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AHIKAR – Ce salopard de Céline

Donneuse de voix : Myrneleon | Durée : 12min | Genre : Nouvelles


Ce salopard de Céline

« Je peux avoir mon livre ? demandai-je timidement. — Il est dans la poubelle avec les ordures, et je t’interdis d’y toucher ! — Quoi ? murmurai-je. — Je ne veux pas de ce genre de livre à la maison. — Qu’est-ce que tu lui reproches ? — C’est un écrivain ordurier ! — Mais, papa… — Il n’y a pas de « mais », tu obéis, un point c’est tout ! Et si tu veux contester, c’est tous tes livres qui vont y passer ! »

Ce salopard de Céline.

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48 commentaires sur cette page. Ajoutez le vôtre !

  1. Jean-Pierre Baillot le 10 juin 2017

    Mauvais présage que ce père qui entre sans frapper !
    Votre voix douce vous permet, Myrmeleon, de contourner la brutalité du premier degré et de nous proposer une version intimiste, dont la force ressort une fois la lecture achevée. Merci.

  2. Myrneleon le 10 juin 2017

    Merci beaucoup Jean-Pierre Baillot. J’espérais que ma lecture convienne, j’ai toujours un peu peur de «tomber à côté» ! Votre commentaire me rassure et me fait plaisir.

  3. Romain le 12 juin 2017

    Quelle jolie voix vous possédez,Myrneleon !
    Je surveillerai toutes vos prochaines lectures.
    Merci pour celle-ci.

  4. Ahikar le 13 juin 2017

    Chère Myrneleon,
    Votre enregistrement est très beau, très réussi. Vous l’avez lu avec beaucoup de sensibilité et une grande justesse. Sincèrement, je ne pense pas qu’on pourrait faire mieux.

    Merci à Jean-Pierre et à Romain pour vos commentaires encourageants.
    Amitiés, :)
    Ahikar

  5. Myrneleon le 13 juin 2017

    Merci beaucoup, Romain. Oui, n’hésitez pas à suivre mes prochains enregistrements : des commentaires comme le votre, je ne m’en lasserai pas !

    Je suis très heureuse que cet enregistrement vous plaise, à vous l’auteur, Ahikar. C’est un texte très agréable à lire, et si vous le trouvez aussi agréable à écouter, j’en suis ravie !

  6. singe le 15 juin 2017

    Chère Myrneleon, c’est étonnant, votre interprétation et votre voix.

    Mais, en ce qui concerne le côte technique d’enregistrement, lorsqu’il n’est pas mal, je suggérerais d’utiliser moins de compression, ça veut dire la débit plus haute comme 192 kbit/s, et aussi moins de réduction du bruit, comme la réduction du bruit produit son propre bruit, et ça se voit parfois dans cet enregistrement.

  7. Bruissement le 15 juin 2017

    Fort bien lu , Myrneleon.
    Quant au texte, cher Ahikar, merci d’avoir partagé une tranche de vie bien représentative du milieu ouvrier des années soixante.
    Ce qui m’étonne, cependant, c’est que l’on puisse s’étonner de l’ambiance éducative de ce temps dans ce milieu!!!
    Bien évidemment, le désherbage et autres travaux manuels y étaient plus prisés que toute lecture fut-elle des plus anodines ou des plus sérieuses. Lire était perçu, non seulement comme une grande œuvre de paresse, mais comme un acte éminemment nocif susceptible d’amener le jeune à la perdition, lui suggérant de fausses illusions qui ne manqueraient pas de ruiner sa vie, tenté qu’il serait d’éviter le travail!
    Donc quand je vois que vous aviez des livres!!! Veinard vous étiez, je vous le dis ;) . Il en fut qui n’avait pas le droit d’en emprunter à la bibliothèque de l’école…
    Comment s’étonner aussi que l’on entre sans frapper dans votre chambre, alors qu’il était d’usage de fouiller le cartable chaque jour? Déjà, vous aviez une chambre à vous! Oh! merveille! vous n’étiez donc pas obligé de cacher vos poésies (toute écriture même anodine était vue en ce milieu comme un mal absolu) dans l’armoire commune sous une pile de vieux trucs dont on espérait (en vain, bien sûr) le secret.
    Mais le plus étonnant c’est de vous étonner de la grande « rouste » abattue sur vous. On en recevait à moins! Voyons, aller parler à l’instit!!! Vous n’aviez donc pas la méfiance plus chevillée au corps pour éviter pareille bourde. De plus, et là je vous trouve plutôt bien malpoli, demander à l’instit de retirer votre livre de la poubelle!!! Alors quoi, je ne m’étonne pas, moi, que ces gens simples et contradictoires, en admiration devant les lettrés du bourg tout en ayant peur que leurs enfants lisent, soient terriblement gênés et honteux de l’incongruité presque arrogante de votre requête. Soyons indulgents cher Ahikar, d’autant qu’il est pratiquement louable et ô combien rarissime, ce comportement de votre père qui consiste à s’informer avant d’agir: car il s’est renseigné sur Céline avant de vous l’interdire et vous l’a interdit croyant bien faire. Vous lui désobéissez, il suppose qu’une bonne éducation l’enjoint de vous punir…plutôt rudement comme c’est la coutume (même chez ceux qui ne furent point militaires)…mais bon, l’important c’est que ce ne fut pas par pure méchanceté! Et puis puisqu’en Céline vous avez trouvé un génie, ceci a compensé cela.

  8. Ahikar le 17 juin 2017

    Chère Bruissement,

    Merci pour cette très belle analyse. Je n’avais pas vu le texte sous cet angle-là, mais il me semble que vous ayez bien raison quand vous parlez d’une « tranche de vie bien représentative du milieu ouvrier des années soixante. » Comparé à maintenant, c’était effectivement bien « le temps des roustes. » Je ne serai cependant pas aussi indulgent que vous vis-à-vis du père, je n’en suis pas capable, même si une de ses sœurs m’a toujours dit : « C’est vrai qu’il est très dur, mais il faut essayer de lui pardonner, nous avons grandi pendant la guerre, c’était l’aîné et nos conditions d’existence étaient vraiment très dures. Avec le père en plus qui n’était pas là, arrêté et déporté au Struthof. »

    Mais changeons de sujet… Il me semble, chère Bruissement, que dans votre message vous avez mis beaucoup de vous-même. Vous avez une belle plume ! Pourquoi ne nous raconteriez-vous pas les poésies cachées dans l’armoire commune sous une pile de vieux trucs ? 😉

    À très bientôt et merci encore pour votre analyse.

    Amitiés, 😊

    Ahikar

    ————————————————

  9. jean michel le 25 juin 2017

    Vous avez vraiment une belle voix, Myrneleon. J’ai également ecouté vos chansons sur you tube, qui sont souvent excellentes. Je vous souhaite de pouvoir continuer dans cette voie la.

  10. Caput mundi le 27 juin 2017

    Très belle découverte aujourd’hui. Merci pour cette lecture Myrneleon, je m’en vais de ce pas écouter vos chansons sur youtube!

  11. Ahikar le 3 juillet 2017

    Merci Jean-Michel et Caput mundi pour vos commentaires. J’aime beaucoup moi aussi les chansons de Myrneleon, avec une petite préférence pour celle-ci 😉 :

    La Meute.

    https://www.youtube.com/watch?v=vF_p9cJVcxM

    Chère Caput mundi, j’ose le féminin car je crois deviner derrière ce très joli pseudo le visage d’une belle Romaine ! 😉

    Amitiés, 😊

    Ahikar

  12. Docteur Watson le 6 juillet 2017

    Je pensais que le titre c’était de la provoc pour vous faire de la pub, pour être lu, comme on trouve partout en librairie maintenant des livres avec des titres aguicheurs fait pour vendre. Mais je suis revenu sur ce que je pensais après vous avoir écouté une fois puis ensuite lu, j’avais pas vu avant qu’on avait accès au livre-texte. Après avoir réfléchi je pense que le titre est très bon car je crois avoir compris ce qu’aurait dit Freud : le salopard c’est le père. Ce n’est pas Céline ! J’espère que vous me direz si j’ai vu juste, mais je suis presque sûr que c’est ça !!

    A bon entendeur salut !

    Docteur Watson

  13. Candice le 10 juillet 2017

    Très belle lecture Myrneleon, d’une grande sensibilité. Le texte est très touchant ; avec votre douceur il en sort une certaine originalité.
    Merci Myrneleon et Ahikar.

  14. Ahikar le 22 juillet 2017

    Merci chers Candice et Docteur Watson pour vos commentaires.

    Cher Docteur Watson, concernant le titre, je me doutais bien qu’il risquait de choquer, mais je ne l’ai pas choisi dans le but de provoquer mais uniquement parce qu’il s’est imposé à moi. Il me semble que si vous relisez par exemple Bagatelles pour un massacre, vous ne pourrez trouver ce titre usurpé. N’oublions pas que Céline a eu de la chance de ne pas finir comme Robert Brasillach.

    Concernant votre remarque sur le père, je n’ai pas trop envie d’en parler, mais je ne vous contredirai pas.

    Bien amicalement,

    Ahikar

  15. Lulu le 31 juillet 2017

    Bravo à l’auteur et à la lectrice pour ce bel écrit, utile et nécessaire. Je n’ai jamais pu ouvrir un livre de ce pamphlétaire antisémite, lequel accusa le grand poète Robert Desnos de mener « campagne philoyoutre », ce dernier sera déporté à Buchenwald avant de mourir à Theresienstadt. Prévenu de l’arrivée imminente de la Gestapo, Desnos avec la grandeur d’âme qu’on lui connaît ne fuira pas, il préfèrera attendre les officiers de la Gestapo pour protéger sa compagne Youki Foujita de toutes formes de représailles. La vraie grandeur, elle est là. Je n’en vois aucune chez Céline.

    Lulu

  16. Jean-Pierre Baillot le 31 juillet 2017

    A Lulu,
    L’homme est un salopard. Mais, l’écrivain est prodigieux.

  17. Ahikar le 17 octobre 2017

    Message reçu par e-mail :

    « J’ai lu votre nouvelle Ce salopard de Céline […] Bien embarrassante est l’opinion de l’institutrice que Céline est « l’exception qui confirme la règle ». Car des exceptions de ce genre, on en recense beaucoup. Certains nommeraient Montherlant, Jouhandeau ; et pourquoi pas Villon ? En Espagne, Quevedo.

    Il y a quelques années, dans un article de la revue Esprit intitulé « Vous avez le bonjour… de Robert Desnos », j’ai rappelé qu’en 1941, Robert Desnos eut le courage, dans un journal de la collaboration, d’éreinter les Beaux Draps de Céline : « déplorable disciple d’Honoré d’Urfé » dont les colères « évoquent les fureurs grotesques des ivrognes », qui « écrit gras exactement comme on écrivait précieux au XVIIe siècle ». Par voie d’huissier, Destouches, dit Céline, fit insérer cette réponse : « M. Desnos mène, il me semble, campagne philoyoutre (…). Que ne publie-t-il, M. Desnos, sa photo grandeur nature, face et profil, à la fin de tous ses articles ? La nature signe toutes ses œuvres… » La réplique risquée de Desnos est splendide.

    Bien amicalement,

    Adrien Le Bihan »

    (Auteur de Isaac Babel. L’écrivain condamné par Staline. )

  18. ShmuelR le 18 mai 2018

    Merci Myrneleon, continuez dans cette voix-là… Merci Ahicar. J’ai apprécié les zaricots déHerbés. Et à propos du père qui entre sans frapper, il a au moins le (dé)mérite de le faire en sortant, de ses gonds.

  19. Tonton le 7 février 2019

    Oeuvre très forte en dépit de son court format. On se dit que votre enfance n’a pas dû être facile avec un père pareil. J’avais d’abord cru à une fiction, mais en écoutant vos oeuvres antérieures, j’ai compris que l’écriture était largement autobiographique. Ma nouvelle préférée reste cependant ‘Les Mensonges Nécessaires’ que je n’ai pas réussi à retrouver sur votre site. Mais ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Votre moteur de recherche est, disons, un peu obsolète. Belle performance aussi de la lectrice, avec beaucoup de sensibilité dans la voix. J’ai aussi changé de pseudo car mes messages ne passaient plus. Mystère de l’informatique.

  20. Ibrahima le 6 août 2019

    Cette courte nouvelle est magnifique. Le titre est parfait. J’ai longtemps voulu croire à propos des pamphlets antisémites de Céline à une logorrhée délirante plus littéraire que réelle, mais un ouvrage d’Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff paru en 2017 montre qu’il n’en est rien. Ce salopard de Céline n’a pas hésité à dénoncer le Dr Joseph Hogarth, d’abord comme médecin juif étranger non naturalisé, puis comme nègre haïtien, rien que pour obtenir son poste au dispensaire de Bezons. Quel beau salaud quand même !
    Ibrahima, étudiant en master

  21. Patrick le 6 août 2019

    Tu l’as dit, bouffi! Mais comme l’a dit Baillot plus haut « L’homme est un salopard. Mais, l’écrivain est prodigieux. »

  22. Nuri le 8 janvier 2020

    Si le style fait l’écrivain, il ne fait pas l’homme. On l’a vu avec Céline. On le voit à nouveau avec Matzneff.

    Nuri

  23. Nuri le 10 février 2020

    A l’aube de l’humanité, l’homme mangeait de la chair humaine, puis on a instauré le tabou de la chair humaine. Avant la pédophilie était tolérée ; maintenant, on a instauré le tabou de la pédophilie. L’humanisation se fait-elle par l’instauration de tabous ?

  24. Jean-Pierre Baillot le 10 février 2020

    Regrettez-vous le « bon vieux temps », Nuri ??

  25. LÏat le 11 février 2020

    Parlant Matzneff, je vous suggère de regarder
    cette vidéo:

    https://youtu.be/nodnsD-9AYM?t=224

  26. Jacques le 11 février 2020

    @Lïat
    Attention quand même à la présentation sous la vidéo, car ce qui y est dit est faux : l’émission de Pivot ne date pas de 15 ans mais de 30 ans, 1990.
    https://www.youtube.com/watch?v=H0LQiv7×4xs

  27. Bruissement le 11 février 2020

    Merci pour la vidéo, chère Lïat, et un immense bravo à la journaliste québécoise!!!

  28. Gordon le 11 février 2020

    @Jacques
    30 ans… C’est encore plus aberrant que le milieu littéraire français n’ait pas tenu compte des propos si percutants de cette dame québécoise -qu’on désignerait maintenant comme « lanceuse d’alerte ».-

    Et dire que ce s… de Matzneff a reçu des récompenses pour ses écrits. Ça me dégoûte profondément.

  29. Jade le 13 février 2020

    C’est quoi le rapport entre Matzneff et Céline ?

  30. Jean-Pierre Baillot le 13 février 2020

    A Jade,
    Certainement pas le style ;-)

  31. Claryssandre le 13 février 2020

    Monsieur Baillot, oserais-je l’écrire…? Je vous adore ! Vos commentaires ont le don (rare) de me faire rire. Bonne journée à vous.

  32. Phil le 13 février 2020

    Pour Claryssandre,
    Voici un lien qui vous permettra indubitablement de consolider vos compétences, déjà hors-pair!
    http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/dholbach-paul-henri-thiry-essai-sur-lart-de-ramper-a-lusage-des-courtisans.html

  33. Jean-Pierre Baillot le 13 février 2020

    Mais enfin, Phil, mangez plus léger le soir !

    C’est la première fois que l’on me dit que l’on m’adore et, aussitôt, vous vous croyez obligé de me casser la baraque !

  34. Phil le 13 février 2020

    @J.P. Baiilot
    Savez-vous, cher Jean-Paul, que votre estime et votre bonheur sont les deux objets de ses désirs (suivez mon regard), et quand vous feignez de l’ignorer c’est pour avoir le plaisir d’être éclairé sur les sottises qu’il plaira au premier olibrius venu de débiter…
    Voyons, son devoir c’est de vous détromper sur vous-même !
    😊

  35. Jean-Pierre Baillot le 13 février 2020

    Je vois. Il faut aussi arrêter l’alcool !

  36. Phil le 13 février 2020

    Parce que j’ai écrit Jean-Paul, vous croyez détenir le motif?
    Je constate aussi que vous êtes mécontent, alors c’est votre affaire Jean-Pierre!

  37. Gordon le 14 février 2020

    @Jade

    …Le rapport entre Matzneff et Céline ?

    Deux salopards :(

  38. Nuri le 14 février 2020

    Du point de vue des Indiens des îles Caraïbes, Christophe Colomb, avec son chapeau à plumes et sa cape de velours rouge, était un perroquet aux dimensions jamais vues.
    Du point de vue des vers de terre, Céline était un tas de viande qu’ils se sont empressés de manger, et Matzneff, un autre tas de viande qu’ils dévoreront bientôt.

  39. Jean-Pierre Baillot le 14 février 2020

    A Ahikar,
    Dans un récent entretien (9/02/20) avec le journal Le Monde, Antoine Compagnon, Professeur au Collège de France déclarait :
    « Pour écrire, pour publier, il faut non seulement un grain de bêtise, mais aussi un soupçon d’amour du monde. Les livres sans amour sont illisibles. Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit ne seraient pas ces chefs-d’oeuvre si Céline, malgré tout, peut-être malgré lui, n’y avait pas mis de l’amour. Un peu de bêtise, un peu d’amour, ou d’amitié, c’est la recette de la littérature. On ne fait pas de livres avec de la haine. »

  40. Bruissement le 14 février 2020

    @ JP Baillot
    Ce que vous avancez est assez vrai, d’ailleurs je disais à Ahikar plus haut, que son père, malgré tout, avait tenté de se renseigner et de faire au mieux…de même Céline, ayant eu à affronter une horreur indicible, a fait avec ce qu’il était, de son mieux, peut-être.

    @ Nuri
    Ce que vous dites est assez vrai… à la nuance près que,tous, nous sommes à la merci des vers…
    Essayons de mériter le moins possible leur appétit à notre encontre.

  41. Pomme le 14 février 2020

    Si quelqu’un peut m’expliquer en quoi est nécessaire à la création littéraire « le grain de bêtise »…!

  42. Jean-Pierre Baillot le 14 février 2020

    A Pomme,
    En effet, pour comprendre ce point… il faut lire le reste de l’article. Compagnon y évoque, en outre, Roland Barthes dont il écrivait dans son ouvrage « l’âge des lettres » qu’il lui « manquait ce grain de bêtise pour imaginer des romans ». Rien de trop péjoratif, donc !

    J’arrête là l’explication avant que vous ne « m’adoriez », trop conscient désormais des réactions intempestives que cela peut susciter ;-) .

  43. Pomme le 14 février 2020

    A JPB,
    Hum…pour l’explication. Mais vous avez bien fait de l’interrompre, car je crains que je n’eusse pas compris grand chose!
    J’oserai dire, au risque de provoquer une réaction intempestive (qui ne ferait qu’un petit plouf!) que j’adore votre humour!

  44. Ahikar le 15 février 2020

    Bonjour Jean-Pierre,

    J’ai lu l’article du Monde dont voici un autre extrait :

    « Nous évoquions Barthes. Vous avez écrit, dans « L’Age des lettres » (Gallimard, 2015), qu’il « manquait à Roland ce grain de bêtise pour imaginer des romans ». Ce grain de bêtise, vraiment ?
    Flaubert disait qu’il fallait être un peu bête pour faire un roman, et surtout pour le publier.
    Écrire un roman, cela suppose un brin d’innocence ou d’inconscience. Sans cela, si l’on n’accepte pas de renoncer à l’intelligence, c’est impossible. Voyez Paul Valéry. Comme beaucoup de modernes, il était trop intelligent pour s’abandonner à un genre littéraire dans lequel il n’aurait pas tout contrôlé. La littérature se définit par la pluralité des sens, et Barthes, un intellectuel, voulait contrôler le sens. A la fin de sa vie, son projet de Vita Nova, interrompu par un accident, l’aurait peut-être conduit dans une voie différente. »

    Que dire ? Je suis sceptique vis-à-vis de ce genre de déclarations qui ressemblent à des boutades. Flaubert pensait-il vraiment qu’il fallait être un peu bête pour écrire un roman. C’eût été renier ce à quoi il avait consacré toute sa vie, ce qui était pour lui le sens même de l’existence. Je vois plutôt ces déclarations comme un témoignage d’humilité de l’artiste créateur devant l’immensité de la Création.

    « Plus grand aura été notre amour, plus grande en sera la haine. » disait Spinoza dans L’Éthique. Il faut donc supposer que Céline a beaucoup aimé avant d’écrire ses pamphlets. Sérieusement, je pense que Céline aimait avant tout l’humanité « blanche ». En relisant attentivement Voyage au bout de la nuit, on se rend compte qu’il ne portait pas vraiment les Africains dans son cœur : « Avec ça, ils peuvent toujours se gargariser avec le tonnerre de Dieu si ça les excite, les peaux de boudin ! Moi, je m’en fous toujours avec mon coton à la graisse ! J’entends plus rien ! Les nègres, vous vous en rendrez tout de suite compte, c’est tout crevés et tout pourris !… Dans la journée c’est accroupi, on croirait pas ça capable de se lever seulement pour aller pisser le long d’un arbre et puis aussitôt qu’il fait nuit, va te faire voir ! Ça devient tout vicieux ! tout nerfs ! tout hystérique ! Des morceaux de la nuit tournés hystériques ! Voilà ce que c’est que les nègres, moi j’vous le dis ! Enfin, des dégueulasses… Des dégénérés quoi !… »

    Bien sûr, on peut se dire que c’est le personnage qui pense cela ! Mais dans Voyage au bout de la nuit, ce genre de phrases revient trop souvent. C’est pourquoi je pense que c’est Céline qui s’exprime, c’est Céline qui pensait cela !

    Libre à vous, bien sûr, cher Jean-Pierre, de ne pas me suivre…

    Excellent week-end,

    Ahikar

  45. Jean-Pierre Baillot le 15 février 2020

    Bonjour Ahikar,
    En Juillet 2017, j’avais écrit (ci-dessus) à Lulu :
    « L’homme est un salopard. Mais, l’écrivain est prodigieux. »
    Je n’ai pas changé d’avis. Je pense qu’il est important sur un site à vocation plus ou moins « littéraire » d’essayer de faire la part (c’est peut-être une illusion, mais elle me tient à coeur) entre l’homme et l’écrivain. Tout à fait d’accord sur le fait qu’un entretien conduise souvent (par souci de cohérence) à des rapprochements du type raccourci.
    Heureux de voir, en tout cas, que vous ne dormez que d’un oeil ;-)

    PS : C’est Pomme qui va « adorer » votre complément sur le « grain de bêtise ».

  46. Pomme le 15 février 2020

    Non, je n’ai pas adoré! Je vois beaucoup de fausse modestie là-dedans. A Barthes et Valéry, ce n’est pas le grain de bêtise qui leur manquait pour écrire un roman, mais plutôt une légèreté, un lacher-prise, une spontanéïté, des sabots qui aurait ramené leur cervelle sur terre.
    Bon, ce que j’en dis… Une chose est sûre, c’est que les sabots me maintiennent bien ras terre, moi!

  47. Pomme le 15 février 2020

    Oups! la faute! Ah? vous ne l’aviez pas vue?

  48. Jean-Pierre Baillot le 15 février 2020

    Vous dites comme Compagnon avec des mots différents. Ce que vous nommez « lacher-prise », il le nomme « grain de bêtise ». Mais, bêtise sans méchanceté… avec de l’affection et probablement même un sourire !

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