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SOLLOGOUB, Vladimir Alexandrovitch – Aventure en chemin de fer

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 55min | Genre : Nouvelles


Gare de Tzarskoe Selo

Si vous avez apprécié la simplicité et l’humour léger de Vladimir Sollogoub dans son roman Serge, vous les retrouverez dans cette suite de lettres datées du 17 septembre au 15 octobre 1842 racontant une Aventure en chemin de fer sur la ligne de Saint-Pétersbourg à Tzarskoé-Selo empruntée plusieurs fois par le narrateur amoureux.

L’histoire commence ainsi :
« En m’asseyant dans le wagon, je me sentis désappointé. Je ne voyais que l’uniforme rouge du conducteur, et je croyais que, pour le complément de mon guignon, je serais obligé de voyager entièrement seul. Tout à coup ; un léger bruit dans le coin me fit retourner. Une dame y était assise. Elle se mit à regarder par la fenêtre, en me tournant le dos, et ne fit plus le moindre mouvement ; d’où je conclus tout naturellement que ma présence lui était désagréable. »

Traduction : Eugène de Lonlay (1815-1886).

Aventure en chemin de fer.

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SOLLOGOUB, Vladimir Alexandrovitch – Serge

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 50min | Genre : Nouvelles


Vladimir Aleksandrovic Sollogub

Vladimir Sollogoub (1813-1882), à ne pas confondre avec Fédor Sologoub (1863-1927), auteur de Les Ombres, est un écrivain et diplomate russe, connu surtout par son roman satirique anti-slavophile Tarantass (1845) étude de moeurs provinciales. La nouvelle Serge est aussi, via le portait du héros, une confrontation de la noblesse pétersbourgeoise (amour de Serge pour la comtesse) et de la paysannerie de province (amour de Serge pour Olympiade). L’histoire de Serge nous est contée avec humour et une familiarité agréable :
« Il se nomme Serge. Il va à la campagne. Il est militaire, quoique d’un caractère peu guerrier. Il est d’un bon naturel, c’est un élégant hussard. Vous l’avez vu partout. Sa stalle au théâtre est toujours au premier rang, auprès de quelque personne importante ; il lorgne les jolies femmes et se permet des signes d’intelligence avec les danseuses. Il porte toujours des épaulettes neuves, même sur ses vieux uniformes. Il n’est ni bien ni mal, ni spirituel ni bête, ni riche ni pauvre ; il occupe dans le monde une place assez distinguée, grâce à son habileté constante à danser toujours avec la femme à la mode, et à se lier avec les élégants qui viennent de l’étranger briller dans nos salons. Il a lu Balzac et connaît Shakspeare de nom. [...]
Je vais maintenant continuer ; pardonnez-moi, mes chers lecteurs, s’il y a peu d’intérêt dans mon récit : mais ce que j’écris n’est pas une nouvelle, la nouvelle viendra plus tard ; ceci n’en est que l’avant-propos. Du reste, pour procéder par ordre dans les événements, je suppose que vous avez déjà deviné que l’habitation de Serge était voisine de celle de Nicolas Ossinovitch. »
On trouve aussi quelques envolées lyriques, comme « Amour, mot sacré, but unique de la vie, joie de l’existence, se peut-il que tu ne sanctifies pas toujours le cœur dont tu t’es emparé ? Tu es beau, mais tu as aussi besoin de formes, comme les choses les plus prosaïques. Pourquoi t’enflammes-tu à la vue des pirouettes d’une danseuse, et te sens-tu déplacé dans la famille des Karpènetoff ? »

Traduction : Eugène de Lonlay (1815-1886).

Serge.

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