La Morte, par Lobel-Riche (1900)

La Morte

Confidence : Il y a dix ans j’avais laissé à notre amie Victoria la lecture de ce beau texte de Maupassant qui me tentait. Aujourd’hui, en souvenir et en hommage à notre chaleureuse lectrice disparue, je joins ma voix à la sienne pour vous faire réentendre La Morte.

« Je me levai et me mis à errer dans cette ville des disparus. J’allais, J’allais. Comme elle est petite cette ville à côté de l’autre, celle où l’on vit ! Et pourtant comme ils sont plus nombreux que les vivants, ces morts. Il nous faut de hautes maisons, des rues, tant de place, pour les quatre générations qui regardent le jour en même temps, boivent l’eau des sources, le vin des vignes et mangent le pain des plaines.
Et pour toutes les générations des morts, pour toute l’échelle de l’humanité descendue jusqu’à nous, presque rien, un champ, presque rien ! La terre les reprend, l’oubli les efface. Adieu !
Au bout du cimetière habité, j’aperçus tout à coup le cimetière abandonné, celui où les vieux défunts achèvent de se mêler au sol, où les croix elles-mêmes pourrissent, où l’on mettra demain les derniers venus.
Il est plein de roses libres, de cyprès vigoureux et noirs, un jardin triste et superbe, nourri de chair humaine. »

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Livre audio ajouté le 08/08/2019.
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Lu par René Depasse

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3 Commentaires

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  1. Merci M.DEPASSE pour cette lecture, comme toutes celles que j’ai eu le plaisir d’écouter sur ce site et pour lesquelles vous avez donné de votre voix.

  2. Pourquoi refaire en beaucoup moins bien ce que Victoria avait si bien réussi? D’accord pour les versions 2, mais là je n’en vois absolument pas l’intérêt! Pardonnez-moi!
    Lucile