme la dernière des serves, elle peine, laboure, s’exténue vaillamment, sans une plainte, sans un mot, soutenue par on ne sait quelle force surhumaine. »

Gentillie.

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EEKHOUD, George – Au bord de la Durme

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Contes


La Durme

Le poète Eekhloud, un jour de promenade le long de la Durme qui se jette dans l’Escaut, est fasciné par le regard d’un petit paysan écoutant une musiquette d’un pauvre vieux colporteur accordéoniste.

« Or, le moment mémorable de cette journée, — non, cet instant majeur de ma vie, — se présenta tandis que nous étions assis sur le banc de l’auberge, au bord de la dormante Durme. »

« Comment t’oublier miséricordieux sourire, rayon d’espoir envoyé à mon cœur brisé, délicieux viatique porté à mon agonie, vision de candeur qui me rendit mon âme ! »

« Au bord de la Durme j’ouïs cette ineffable musique, je respirai ce pur dictame qui avait passé par l’âme ingénue de cet enfant, je le respirai comme un éphémère parfum des framboises après une pluie d’orage, quelques minutes seulement — aux bords de la Durme. »

Au bord de la Durme.

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EEKHOUD, Georges – Le Suicide par amour

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 28min | Genre : Nouvelles


Georges Eekhoud

Une nouvelle étrange, du recueil Le Cycle patibulaire, dont on comprend mieux certaines passages quand on connaît les ennuis que son éloge de l’homosexualité masculine a valus à l’uraniste Georges Eekhoud.
Toujours le même style artiste :

« Éclairé dans une dernière flambée de soleil rouge, son isolement, l’immensité du décor, la moquerie même des profanations lointaines lui prêtaient une splendeur de plus. Aux yeux de Marcel, affolé et râlant d’idolâtrie, il réalisait le plus bel être humain, l’idéal de notre enveloppe charnelle, le chef-d’œuvre d’un créateur qui eût éclairé le corps d’Antinoüs par l’âme de Parsifal.
Marcel s’approchait pour s’agenouiller devant lui et panteler, sous ses regards et son souffle céleste, mais au moment de l’aborder, il s’aperçut que les détails de ce délicieux ensemble de perfections plastiques se désagrégeaient ou se vulgarisaient et qu’il ne restait plus, à deux pas de lui, qu’un assez galbeux petit pastoureau qui le dévisageait d’un air à la fois cajoleur et effronté. »

Le Suicide par amour.

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EEKHOUD, Georges – Le Jardin

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 24min | Genre : Nouvelles


Eekhoud

Georges Eekhoud (1854-1927) écrivain belge, flamand de naissance a choisi, comme Verhaeren, Rodenbach ou Maeterlinck, de s’exprimer en français (il a écrit aussi des romans populaires en néerlandais). Sa sympathie va surtout vers les déshérités et sa haine vers la bourgeoisie. Mais il est avant tout un poète lyrique, comme on peut le voir dans Le Cycle patibulaire (1892) dont Le Jardin est la première des quatorze nouvelles.

Ce poème en prose mêle avec subtilité des souvenirs de nature et d’amour qui donnent envie au lecteur de suivre le refrain qui scande cette évocation nostalgique : « – Allons, Monsieur Jules, un petit tour de jardin ! … »

« C’est pourtant dans cet enclos rustique, trop régulier, à la fois courtil, jardin et potager, tracé au cordeau, propret et symétrique jusqu’à la manie, semé de plantes prolifiques et voyantes, arborant de gros fruits rubiconds et peu délicats, fleuri de roses perpétuelles, de dahlias, de tournesols, de pivoines ; des carrés de choux alternant avec des buissons de groseilliers ; c’est dans ce jardin vulgaire que vaguent obstinément mes souvenirs, à chaque printemps, quand il fait très doux et que cet air tiède vous serre tendrement la gorge et vous donne envie de pleurer… »
[...]
« D’où vient que je te regrette, ma blonde potelée, crème de femme, fraîche et moelleuse, ferme et tendre, douce à respirer comme les simples, sapide comme une mûre sauvage mordue à même les buissons, d’une saveur presque fraternelle, aussi caressante au toucher que l’étoffe satinée des martagons du jardin ! »

Le  Jardin.

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