Charles Baudelaire, peint et gravé par Édouard Manet (1865)

Mon cœur mis à nu

On ne peut adhérer à tous les jugements émis par Baudelaire dans Mon cœur mis à nu, journal intime (publication posthume en 1864), ouvrage autobiographique, certes, mais surtout notes prises pour un travail futur. Thèmes abordés : l’amour et les femmes, Dieu, la peine de mort, le progrès, l’histoire de la France, etc, et en même temps des notes pour divers projets.

Voici deux réflexions très acceptables :
« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n’importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au progrès et à la civilisation.
Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d’atrocité universelle.
Et c’est de ce dégoûtant apéritif que l’homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l’homme.
Je ne comprends pas qu’une main puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût. »

« Il n’y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat.
L’homme qui chante, l’homme qui sacrifie et se sacrifie.
Le reste est fait pour le fouet.
Défions-nous du peuple, du bon sens, du cœur, de l’inspiration et de l’évidence. »

Mais le jugement suivant ne grandit pas le poète :

« George Sand n’a jamais été artiste. Elle a le fameux style coulant, cher aux bourgeois.
Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde. Elle a, dans les idées morales, la même profondeur de jugement et la même délicatesse de sentiment que les concierges et les filles entretenues. […] Je ne puis penser à cette stupide créature, sans un certain frémissement d’horreur. Si je la rencontrais, je ne pourrais m’empêcher de lui jeter un bénitier à la tête. »

Consulter la version texte de ce livre audio.
Livre audio ajouté le 30/03/2014.
Consulté ~11 268 fois

Lu par René Depasse

Suggestions

2 Commentaires

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

  1. Bonsoir René ,

    Merci et tant de questions et d exclamations !!!

    une soirée agréable en vous écoutant …

    Bonne soirée .

    Cordialement ,
    Ahmed