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Yvonne

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Yvonne est fleuriste. Quand le travail vient à lui manquer, elle se voit dans l’obligation de suivre le conseil d’une amie l’engageant à se faire modèle du peintre Georges Monteil. Peu sûre d’elle et rétive au début, la jeune femme finit par nouer une relation privilégiée avec le peintre. Celui-ci l’invite à séjourner à ses côtés dans le Midi. Là-bas, au milieu d’une nature belle et farouche, cette relation se mue en amour. Mais, de retour à Paris, cette histoire d’amour peut-elle survivre aux velléités de peinture exprimées par Yvonne ?

Si l’on connaît essentiellement Eugène Dabit pour son roman « Hôtel du Nord » et son adaptation cinématographique, l’auteur parisien a produit d’autres œuvres qui restent injustement méconnues.

C’est le cas de « Yvonne », très beau récit proposant le portrait d’une femme en recherche d’émancipation, mais aussi une réflexion sur l’amour et ses désillusions. Il est à noter qu’Eugène Dabit connut lui-même une carrière d’artiste-peintre (il exposa ponctuellement aux côtés de Modigliani, Soutine et Utrillo), et fut mariée à l’artiste Béatrice Appia.


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Illustration :

Art numérique de Bruant d’Almeval, d’après Sophie Unternährer  (1865–1885)

Références musicales :

Générique et chapitres : Fugue en Do mineur de Jan Zach interprétée par Jan Prucha (domaine public)
Transitions : Rainy Night et Clichy Waltz de Dana Boulé (licence creative commons)

Bruitage (cigales) issu de la Sonothèque.

Licence d'utilisation : CC BY-NC-ND : Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification
Livre audio gratuit ajouté le 21/06/2023.

19 Commentaires

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  1. Ah ! Merci, c’est tout le merveilleux des récits que de nous transporter dans un univers qui lui est propre. Votre voix est si fluide, si exacte dans les différents tons, que je me suis ravie de ce fabuleux amour, puis j’ai craint pour lui, me suis agacée de la servilité de la femme, de la sècheresse de l’homme, l’ai maudit même.
    Mais il est bien juste de penser que seuls les âmes aimantes sont toujours les mieux servies. Ce roman d’un siècle romantique, si loin du nôtre, vous en avez magnifiquement illustré la nostalgie par le ton et la musique. Je suis bien curieuse de connaître les raisons de votre choix de cet Eugène Dabit qui m’était inconnu, qui a su entendre avec tant de justesse l’intérieur d’une femme amoureuse. J’aurai beaucoup de joie de vous réécouter et interpréter cet auteur et aussi Sand, Allan Poe et tant d’autres, car rares sont les auteurs aussi bien servis par votre voix et vos accords musicaux. Un grand merci vraiment

    1. Merci, chère Pastelle, de vous montrer fidèle à mes enregistrements et si généreuse dans vos commentaires ! J’ai fait la rencontre de ce roman de Dabit par pur hasard, au gré de ces recherches de textes auxquelles se livrent beaucoup de donneurs de voix, je pense. Je ne connaissais pas non plus cet auteur, uniquement la version cinématographique inoubliable de son “Hötel du Nord”.
      Votre restitution des émotions qui vous ont traversée durant votre lecture est tout à fait pertinente. Effectivement, la réception de ce portrait par un lecteur, et à plus forte raison une lectrice, du vingt-et-unième siècle peut les faire osciller d’un état émotionnel à un autre au fil des pages. C’est toute la complexité que sous-tendait (sous-tend toujours pour beaucoup d’entre elles, encore aujourd’hui) la position des femmes dans la société patriarcale qui est malheureusement la nôtre !

  2. Cher Bruant, j’ai beaucoup aimé votre lecture de ce roman, votre capacité à prendre la voix d’Yvonne sans que cela ne semble forcé, et l’accompagnement musical qui fait entrer dans l’air du temps. Je me suis laissée emporter par votre voix, et ai été émue par ce beau personnage d’Yvonne, qui s’ouvre à la vie et évolue progressivement. Eugène Dabit m’était totalement inconnu, et j’ai bien envie à présent de découvrir ces autres œuvres. Peut-être vous laisseriez-vous tenter par une version 2 de L’Hotel du Nord ?

    1. Chère Gaëlle !
      En effet, certains textes imposent une forme de sobriété évidente, d’autres autorisent plus “d’exubérance” dans l’interprétation des personnages. Il aurait été grotesque de forcer le trait en quoi que ce fut, ici. Tout comme vous, je me suis beaucoup attaché au personnage d’Yvonne. Il est peu commun qu’un homme donne un portrait aussi judicieux d’une femme (enfin, il me semble ?). Ce texte est plein de nuances, et la sensibilité d’Yvonne, qui me semble être celle de l’auteur également, transpire dans les moindres de ces faits et gestes.
      Je retiens votre idée de prêter la voix à un livre d’Eugène Dabit, à nouveau. Mais, il faut que je le choisisse avec beaucoup de circonspection ! Son écriture, très orale, n’est pas des plus simples à mettre en voix (ce qui peut paraître paradoxal, en soi !). Je vous remercie de votre écoute attentive, et j’attends moi-même avec beaucoup d’impatience la prochaine de vos lectures ! 😌

  3. Merci infiniment pour cette excellente lecture très soignée, en tout point agréable, et la découverte de cet auteur.
    J’ai beaucoup apprécié sa finesse d’analyse psychologique et contrairement à vous j’ai adoré la fin !
    Après avoir été un peu irritée et exaspérée par l’éternel personnage de la femme totalement soumise par amour, à son amour, ( assez contradictoire avec la recherche d’émancipation), je juge le dénouement sain, rassurant, éminemment moderne .
    Ravie qu’un homme, et un homme du premier tiers du 20e siècle, en ai eu l’idée ! J’avoue que
    vos réserves me laisse un peu…dubitative. Mais chacun est libre de ses opinions. J’ai hâte de vous retrouver pour une nouvelle lecture. Encore merci pour celle ci.

    1. Chère Claryssandre,

      Vous même vous êtes méprise sur le contenu de mon commentaire ! Comme vous, j’ai été emballé par la vision de Dabit, sa grande acuité dans le ressenti psychologique d’un personnage féminin aux prises avec la domination d’un homme et de son amour pour lui. J’ai également trouvé que cette vision était des plus radicales et singulières pour un auteur de cette génération.

      Mais justement, je trouve que dans le dénouement, une chose reste floue, dans laquelle on pourrait interpréter que la femme est contrainte à ce destin malheureux d’être trompée par l’homme, et toujours soumise aux dictats d’un amour trop idéalisant. Ce dénouement offre une rencontre quasi identique à celle qui ouvrit le roman à notre héroïne. Et l’on peut se dire : est-ce que, cynique, l’auteur n’aurait pas tenté de nous suggérer l’idée d’une sorte de fatalité amoureuse échue aux femmes (elle retombe immédiatement dans la même idéalisation et cède aux même arguments de douceur de son soupirant), et de laquelle il faudrait qu’elles se satisfassent ?

      Pour vous rassurer concernant mes “opinions”, je vous dirais ceci : je suis un homme qui prend sa part de tâches domestiques, n’entretient aucun désir de réduire à néant les velléités de réussite ou d’épanouissement de sa compagne, l’ayant suivi où ses opportunités professionnelles la portaient, la soutient dans se propres initiatives pour la cause féministe (eh oui !), tient le rôle de papa instructeur et gâteau, et surtout, surtout, méprise au plus au point toutes les atteintes aux droits des minorités (sans entrer trop loin dans l’autobiographique, je vous dirais que je fais partie moi-même d’une certaine minorité dont les droits sont pour le moins peu respectés !).

      Ah, j’oubliais : mes lectures de prédilection me portent vers George Sand (mon texte test pour entrer sur ce site était une courte nouvelle aux accents très féministes de cette autrice qui est de loin une de mes favorites !), les soeurs Brönte, Jane Austen, Marceline Desbordes Valmore, et je suis en train de préparer une lecture d’Ann Radcliff… Sans doute pas les choix d’un mâle type, concevez le ? Bien sûr, je ne prétendrais pas pouvoir pour autant me mettre complètement à la place d’une femme.

      Je suis désolé que vous ayez eu la sensation que je remettais en question quoi que ce soit dans l’idée de l’émancipation féminine plus que nécessaire encore aujourd’hui. C’est tout le contraire de mes aspirations !

      Je vous souhaite de nouveau et prochainement auditrice de mes textes et vous félicite de votre grande qualité d’écoute de ceux-ci.

      Bien cordialement

      Bruant

      1. Oups ! A mon tour d’être désolée si par maladresse j’ai pu vous donner l’impression de, pour très grossièrement résumé, ne voir dans votre commentaire que le jugement d’un macho… Ce n’était absolument pas le cas. J’étais perplexe car je ne comprenais tout simplement pas ce qui vous gênait dans la fin de ce roman.
        Comme nous partageons bon nombre de goûts littéraires , que j’adore faire de nouvelles découvertes et que j’apprécie énormément vos lectures, j’aurai immanquablement le plaisir de vous écouter de nouveau . A bientôt…

      2. Je ne vous en veux pas, Claryssandre. Le temps est à la parole pour défendre des causes qui n’ont pu l’être durant des siècles, et de tenter de réparer des inégalités non moins séculaires ! Dans votre mauvaise compréhension de mon message, je comprends parfaitement que vous ayez ressenti de faire connaître votre désaccord.
        En revanche, je tenais également à ne pas vous laisser sur ce sentiment que j’étais “du mauvais côté de la ligne”, et vous assurer de ma parfaite sympathie envers les causes visant à rétablir l’égalité entre chaque humain, quel que soit son sexe, ses origines, ses aptitudes et ses particularités physiques, ses choix de vie… 😌

  4. Bruant, merci beaucoup pour votre lecture. Elle m’a tellement emporté que je me suis naïvement attaché au personnage de la fleuriste devenue modèle et j’ai eu du mal à “comprendre” la fin de l’histoire. Il me faut pourtant tenir compte du contexte de ce roman, de son époque, des conditions sociales des personnages. En tout cas, cela m’a donné envie de lire une biographie de Béatrice Appia, si il en existe une, afin de voir, entre autres choses, si le personnage de Mme Aubert a inspiré Eugène Dabit ( vous nous avez bien écrit que B. Appia et lui avaient été mariés) Avec reconnaissance pour le monde que vous ouvrez aux audiolecteurs ! PS: merci d’avoir prononcé Vallauri, au lieu de Vallauris ( “s” sonore), j’ai pu ainsi mieux suivre les héros dans ce coin du midi que je connais très bien. Vallauri(s) semble différent et préservé à l’époque du roman.

    1. Cher(e) Smolensk,

      Je suis ravi de votre message pour plusieurs raisons. En premier lieu, je partage à 100% votre avis concernant la fin de ce récit. J’étais parti pour ajouter un commentaire à cet égard, dans mon billet de présentation du roman ; mais j’y ai renoncé, afin de ne pas influencer l’écoute des auditeurs(rices). Aujourd’hui, je reste indécis, et je crois que chacun devra se faire sa propre idée sur les réelles conceptions de l’auteur de “Yvonne”.

      Pour ce qui est du nom du village où se situe une partie de l’action du livre : en réalité, dans le texte, il est écrit “Vallaurie”. Je n’ai donc pas beaucoup de mérité à avoir prononcé sans “s” ! En revanche, je connais bien l’histoire de l’art, et en particulier celle des mouvements de la modernité. Je savais donc que Vallauris (et j’avoue prononcer le “s” comme la plupart des critiques d’art que j’ai toujours entendu en parler !) était le lieu de villégiature et celui du renouveau de l’oeuvre de Pablo Picasso. C’est peut-être la raison qui vous a laissé croire que Vllaurie était Valoris ? 😉
      En revanche, il est exclu que Dabit ait sciemment choisi ce nom, puisqu’il écrivit le livre et mourut avant que Picasso élise domicile à Vallauris !

      A nouveau, un grand merci pour votre écoute de qualité et votre retour sur cet enregistrement. Ils sont toujours éminemment appréciés !

      Cordialement

      Bruant

      1. Merci pour votre aimable et cordiale réponse. Si j’avais regardé la version texte de ce livre, j’aurais compris mon erreur.
        Vous rendez bien plus intéressante la question en évoquant les rapports de Vallauris et de Picasso !

        J’en profite pour rejoindre l’enthousiasme de Vincent de l’Épine concernant vos œuvres d’Art numérique.

        Au plaisir de vous écouter à nouveau et de contempler les prochaines créations qui les accompagneront !

    1. Merci, Lïat !
      Je fais de mon mieux, en essayant de rendre hommage au texte et d’y prendre plaisir. Si les auditrices et auditeurs y prennent également plaisir, mon objectif est pleinement atteint !

  5. Merci pour cette belle lecture, roman réaliste, les caractères des personnages finement saisis, le doux accordéon reflétant parfaitement l’ambiance d’époque. mais petite erreur ? cette fugue paraît etre de Jan Zach et non pas Bach d’après le lien.

    1. Merci pour votre commentaire, Mooncol ! En effet, l’oeuvre musicale est bien de Zach et non Bach (à une lettre près, nous y étions !). Tous deux sont entrés dans le domaine il y a fort, fort longtemps déjà, mais je vais demander aux administrateurs s’il existe une possibilité de modifier la notice afin que chaque chose soit à sa place.

    1. Bonjour Lïat !

      Vous ne pensez pas si bien dire, car le roman vous réserve également de belles pages d’été provençal ! Je vous en souhaite une bonne écoute.

  6. Bonjour Bruant,
    Je n’ai pas encore écouté votre enregistrement, mais je voudrais vous dire mon admiration pour les “arts numériques” qui illustrent vos livres. C’est beau, léger, subtil et incroyablement poétique. Une belle façon de mettre en valeur des œuvres classiques. Merci à vous !

    1. Merci, Vincent !
      Ce commentaire me touche beaucoup ! En effet, j’ai souhaité pourvoir mes publications d’une originalité supplémentaire en décidant de consacrer un peu de temps à la réalisation des illustrations de mes enregistrements. Loin des formes d’art traditionnelles que j’ai l’habitude de pratiquer, j’ai choisi de travailler à partir d’oeuvres du domaine public, afin d’être en cohérence avec le propos du site (comme vous l’avez noté !). Je suis heureux que vous trouviez de la poésie à ces productions, et je tenterais de me souvenir de votre commentaire encourageant pour poursuivre dans le même esprit.

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