Bas-relief représentant le chef Taïno Hatuey supplicié à Hispaniola

Sur les coches (Essais III, 6)

Le chapitre 6 du Livre III Sur les coches (où il est très peu question de voitures) illustre bien cet aveu de Montaigne : « Cette farcissure est un peu hors de mon thème. Je m’égare, mais plutôt par licence que par mégarde. Mes fantaisies se suivent, mais parfois c’est de loin, et se regardent, mais d’une vue oblique. […] Les noms de mes chapitres n’en embrassent pas toujours la matière. »
L’auteur parle aussi du mal de mer, mais l’essentiel porte sur la conduite des souverains et l’attitude inqualifiable des colonisateurs :

« Quand je considère l’ardeur indomptable avec laquelle tant de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se sont exposés tant de fois à des dangers inévitables pour la défense de leurs dieux et de leur liberté, et cette noble obstination à supporter les pires extrémités et difficultés, et même la mort, plutôt que de se soumettre à la domination de ceux par qui ils ont été si honteusement trompés. […] C’était un monde encore dans l’enfance, et pourtant nous ne l’avons pas dressé ni plié à nos règles par la seule vertu de notre valeur et de nos forces naturelles. Nous ne l’avons pas conquis par notre justice et notre bonté, ni subjugué par notre magnanimité. Au contraire, nous avons exploité leur ignorance et leur inexpérience pour les amener plus facilement à la trahison, à la luxure, à la cupidité, et à toutes sortes d’inhumanités et de cruautés, à l’exemple et sur le modèle de nos propres mœurs ! A-t-on jamais mis à ce prix l’intérêt du commerce et du profi t ? »

Traduction : Guy de Pernon.
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Livre audio ajouté le 07/08/2011.
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Lu par René Depasse

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6 Commentaires

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  1. Bonjour,

    Merci pour ce beau travail… il est juste dommage que certains liens vers le texte français ne marchent pas (par exemple chapitre 6, Essais III)…

  2. Cela se termine un peu abruptement non ? je recommence à écouter !
    J’ai lu Montaigne il y a longtemps, et là, je le re-découvre. Où est ma mémoire ?