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ROORDA VAN EYSINGA, Henri – On ne badine pas avec l’infini (Deuxième Sélection)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Nouvelles


Une roulotte automobile en 1912

Posologie : lire chaque jour de la semaine, au réveil, un des sept articles suisses que trouvaient au petit-déjeuner les abonnés de La Tribune de Lausanne ou de La Gazette de Genève dans les années 1917-1925, deuxième sélection d’articles recueillis dans On ne badine pas avec l’infini d’Henri Roorda.
Aucune contre-indication. Conseillé aux esprits chagrins.

« Tu te plains de la monotonie de ton existence. Mais n’est-ce pas agréable d’accomplir avec aisance, machinalement, le travail auquel on est habitué depuis longtemps ? Si tu devais, tout à coup, exercer une profession nouvelle, tu serais bien embarrassé.
Tiens-tu tant que ça à rencontrer des obstacles sur ton chemin ? Assis de huit heures à midi devant tes registres, tu peux rêvasser à ton aise. Tu n’es pas pressé. Dans ton bureau, tu ne t’exposes pas à être renversé par le bicycliste sournois et silencieux. Tu es loin de tes enfants qu’il faut toujours gronder et tu n’entends pas les reproches justifiés de ta femme. Dans un mois, tu devras soutenir un dialogue difficile avec un créancier. Mais pourquoi y penser déjà ? Tu auras peut-être la chance de mourir avant. Ton défaut grave, c’est de ne pas savoir goûter la douceur de la minute présente.
Il y a, dans notre monde médiocre, beaucoup de choses qui vont très bien. En dépit des intempéries et des cataclysmes, en dépit de la bêtise et de la paresse des hommes, en dépit de tous les accidents, nous jouissons toujours d’un peu de sécurité. Chaque jour, on trouve du pain frais dans les boulangeries et de la viande dans les boucheries. Et toi, fonctionnaire amer, tu es sûr de toucher ton traitement à la fin de chaque mois. Voyons : admire un instant ces arbres et ce ciel lumineux. Et tâche de sourire.
La plupart des hommes et des femmes sont dépourvus de beauté ; mais ça ne les empêche pas de se marier et d’échanger parfois des paroles affectueuses. D’ailleurs, le plus souvent, on est laid sans le savoir. Et si le nombre des êtres très intelligents est minime, cela n’a aucune importance. Que dis-je ! Il est peut-être heureux que ce nombre ne soit pas grand. »

> Écouter un extrait : Automobilisme et liberté.

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RENFER, Werner – Hannebarde (Version 2)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 2h 10min | Genre : Nouvelles


Sonneur de cloches

Quand Hannebarde, le sonneur de cloche d’un petit bourg est questionné par Bridille, une fillette qui parcourt les sentiers avec la vivacité d’une « flamme rouge, blanche et bleue », il est d’abord étonné. Peu à peu naît une amitié entre ce géant montagnard qui parle peu mais tire de ses cloches « des notes éclatantes » et cette petite fille du fossoyeur, aux tresses blondes et à la « voix de clochette ». Cette gamine lui fait retrouver une joie depuis longtemps perdue à laquelle il fait participer tout le bourg… La jeune fille a maintenant dix sept ans, les gens commencent à jaser…

De cette histoire, Werner Renfer (1898-1936), écrivain, journaliste, poète suisse et auteur injustement oublié tire Hannebarde une nouvelle joyeuse et douloureuse, conte d’amour et de mort avec pour décor la terre du Jura que l’ingénieur agronome qu’il est décrit magnifiquement aux diverses saisons.

> Écouter un extrait : Chapitres 01 à 03.

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ROORDA VAN EYSINGA, Henri – On ne badine pas avec l’infini

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 45min | Genre : Nouvelles


Les Lettres de l'alphabet

Le Français Alphonse Allais (1854-1905) et le Suisse Henri Roorda (1870-1925) ont pratiqué le même humour, sur les mêmes sujets, souvent joué avec les mêmes calembours, fustigé leur époque avec la même insolence et le même bonheur. L’Hindou se tend, est-ce d’Allais ou de Roorda ?
Déjà sont sur le site des sélections de Le Roseau pensotant (sélection 1, sélection 2), l’intégralité de Le pédagogue n’aime pas les enfants, de Le Rire et les rieurs et de À prendre ou à laisser de Henri Roorda Van Eysinga.

On ne badine pas avec l’infini est un recueil de 77 courts articles, en grande partie, de La Tribune de Genève ou de La Tribune de Lausanne où nous avons cueilli au hasard une dizaine… pour vous donner envie d’en connaître davantage.

« Si l’on s’en tenait aux nouvelles que les feuilles publiques lancent chaque matin dans la circulation, on devrait croire que le monde est dans un état d’effroyable désordre et que l’humanité va bientôt sombrer dans la démence. Le journaliste ne nous parle des trains que lorsqu’ils déraillent. Il ne s’intéresse qu’aux piétons qui se font écraser par des automobiles. Contre les autres (qui sont pourtant plus intelligents), il fait la conspiration du silence. C’est seulement lorsqu’un village est détruit par un incendie ou par une avalanche qu’on nous révèle son existence. Je connais de très honnêtes gens dont le journal n’a jamais publié le portrait : pour le faire, il attend que ces êtres bons et vertueux aient commis un crime atroce ou qu’ils se soient livrés au commerce clandestin de la cocaïne. Enfin, pour nous donner de la vie une idée juste, on attire sans cesse notre attention sur les gouvernements renversés, les peuples révoltés, les grévistes syndiqués, les boxeurs tuméfiés et les tremblements de terre.
Eh bien, je dis qu’on nous trompe. Il règne dans l’univers un ordre admirable… etc »

> Écouter un extrait : Agissons !.

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STAMM, Marielle – L’Œil de Lucie

Donneuse de voix : Esperiidae | Durée : 5h 42min | Genre : Romans


Marielle Stamm - L'Œil de Lucie

Cela commence par un gâteau d’anniversaire dans lequel une petite fille plante son doigt, puis le lèche. Un geste de transgression générateur de fantasmes qui renvoie le lecteur à la célèbre Histoire de l’œil de Georges Bataille. Lucie souffre d’une malformation congénitale, son œil gauche ne verra jamais la lumière du jour, un drame découvert au cours du fameux goûter qui ouvre le roman. L’infirmité de l’héroïne va susciter sa vocation de peintre. (Extrait du quatrième de couverture)

Marielle Stamm est journaliste et écrivain. Née d’un père suisse et d’une mère française, elle étudie le droit à Aix-en-Provence puis part à Paris où elle obtient le diplôme de l’Institut d’études politiques. Elle suit les cours de l’École du Louvre. Pionnière en journalisme informatique, elle devient correspondante de l’hebdomadaire 01 Informatique, dès 1974. Elle couvre l’actualité de l’informatique en Suisse pour le Journal de Genève, puis Le Nouveau Quotidien. Dès 1982, elle dirige la société Edimont et crée ses propres journaux spécialisés dans le domaine. Depuis 2003, elle collabore activement aux projets du Musée Bolo, musée d’informatique hébergé à l’EPFL, à Lausanne.

En 2005, Marielle Stamm publie son premier roman : L’Œil de Lucie (aux Éditions de l’Aire), honoré du Prix Rambert 2007.

Je remercie infiniment Marielle Stamm, qui a consenti avec amabilité et générosité à l’enregistrement et à la publication de L’Œil de Lucie. Avec l’aimable autorisation des Éditions de l’Aire.

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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OLIVIER, Juste – Rose Souci

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 40min | Genre : Nouvelles


Gryon

Juste Olivier (1807-1876) est un écrivain, poète, romancier, journaliste et érudit vaudois. Il fut professeur de littérature et d’histoire, dut compléter sa formation pédagogique à Paris, fit la connaissance de Victor Hugo, d’Alfred de Vigny, de Lamartine et d’Alfred de Musset et se lia avec Sainte-Beuve, qu’il attira à Lausanne. Maître temporaire de conférence à l’École d’administration du Collège de France, en 1870, quand la guerre franco-prussienne éclate, il est contraint à rester en Suisse où il publie en 1875 Rose Souci.

Les personnages de cette nouvelle qui évoluent dans le décor de Gryon, ses sentiers, sa neige, sa nature idyllique, vivent une aventure amoureuse et sont tous attachants. Notons en outre cette manière sympathique et vivante de prendre le lecteur à témoin et de l’associer au déroulement des faits :

« Ordinairement, dans les histoires du genre de la nôtre, les choses se racontent moins vite qu’elles ne se passent, – l’auteur même en fait la remarque, et il s’en excuse. C’est tout au rebours dans notre histoire : des choses qui ont pris des mois, dans la réalité, sont racontées en une ligne. L’auteur s’en excuse aussi. Les auteurs font bien de s’excuser, quoique cela ne serve à rien, n’est-il pas vrai, ami lecteur, toujours plus ou moins ennemi ? »

> Écouter un extrait : Première Partie.

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ROD, Édouard – L’Autopsie du docteur Z***

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Nouvelles


Paul Cézanne - L'Autopsie (détail)

Édouard Rod (1857-1910), écrivain suisse romand dit l’ « Anatole suisse », en raison de l’oubli dans lequel ses œuvres sont tombées au XXe siècle et par analogie avec Anatole France, est l’auteur de La Maison des crimes, lu ici en 2010, et dont l’on découvre vite la pensée dans cette citation :
« Les peuples marchent grisés par les mots sonores et menteurs claironnés à leurs oreilles, sans révolte, passifs et résignés, alors qu’ils sont la masse et la force, et qu’ils pourraient, s’ils savaient s’entendre, établir le bon sens et la fraternité à la place des roueries sauvages de la diplomatie. »

L’Autopsie du docteur Z** est ainsi présenté par l’éditeur : « Et si une activité cérébrale rémanente persistait après la mort ? Et si les morts pouvaient encore penser quelques jours après leur décès ? Voire percevoir ce qui les entoure ? Et si un savant arrivait à enregistrer le contenu de cette activité ? Que diriez-vous de lire le compte-rendu d’un enterrement par le mort lui-même ? Monsieur van Gelt s’est suicidé mais sa famille a tenté de le cacher. Il était fort estimé et les rumeurs persistantes sur les circonstances de son décès ont forcé celle-ci à demander une enquête… »

Lecture étonnante de ce rapport du docteur Z recueilli par Édouard Rod qui le connut personnellement :
« Le docteur Z*** habitait Bordeaux, et jouissait d’une renommée de bon praticien. La brochure dont il fit les frais : Observations sur quelques phénomènes de l’existence cérébrale, souleva un « tollé » général. Il bouleversait toutes les notions reçues, menaçant à la fois, par ses conséquences indirectes, la science, la morale et la religion. En effet, le physiologiste prétendait que la vie du cerveau ne s’éteint pas en même temps que celle du corps, qu’au contraire, elle continue pendant une période qui varie de sept à dix jours après le dernier soupir. »

Illustration : Paul Cézanne, L’Autopsie (détail, 1869).

L’Autopsie du docteur Z***.

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CORNETZ, Victor – De l’utilité du faux bruit

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Essais


Eugène Turpin et son célèbre obus

Nous ne pouvons lire Les Faux Bruits et les légendes de la guerre (1908) du grand linguiste français Albert Dauzat mort en 1953, mais Victor Cornetz (1864-19?, plutôt connu comme entomologiste), dans De l’utilité du faux bruit (1919) reprend ce même sujet et le développe avec clarté.

D’ordinaire nous entendons par « faux-bruits », « fausses nouvelles », des « rumeurs » du genre La Calomnie de Beaumarchais chargées d’intentions malfaisantes.

Tout au contraire dans cet article-conférence il s’agit de l’aspect bienfaiteur ou consolateur des faux bruits, avec des conclusions paradoxales.

« Le fait qu’un grand nombre de faux bruits peuvent se classer comme créateurs d’espoirs et d’autres, fort nombreux aussi, comme consolateurs, amène à voir un rapport entre la foule ou le public, être collectif, et l’enfant. [...] Ainsi la foule pense comme l’enfant, elle chante, rit, pleure, tempête et casse, comme lui. Elle est souvent ingrate et oublieuse comme l’enfant, quelquefois perspicace comme lui.

Quand et comment doit-on aider la nature et quand l’entraver ? Quelle est la bonne dose de réalité et d’illusion ? À ce propos je me contenterai de citer les paroles d’un sage « Le monde est plein d’erreurs obstinément maintenues, parce que l’homme redoute de changer les illusions familières pour d’âpres vérités chargées d’inconnu. Et qui sait, après tout, dans ce douloureux conflit du monde vrai avec le monde imaginé, dans quelle mesure un séduisant mirage peut venir en aide à la faiblesse humaine pour l’achèvement de sa journée ? » (G. Clemenceau.) »

De l’utilité du faux bruit.

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MERLE D’AUBIGNÉ, Jean-Henri – Histoire de la Réformation du seizième siècle (Tomes 01 à 04)

Donneur de voix : Projet collectif | Durée : 75h 13min | Genre : Histoire


Jean-Henri Merle d'Aubigné

C’est en visitant le donjon du château de la Wartbourg, où Luther, mis à l’abri de la persécution par l’Électeur de Saxe, avait traduit la Bible en langue populaire, de 1521 à 1522, que Jean-Henri Merle d’Aubigné, alors âgé de 23 ans, conçut le dessein d’écrire une grande histoire de la Réformation ; une histoire qui fût à la foi savante, profonde, et qui montrât que le but de cet ébranlement majeur de l’Europe avait moins été de détruire les superstitions, que d’insuffler une vie nouvelle en recréant la foi. Le rêve de ce jeune étudiant en théologie, issu de deux grandes familles protestantes, les Merles de Nîmes, et les fameux d’Aubignés de l’Histoire de France, deviendra la grande affaire de sa vie, pour se concrétiser en treize gros volumes, qui ont fait passer son nom à la postérité. Cinq se regroupent sous le titre général d’Histoire de la Réformation au seizième siècle ; ce sont les plus connus, notamment les quatre premiers centrés autour de Luther, le cinquième étant consacré à l’Angleterre.

> Écouter un extrait : Préface.

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