Anicet Charles Gabriel Lemonnier - Lecture de la tragédie

Diderot et le curé de Montchauvet

« Si invraisemblable que puisse paraître cette mystification littéraire, je dois dire que je n’ai rien inventé : je me suis contenté de suivre, – en l’arrangeant un peu, – le récit que nous en ont laissé Grimm (Correspondance) et Fréron (Année litt. 1754). » assure Armand Gasté (1838-1902), homme de lettres normand, professeur à la faculté de Caen, qui s’est attaché à l’étude des poètes de la Normandie et à qui l’on doit au moins cent cinquante différentes publications. Il en écrivit sur Corneille, Boileau, Bossuet, Scarron, etc

Diderot et le curé de Montchauvet, une mystification littéraire chez le baron d’Holbach, 1754, est le récit de la déconvenue d’un petit curé de campagne qui s’ennuie, rimaille pour se distraire, veut soumettre à Diderot des vers de sa composition. Ce dernier réunit ses amis encyclopédistes pour l’entendre chez le baron d’Holbach et c’est le début d’une farce dont le brave curé fait les frais ; il faut avouer aussi que s’il n’est pas excellent versificateur, il est extrêmement vaniteux !
Un moment capital et historique dans ce divertissement parfois rosse : Jean-Jacques Rousseau, présent, joue l’Alceste du Misanthrope de Molière remettant le poète Oronte à sa place :
« Tout à coup, J.-J. Rousseau se précipite vers lui, lui arrache son manuscrit et le jette à terre :
– Votre tragédie est absurde, mon cher curé ; ces messieurs, – vous ne le voyez donc pas ? – se moquent de vous. Retournez vicarier dans votre village.
L’abbé, rouge de colère, fond sur Rousseau ; en vrai poète tragique, il veut l’occire. On sépare à grand’peine les deux combattants. Rousseau sort furieux, pour ne plus remettre les pieds chez le baron d’Holbach. »


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Livre audio gratuit ajouté le 15/05/2014.
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Lu par René Depasse

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2 Commentaires

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  1. La 1ère fois que j’ai entendu Depasse je n’ai pas aimé sa voix, pas du tout. Et maintenant je l’adore, il exprime un humour retenu et distingué, quelque chose de british. Quand je commence un nouvel ouvrage lu par lui c’est comme si je partais en randonnée avec un bon copain. Merci René, et respect !

  2. C’est quoi encore, ce roman lu par Depasse : «invraisemblable», «mystification», «rien inventé» ?
    Je vais me le télécharger, mais c’est bien parce que c’est lu par Depasse, hein!