Livres audio gratuits pour 'Lautréamont' :


LAUTRÉAMONT – Poésies I

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 32min | Genre : Essais


Isidore Ducasse

Les Chants de Maldoror étaient signés par le Comte de Lautréamont, pseudonyme d’Isidore Ducasse qui reprend son nom comme auteur de Poésies I et Poésies II (1868) qui auraient sans doute été intitulées, si Ducasse n’était pas mort en 1870 à 24 ans, Préface d’un livre futur parce qu’il n’y a nulle trace de vers dans ce récit en grande partie consacré aux poètes.

Poésies I commence par cette épigraphe : « Je remplace la mélancolie par le courage, le doute par la certitude, le désespoir par l’espoir, la méchanceté par le bien, les plaintes par le devoir, le scepticisme par la foi, les sophismes par la froideur du calme et l’orgueil par la modestie », mais il est difficile de ne pas constater qu’en parfait désaccord avec ses contemporains, Ducasse, avec sa tonalité pamphlétaire, est « méchant » à l’égard des célébrités de l’époque :

« Depuis Racine, la poésie n’a pas progressé d’un millimètre. Elle a reculé. Grâce à qui ? aux Grandes-Têtes-Molles de notre époque. Grâce aux femmelettes, Chateaubriand, le Mohican-Mélancolique ; Sénancourt, l’Homme-en-Jupon ; Jean-Jacques Rousseau, le Socialiste-Grincheur ; Anne Radcliffe, le Spectre-Toqué ; Edgar Poe, le Mameluck-des-Rêves-d’Alcool ; Mathurin, le Compère-des-Ténèbres ; Georges Sand, l’Hermaphrodite-Circoncis ; Théophile Gautier, l’Incomparable-Épicier ; Leconte, le Captif-du-Diable ; Goethe, le Suicidé-pour-Pleurer ; Sainte-Beuve, le Suicidé-pour-Rire ; Lamartine, la Cigogne-Larmoyante ; Lermontov, le Tigre-qui-Rugit ; Victor Hugo, le Funèbre-Échalas-Vert ; Mickiewicz, l’Imitateur-de-Satan ; Musset, le Gandin-Sans-Chemise-Intellectuelle ; et Byron, l’Hippopotame-des-Jungles-Infernales. »

Quand Ducasse leur reproche d’avoir « chanté le mal », il semble oublier que Lautréamont a écrit les beaux Chants de Maldoror.

Qu’en pensez-vous ?

Poésies 1.

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LAUTRÉAMONT – Les Chants de Maldoror (Œuvre intégrale)

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 9h 15min | Genre : Poésie


Lautréamont - Les Chants de Maldoror

« Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme, comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »

Les lecteurs désireux de « pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées » peuvent désormais écouter les six Chants de Maldoror (1869) :

- Chant premier
- Chant 2ème
- Chant 3ème
- Chant 4ème
- Chant 5ème
- Chant 6ème


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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 6ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 21min | Genre : Poésie


Francisco de Goya - Disparate fúnebre

Nourris de violence, d’idées morbides et de délires à la limite du supportable, Les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont (pseudo d’Isidore Ducasse) ne racontent pas une histoire unique et cohérente, mais sont constitués, comme vous pouvez le lire dans les billets consacrés aux cinq premiers chants, d’une suite d’épisodes dont le fil conducteur est la présence de Maldoror, personnage maléfique, sauvage farouche, misanthrope, inculte, primitif, barbare, bestial, cruel, féroce, violent, brutal.
Le sixième et dernier chant, à la différence des cinq autres, est la fabrication d’un petit roman qui remplace la division en strophes épiques.

Lu quelque part, cet avertissement :
« Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme, comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »

Illustration : Francisco de Goya, Disparate fúnebre (détail, 1815-1819).

Les Chants de Maldoror (Chant 6ème).

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 5ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 35min | Genre : Poésie


Francisco de Goya - Saturne dévorant un de ses enfants

Le billet présentant le quatrième Chant de Maldoror est intégralement applicable au Cinquième Chant. Il est impossible de vraiment résumer un chant pour la bonne raison qu’aucune intrigue progressive ne peut s’y lire. Maldoror, être surhumain, archange du Mal, lutte sous différentes formes contre le Créateur, souvent ridiculisé, et commet des actes meurtriers où se révèlent son sadisme et son homosexualité. Il y a dans ce récit un couplet sur la pédérastie qui n’est pas piqué des vers, ni des scarabées, ni des serpents, ni des araignées qui pullulent dans des matières visqueuses.

Mais reconnaissons à Lautréamont qu’il prend sans cesse la peine d’avertir son lecteur que ce qu’il va lire n’est peut-être pas pour lui :

« La frontière entre ton goût et le mien est invisible ; tu ne pourras jamais la saisir : preuve que cette frontière elle-même n’existe pas.
Et, de même que les rotifères et les tardigrades peuvent être chauffés à une température voisine de l’ébullition, sans perdre nécessairement leur vitalité, il en sera de même pour toi, si tu sais t’assimiler, avec précaution, l’âcre sérosité suppurative qui se dégage avec lenteur de l’agacement que causent mes intéressantes élucubrations. »

Quelle eût été l’œuvre d’Isidore Ducasse qui a écrit ces Chants à 22 ans et est mort phtisique en 1870, à 24 ans… avec le Second Empire ?

> Écouter un extrait : Première Partie.

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 4ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 22min | Genre : Poésie


Jan de Baen - Les Cadavres des frères De Witt

La quatrième Chant de Maldoror, comme les trois premiers, n’est pas pour tous les lecteurs. Les horreurs commises par le sombre antihéros nommé Maldoror sont décrites avec une complaisance qui peut choquer. Aucune des règles du réalisme ni de la logique n’est respectée. Maldoror ressemble parfois à un bandit parcourant le monde à toute vitesse, parfois mêlé aux oiseaux, parfois mêlé aux poissons… Toutes les strophes nous rappellent que l’homme est mauvais et que celui qui l’a créé est mauvais.

Cette écriture de la cruauté use parfois de métaphores et de comparaisons très originales, mais les longues périodes rendent parfois difficile leur enregistrement.
Terminons par l’ exemple de cette phrase :
« Et même, si le hasard te permettait, par un miracle absurde, mais non pas, quelquefois, raisonnable, de retrouver cette peau précieuse qu’a gardée la religieuse vigilance de ton ennemi, comme le souvenir enivrant de sa victoire, il est presque extrêmement possible que, quand même on n’aurait étudié la loi des probabilités que sous le rapport des mathématiques (or, on sait que l’analogie transporte facilement l’application de cette loi dans les autres domaines de l’intelligence), ta crainte légitime, mais, un peu exagérée, d’un refroidissement partiel ou total, ne refuserait pas l’occasion importante, et même unique, qui se présenterait d’une manière si opportune, quoique brusque, de préserver les diverses parties de ta cervelle du contact de l’atmosphère, surtout pendant l’hiver, par une coiffure qui, à bon droit, t’appartient, puisqu’elle est naturelle, et qu’il te serait permis, en outre (il serait incompréhensible que tu le niasses), de garder constamment sur la tête, sans courir les risques, toujours désagréables, d’enfreindre les règles les plus simples d’une convenance élémentaire. »

Les Chants de Maldoror (Chant 4ème).

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 3ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Poésie


Les Chants de Maldoror

Rappelons une deuxième fois l’avertissement donné par le comte de Lautréamont : « Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »

En effet Lautréamont, dans ce Troisième Chant de Maldoror « opprime » de nouveau le lecteur en lui présentant une succession de scènes macabres et désolées, où une force maléfique sous la forme d’un prince de la Nuit, Maldoror, tente par tous les moyens possibles de détruire les apparences trompeuses des hommes et de leur soi-disant bonheur. Il est difficile pour certains d’adhérer à un style aussi noir que celui de Lautréamont, certes, mais il faut considérer Les Chants de Maldoror comme une révolution poétique à l’heure où le mot de surréalisme n’existait pas encore ; il faut les lire en prenant son temps et en étant réceptif, pour se laisser envoûter par le maléfique Maldoror qui nous emmène aux entrailles de l’enfer cuisant, de la barbarie sanglante, nous fait l’éloge du crime sur des adolescents, l’éloge de la prostitution, du sadisme, du viol.

Cette esthétique de l’horreur est une belle introduction à des œuvres telles que celles de Lovecraft.

Les Chants de Maldoror (Chant 3ème).

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 2ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 2h 30min | Genre : Poésie


Les Chants de Maldoror

Depuis six ans Les Chants de Maldoror attendaient une suite plusieurs fois réclamée sur notre site. Voici donc le deuxième chant aussi sulfureux que le premier. Rappelons-nous l’avertissement donné par le comte de Lautréamont : « Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »

Le lecteur est constamment dérouté par l’ordre non logique des divagations, l’ironie sarcastique, les moqueries, les parodies naturalistes ou romantiques, les victoires de l’imagination sur le réel, le mépris de l’auteur pour ce qu’il raconte. Son but est d’« attaquer l’homme et celui qui le créa : Dieu. Car l’homme n’est composé que de mal et d’une quantité minime de bien que les législateurs ont de la peine à ne pas laisser évaporer. » Aussi Maldoror se décide-t-il à fuir les « ruches humaines ». Mais il ne peut cependant rester seul. Il part à la recherche de son « semblable » Dieu, responsable des hommes qu’il a créés et qu’il laisse s’entre-tuer.

Des horreurs côtoient des envolées poétiques sublimes… On comprend que le surréalisme se soit réclamé plus tard d’Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, d’origine uruguayenne, dont Les Chants de Maldoror ne furent jamais diffusés de son vivant (1846-1870).

Huysmans s’interrogera : « Que diable pouvait faire dans la vie l’homme qui a écrit d’aussi terribles rêves ? »

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Correspondance (Sélection)

Donneur de voix : Vincent Planchon | Durée : 4min | Genre : Correspondance


Isidore Ducasse (comte de Lautréamont)

« Paris, 23 octobre. – Laissez-moi d’abord vous expliquer ma situation. J’ai chanté le mal, comme ont fait Miçkiéwicz, Byron, Milton, Southey, A. de Musset, Baudelaire, etc. Naturellement, j’ai un peu exagéré le diapason pour faire du nouveau dans le sens de cette littérature sublime qui ne chante le désespoir que pour opprimer le lecteur, et lui faire désirer le bien comme remède. […] »

Lettre à Verboeckhoven.

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