Étude de femme

Étude de femme (Version 2)

Étude de femme est une nouvelle parue initialement en 1830 dans la revue La Mode. Elle figure dans les Scènes de la vie privée de La Comédie humaine.

« Ni laide ni jolie, madame de Listomère a des dents blanches, le teint éclatant et les lèvres très rouges ; elle est grande et bien faite ; elle a le pied petit, fluet, et ne l’avance pas ; ses yeux, loin d’être éteints, comme le sont presque tous les yeux parisiens, ont un éclat doux qui devient magique si par hasard elle s’anime. On devine une âme à travers cette forme indécise. Si elle s’intéresse à la conversation, elle y déploie une grâce ensevelie sous les précautions d’un maintien froid, et alors elle est charmante. Elle ne veut pas de succès et en obtient. On trouve toujours ce qu’on ne cherche pas. »

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Remarques :

La mention « (Version 2) » à la suite du titre indique qu’il existe sur notre site un autre enregistrement de ce même texte, effectué par un donneur de voix différent. Voir aussi : Version 1.

Livre audio ajouté le 31/08/2018.
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Lu par Daniel Luttringer

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2 Commentaires

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  1. merci Daniel ! Comme d’habitude j’ai adoré votre interprétation sobre et pourtant chaleureuse de ce texte…

    J’ai eu le sentiment que Monsieur de Balzac s’était amusé à écrire une brève scène de la vie parisienne . Madame De Listomère a toutes les qualités . Elle sait tenir son rang société. Elle vertueuse. Elle est sans doute capable également de s’amuser, tout en restant discrète et de la sorte en ne pouvant être critiquée. Une femme parfaite. Monsieur de Rastignac fait ici sa première apparition dans la Comédie humaine. Il est décrit par Balzac comme un jeune homme tout compte fait relativement moyen , qui a des qualités mondaines mais rien de particulièrement exceptionnel. Le « scénario » de cette courte nouvelle racontée avec légèreté humour et décalage consiste à montrer comment de ne point être courtisée… une lettre lui parvient de Rastignac . La lettre est beaucoup trop enflammée pour qu’elle soit autorisée à la lire (n’oublions pas qu’elle tient son rang et qu’elle est apparemment vertueuse) . Son premier mouvement et de la déchirer. Mais la curiosité l’emporte. Elle la lit jusqu’au bout elle l’allait jusqu’au bout . Les jours passent . Madame de Listomère « cristallise » autour de la personne de Rastignac . Balzac emprunte le mot de cristallisation auprès de Stendhal. Monsieur de Rastignac lui apprendra plus tard que cette lettre ne lui était pas destinée . D’où extrême déception et même maladie somatique de la dame . Cette nouvelle se présente comme un tableau de genre. Balzac ne nous précise aucun commentaire de type moral ou autre dans le texte de la nouvelle. Et pourtant on peut s’interroger. Que penser de ce texte ? Ne cherche-t-il pas à nous expliciter ce qu’est la nature de la vie mondaine ? Que deviennent des caractères humains qui pratiquent chaque jour cette mondanité ? Ne deviennent-ils pas nécessairement superficiel ? De l’influence nocive de la mondanité…. Dans tous les cas, un texte léger et divertissant qui nous plonge dans une époque un cadre si particulier si fortuné… très agréable à écouter.