Pierre-Paul Sirven

Les Sirven et leurs persécuteurs – Accusation de meurtre, fondée sur des présomptions et des calomnies

Accusation de meurtre, fondée sur des présomptions et des calomnies

De ces deux affaires judiciaires, Les Sirven et leurs persécuteurs est la plus connue parce qu’elle se déroula au moment même de la célèbre affaire Calas et que Voltaire s’y impliqua également.

« On n’a vu que trop d’enfants dénaturés tremper leurs mains dans le sang de leurs pères. Mais les annales du crime fournissent peu d’exemples de pères qui aient égorgé leurs enfants. A Rome, même à Rome, qui donnait à ses citoyens un pouvoir absolu dans leurs familles, à part les fils de Brutus et celui de Manlius, pourrait-on citer beaucoup d’enfans mis à mort par leurs pères ? et quand ce crime a été si rare chez un peuple qui ne le punissait pas, doit-on le présumer si facilement dans une nation dont les lois, les mœurs douces, le caractère aimant et sensible le repoussent avec horreur ?
Pierre-Paul Sirven, établi depuis plus de vingt ans à Castres, sa patrie, y exerçait les fonctions de commissaire à terrier. Il épousa, en 1734, Toinette Léger, dont il eut trois filles.
Sirven et sa femme, nés tous deux protestants, élevèrent leurs enfants dans la même croyance ; ce fut la cause de leurs infortunes. »

Cette affaire est une illustration de l’intolérance religieuse qui existait en France au XVIIIe siècle puisque le protestantisme y était interdit depuis 1685.

En fuite, Pierre-Paul Sirven et son épouse furent jugés et condamnés à mort par contumace. C’est en 1771 que Voltaire plaidera leur cause et démontrera leur innocence.

Une occasion de se reporter au Traité sur la tolérance (Version 1, Version 2, Version 3) et à l’Histoire abrégée de la mort de Jean Calas pour enrichir le texte de Champagnac.

Accusation de meurtre, fondée sur des présomptions et des calomnies est la relation d’une erreur judiciaire :

« En matière criminelle, des présomptions souvent téméraires, et suggérées par la malignité, ont souvent égaré la sagesse des juges, et fait commettre plus d’un crime juridique, en appelant sur la tête d’un innocent la vengeance des lois réservée aux seuls coupables. Les magistrats, les jurés, appelés à prononcer sur le sort de tant d’individus, ne sauraient marcher avec trop de prudence dans la voie des présomptions. »


Illustration :

Pierre-Paul Sirven (source : Gallica).

Livre audio gratuit ajouté le 13/02/2017.
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Lu par René Depasse

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