À Découvrir :
RILKE, Rainer Maria – Les Roses (Poème)

Donneur de voix : Angelot | Durée : 9min | Genre : Poésie


lesroses

« Pendant des jours et des jours je te vois qui hésites dans ta gaine serrée trop fort. Rose qui, en naissant, à rebours imites les lenteurs de la mort. Ton innombrable état te fait-il connaître dans un mélange où tout se confond, cet ineffable accord du néant et de l’être que nous ignorons? Rose, eût-il fallu te laissé dehors, chère exquise? Que fait une rose là où le sort sur nous s’épuise? »

Poème écrit en français par Rainer Maria Rilke.

Les Roses.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 6 423 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

À Découvrir :
HERVIEU, Paul – L’Esquimau

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 50min | Genre : Nouvelles


L'Esquimau

Paul Hervieu (1857-1915), romancier et dramaturge, eut pour ami et confident Octave Mirbeau connu sur notre site. Il y a une certaine parenté entre ces deux écrivains qui ont côtoyé Paul Bourget, Marcel Proust, Guy de Maupassant, Réjane, Lucien Guétry, Edgar Degas, le Prince Bibesco… et sont devenus féroces à l’égard de la société…
Hervieu dépeint avec dureté les misères physiques et morales et provoque notre émotion, mais ne témoigne pas de pitié : il nous laisse juges.

L’Esquimau nous décrit avec objectivité le calvaire de ce pauvre Toogoolor : « Au delà du cercle polaire arctique et du 70e degré de latitude, non loin de l’Alaska, sur la mer Glaciale, se trouve le village d’Irgonok. [...] En ce temps-là, le beau Toogoolor devait avoir vingt ans. Il n’aurait pu dire lui-même son âge d’une manière exacte, d’abord parce que les Irgonokois n’ont pas d’état civil, ensuite parce qu’ils ne savent pas compter au delà de dix, n’ayant imaginé d’autres chiffres que les doigts de leurs mains. »
Terminons par un exemple d’attaque des dirigeants du Jardin d’Acclimatation de Paris et des provinciaux :
« L’idée d’exhiber à l’état captif, dans un léger treillage de laiton, le plus indépendant et le plus singulier des mammifères, c’est-à-dire l’homme, devait nécessairement venir à une administration soucieuse de réaliser tous les progrès et d’accroître sa prospérité. Évidemment, le Comité Zoologique pouvait se contenter d’offrir à la curiosité publique des spécimens d’Auvergnats ou de Tourangeaux qui auraient eu, pour le moins, autant de titres à figurer au Jardin d’Acclimatation que les chèvres de leurs plateaux ou les gallinacés de leurs plaines. »

L’Esquimau.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 4 233 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

POURTALÈS, Guy (de) – Un disciple d’Épictète

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 5min | Genre : Philosophie


Un disciple d'Épictète

Un disciple d’Épictète est l’un des Deux Contes de fées pour les grandes personnes (1917) de Guy de Pourtalès (1881-1941). Les Contes du milieu du monde sont sur le site depuis 2015.

« Peut-on être un disciple d’Épictète lorsque l’on est, à Calcutta, né d’un père portugais et d’une mère hindoue ? C’est pourtant l’aventure intellectuelle de Gualtero qui, après avoir étudié le christianisme et l’hindouisme découvre la philosophie stoïcienne. Dès lors, philosophe errant, il va construire sa propre aventure de Lisbonne à Londres, puis à Paris… Si sa tresse lui procure des auditeurs, le monde s’avère bien décevant pour un stoïcien. »

« Ô mon ami, continua le bickous, ne crois-tu pas que toutes les morales se valent et que la pensée des hommes escalade à l’infini les mêmes rêves, les mêmes sommets ? — Mais où cela mène-t-il, en fin de compte, demanda encore Gualtero. — Rien ne mène jamais nulle part, conclut le vieillard, même pas à se connaître soi-même. — Tout n’est donc que mensonges ? — Tout n’est qu’illusion. Alors le philosophe se souvint de cette parole d’Épictète : « Tu n’es qu’une pauvre âme qui porte un cadavre. »»

Une lecture qui n’est pas réservée aux seuls amateurs de philosophie… Le style est souvent léger et fuit toute prétention érudite.

Un disciple d’Épictète.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 801 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

BAUDELAIRE, Charles – Les Fleurs du mal (Œuvre intégrale, Version 2)

Donneuse de voix : Pauline Pucciano | Durée : 3h 24min | Genre : Poésie


Paul Gauguin - Manao tupapau (1892)

Texte intégral de 1861, augmenté des pièces condamnées.

On ne présente plus l’œuvre majeure de Charles Baudelaire, recueil fondamental de la poésie moderne.

> Écouter un extrait : Chapitre 1.

..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 2 345 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

CHAMPAGNAC, Jean-Baptiste-Joseph – Tentative d’infanticide par suite d’indigence – Le Curé Frilay

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Société


Louis Denis Frilay

Deux procès non fréquents d’histoires peu communes.

Tentative d’infanticide par suite d’indigence :

« On ne pouvait se défendre d’un vif intérêt pour cette malheureuse mère, sur la tête de laquelle pesait une accusation d’infanticide d’un genre aussi extraordinaire. »

Le Curé Frilay :

Il est rare qu’un prêtre (un vrai !) soit inculpé comme assassin.

« Le ministère public soutint l’accusation, en prenant sagement beaucoup de précautions pour insinuer à l’auditoire que la honte du châtiment réservé à Frilay ne pouvait en aucun cas rejaillir sur le saint caractère dont il était revêtu. »

Tentative d’infanticide par suite d’indigence.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 758 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

ANDREÏEV, Leonid – En attendant le train – La vie est belle pour les ressuscités

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Nouvelles


Mikalojus Ciurlonis - Cimetière lituanien (1909)

Plusieurs nouvelles d’Andreïev sont accessibles aujourd’hui, qui ne l’étaient pas quand furent ici enregistrés C’était… en 2009, ou À Sabourovo en 2014.

En attendant le train nous décrit le comportement de quelques voyageurs patientant dans une petite gare. On y apprend, entre autres, que l’accès des compartiments était interdit, en Russie, aux individus en état d’ébriété !

La vie est belle pour les ressuscités commence ainsi :

« Vous est-il arrivé de vous promener dans des cimetières ?
Dans ces coins de terre emmurés, étroits et paisibles, pleins d’herbe épaisse, il y a une poésie troublante et toute particulière.
Jour après jour, on y amène de nouveaux morts ; l’énorme ville bruyante et grouillante est déjà tout entière transportée là, et la cité renouvelée attend son tour d’y venir. »

et se continue par :

« Mais que les morts ressuscitent ! Ouvrez-vous, tombeaux maussades, anéantissez-vous, pesants monuments, fendez-vous, grillages de fer !
Ne fût-ce que pour un jour, que pour un instant, rendez la liberté à ceux que vous étouffez de votre poids et de vos ténèbres !
Vous croyez qu’ils sont morts ? Erreur, ils vivent ! Ils se taisaient, mais ils sont vivants.
Vivants !
Laissez-les voir le rayonnement du ciel bleu et sans nuage, aspirer l’air pur du printemps, s’enivrer de chaleur et d’amour. »

Traduction : Serge Persky (1870-1938).

Illustration : Mikalojus Ciurlonis, Cimetière lituanien (1909).

En attendant le train.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 894 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

DAUDET, Alphonse – Quarante Ans de Paris

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 9h 35min | Genre : Biographies


Gustave Caillebotte - L'Homme au balcon

Dans ce livre de souvenirs, Daudet nous raconte beaucoup d’anecdotes, comme le départ de Gambetta de Paris en ballon, ou son premier habit :

« Un éblouissement, ce buffet ! C’était, sous la flamme des bougies, avec ses verres, ses flacons, une pyramide en cristal, blanche, éblouissante, fraîche à la vue, de la neige au soleil. Je prends un verre, frêle comme une fleur ; j’ai bien soin de ne pas serrer, par crainte d’en briser la tige. Que verser dedans ? Allons, du courage, puisque personne ne me voit J’atteins un flacon en tâtonnant, sans choisir. Ce doit être du kirsch, on dirait du diamant liquide. Va donc pour un petit verre de kirsch ; j’aime son parfum qui me fait rêver de grands bois, son parfum amer et un peu sauvage. Et me voilà, versant goutte à goutte, en gourmet, la claire liqueur. Je hausse le verre, j’allonge les lèvres. Horreur ! De l’eau pure, quelle grimace ! Je veux replacer le verre ; mais je suis troublé, ma main tremble, ma manche accroche je ne sais quoi. Un verre tombe, deux, trois verres ! Je me retourne, mes basques s’en mêlent, et la blanche pyramide roule par terre, avec ses scintillations, le bruit d’ouragan, les éclats sans nombre d’un iceberg qui s’écroulerait. »

Il nous révèle aussi les dessous de ses principaux romans : Le Petit Chose, Les Lettres de mon moulin (Version 1, Version 2), Tartarin de Tarascon, Fromont jeune et Risler aîné, Jack, Numa Roumestan, etc. ainsi que de plusieurs personnages importants, que nous pouvons ainsi connaître d’une façon plus intime.

Le dernier chapitre retrace, d’une façon émouvante, les derniers jours d’Edmond de Goncourt.

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 1 408 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

BOVE, Emmanuel – Bécon-les-Bruyères

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 5min | Genre : Romans


Bécon-les-Bruyères

Alors qu’Emmanuel Bove (1898-1945) était considéré avant-guerre comme l’un des principaux écrivains français, son œuvre, rapidement tombée dans l’oubli à la Libération, est longtemps restée indisponible avant d’être rééditée à partir des années 1970. Fleurissent sur notre site quatre ouvrages d’inspirations très diverses.

Bécon-les-Bruyères, roman sans héros (1927), traitant d’un endroit où l’auteur a lui-même demeuré, fait partie de la litterature documentaire. Bécon, nom d’un lieu-dit à cheval sur Courbevoie et Asnières, à dix minutes de Paris, est une ville banale, sans rien de spectaculaire, où Bove recueille quelques faits. Tout y est morne et le désenchantement culmine quand Bove visite le cimetière des chiens.

« Parfois, le fruitier ferme plus tôt son magasin. Il ne doit pas, comme ailleurs, passer sa soirée à s’amuser. Parfois encore la marchande de journaux lève plus tard que d’habitude le rideau de fer de sa boutique. Elle n’a pourtant pas, comme ailleurs, un amant nouveau qu’elle ne peut se résoudre à quitter. »

Une jolie lecture mélancolique, parfois satirique.

En 2017 le sentiment de désolation a heureusement disparu. Petit conseil touristique : au parc de Bécon se trouvent les pavillons de la Scandinavie et des Indes de l’exposition universelle de 1878, inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 1987.

Bécon-les-Bruyères.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 854 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

DÉJACQUE, Joseph – À bas les chefs ! (Version 2)

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 32min | Genre : Société


Le Libertaire

« L’autorité officielle ou légale, de quelque nom qu’on la décore est toujours mensongère et malfaisante. Il n’y a de vrai et de bienfaisant que l’autorité naturelle ou anarchique. »

Militant anarchiste, « ouvrier-poète », écrivain méconnu, Joseph Déjacque (1821-1865) est l’inventeur du mot « libertaire » (De l’être humain mâle ou femelle ; lettre à P.J. Proudhon). La majeure partie de son œuvre est écrite lors de son exil en Europe et aux Etats-Unis, à la suite du coup d’État de 1851.
Ses textes théoriques où il évoque la société anarchiste par opposition radicale avec le monde bourgeois environnant sont écrits d’une plume vitriolée et publiés en feuilleton dans les colonnes du journal Le Libertaire.
À bas les chefs ! (7 avril 1859) expose sa conception de l’autorité, que la vigueur du style et la rage qui l’anime mettent en relief.

Illustration : Une du journal Le Libertaire (1860).

Licence Creative Commons

À bas les chefs !.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 870 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

TINAN, Jean (de) – Annotation sentimentale

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Nouvelles


Annotation sentimentale

« J’écrivis un soir ces pages pour une jeune femme très blonde qui collectionne des échantillons d’écriture, mais j’ai préféré les donner à un ami – parce que nous avons tous un peu les mêmes peines. »

Jean de Tinan, mort à 24 ans en 1898, est l’auteur d’Érythrée que nous avons accompagné d’une courte biographie. Jeune Casanova, passionné par les problèmes touchant à l’amour et à l’érotisme, il philosophe avec élégance :

« Bien des jeunes gens – Madame – ont aujourd’hui cette habitude fâcheuse de disserter sans précision sur la métaphysique d’amour : combien souvent ils se contredisent eux-mêmes. »

« Nous ne savons pas penser à l’amour, il y faut d’extraordinaires musiques, des fugues envolées et des arpèges lents. Nous comprenons presque, aux heures de demi-inconscience où nous échappons un peu à la tyrannie des sensations, lorsque le passé et le présent nous gênent moins, – alors seulement se précisent des représentations pieusement enfantines : murmurer son nom, écarter doucement ses mains pour adorer son regard, recevoir d’elle, d’elle ! – nous imaginons mal l’éblouissant mélange de la volupté et de l’amour. »

« Devrons-nous ainsi ricocher de cœur en cœur et de chair en chair jusqu’à l’apaisement d’un néant ou l’effarement d’un au-delà ! – l’effarement : car peut-être ne songeons-nous si souvent à la possibilité d’un ineffable devenir d’amour que parce que nous parvenons mal à y croire, et nous ne parvenons pas non plus à croire en l’anéantissement simple des personnalités ; nos souffrances d’amour sont comme des reflets de nos girations métaphysiques, seulement cela ne nous apparaît pas très nettement, parce qu’il y a rarement simultanéité. »

« Flirt ! – jeune dieu souriant, ceux-là seul médiront de toi qui ont mal connu ces joies factices et véritables ; tu marches indulgent appuyant doucement tes belles mains contre les lèvres qui les implorent – et tu sais que dans nos cœurs nous t’avons élevé des autels. Ce soir, il te plaira que nous allions en longues théories lentes sous les péristyles fleuris de tes temples en faisant semblant de nous aimer… »

Écoutons en souriant l’Annotation sentimentale (1921, posthume).

Dans Penses-tu réussir !!, le premier roman de Tinan, Mallarmé avait salué une nouvelle Éducation sentimentale.

Annotation sentimentale.

> Télécharger le mp3 (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)


..: Voir la page complète de ce livre audio :..

Page vue 697 fois | Envoyer à un(e) ami(e) Envoyer à un(e) ami(e) |

Tous Nos Livres Audio Gratuits :