Livres audio gratuits pour 'Michel de Montaigne' :


MONTAIGNE, Michel (de) – Essais (Livre Deuxième)

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 1h 11min | Genre : Essais


Michel de Montaigne - Essais Livre 2

Le livre II (37 chapitres) des Essais parut comme le livre I (57 chapitres) en 1588, mais il est beaucoup plus riche de l’expérience et de la vie de Montaigne que le premier où l’opinion des anciens l’emportait sur ses réflexions personnelles.

L’intégralité des trois livres réunissant les 107 Essais de Montaigne est désormais disponible sur notre site.

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Chapitre 1 : De l’inconstance de nos actions.
Chapitre 2 : De l’ivrognerie.
Chapitre 3 : Coutume de l’île de Céa.
Chapitre 4 : À demain les affaires.
Chapitre 5 : De la conscience.
Chapitre 6 : De l’exercice.
Chapitre 7 : Des récompenses d’honneur.
Chapitre 8 : De l’affection des pères aux enfants.
Chapitre 9 : Des armes des Parthes.
Chapitre 10 : Des livres.
Chapitre 11 : De la cruauté.
Chapitre 12 : Apologie de Raimond Sebond, (Chapitre complet, Extrait : Vanité de l’homme).
Chapitre 13 : De juger de la mort d’autrui.
Chapitre 14 : Comme notre esprit s’empêche soi-même.
Chapitre 15 : Que notre désir s’accroît par la malaisance.
Chapitre 16 : De la gloire.
Chapitre 17 : De la présomption.
Chapitre 18 : Du démentir.
Chapitre 19 : De la liberté de conscience.
Chapitre 20 : Nous ne goûtons rien de pur.
Chapitre 21 : Contre la fainéantise.
Chapitre 22 : Des postes.
Chapitre 23 : Des mauvais moyens employés à bonne fin.
Chapitre 24 : De la grandeur romaine.
Chapitre 25 : De ne contrefaire le malade.
Chapitre 26 : Des pouces.
Chapitre 27 : Couardise mère de la cruauté.
Chapitre 28 : Toutes choses ont leur saison.
Chapitre 29 : De la vertu.
Chapitre 30 : D’un enfant monstrueux.
Chapitre 31 : De la cholere.
Chapitre 32 : Defense de Seneque et de Plutarque.
Chapitre 33 : L’histoire de Spurina.
Chapitre 34 : Observation sur les moyens de faire la guerre de Julius Cæsar.
Chapitre 35 : De trois bonnes femmes.
Chapitre 36 : Des plus excellens hommes.
Chapitre 37 : De la ressemblance des enfans aux peres.

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MONTAIGNE, Michel (de) – De la présomption (Essais II, 17)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 40min | Genre : Essais


Michel de Montaigne

Jamais Montaigne n’a parlé aussi abondamment de lui, corps et âme, que dans le long chapitre De la présomption (Livre II, 17).

« La philosophie ne me semble jamais avoir si beau jeu que
quand elle combat notre présomption et notre vanité, quand elle
reconnaît de bonne foi son irrésolution, sa faiblesse et son ignorance. »

« Je me souviens donc que dès ma plus tendre enfance, on avait remarqué chez moi je ne sais quelle attitude et des gestes qui manifestaient une vaine et sotte fierté… Je suis assez prodigue en coups de chapeau, notamment en été , et je n’en reçois jamais sans y répondre, quelle que soit la qualité de l’homme, sauf s’il est à mon service… Je me considère comme quelqu’un d’ordinaire, mais aussi coupable des défauts les plus bas, les plus vulgaires, que je n’excuse ni ne récuse… Je n’ai rien qui vienne de moi et qui puisse satisfaire mon jugement… Quant à mes ouvrages à moi, il s’en faut de beaucoup qu’ils me plaisent : à chaque fois que je les réexamine ils me déçoivent, et me laissent dépité. »

et ces critiques de lui-même emplissent toute sa confession : « tout est grossier chez moi, tout manque de polissure et de beauté ; je nesais pas faire valoir les choses pour plus que ce qu’elles valent, etmon intervention n’apporte rien à la matière dont je traite. »

On voit que ce portrait n’a rien d’une apologie, comme le sont souvent les autobiographies…

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

> Écouter un extrait : Première Partie.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Des postes – Sur les moyens de faire la guerre de Julius Cæsar (Essais II, 22, 34)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Essais


Godefroy le Batave - Troisième livre des Commentaires de la Guerre Gallique de César par François Demoulins. César approche de Vannes avec ses gens de pied (1520)

L’Essai 22 du Livre II Des postes (entendez « des relais de poste ») est plein d’anecdotes du genre de celle-ci :

« Ce que Cécinna inventa pour transmettre de ses nouvelles à ceux de chez lui était bien plus rapide encore : il emportait avec lui des hirondelles et les relâchait vers leurs nids quand il voulait donner de ses nouvelles, après les avoir teintes de la couleur signifiant ce qu’il voulait dire, ainsi qu’il l’avait concerté avec les siens. Au théâtre, à Rome, les chefs de famille avaient avec eux des pigeons, auxquels ils attachaient des lettres quand ils voulaient donner des ordres aux gens de chez eux ; et ces pigeons étaient dressés à rapporter les réponses. »

Observations sur les moyens de faire la guerre de Julius Cæsar (Livre II, Chapitre 34) prouve que Montaigne connaissait aussi bien La Guerre civile que La Guerre des Gaules.

« Et certes, même en allant sans s’arrêter, on peinerait à atteindre cette rapidité avec laquelle, toujours victorieux, ayant délaissé la Gaule, et poursuivant Pompée jusqu’à Brindes, il soumit l’Italie en dix-huit jours, revint de Brindes à Rome, de Rome s’en alla au fin fond de l’Espagne,
où il rencontra de très grandes difficultés dans la guerre contre Affranius et Petreius, puis au long siège de Marseille. De là il repartit en Macédoine, battit l’armée romaine à Pharsale, et poursuivant toujours Pompée, passa en Égypte, qu’il subjugua. D’Égypte il s’en vint en Syrie et dans le pays du Pont, où il combattit Pharnace ; de là il partit pour l’Afrique, où il défit Scipion et Juba, puis revenant encore par l’Italie en Espagne, il y défit les enfants de Pompée. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Illustration : Godefroy le Batave, Troisième livre des Commentaires de la Guerre Gallique de César par François Demoulins. César approche de Vannes avec ses gens de pied (1520)

Des postes.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Défense de Sénèque et de Plutarque (Essais II, 32)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 21min | Genre : Essais


Michel de Montaigne et Jean Bodin

Défense de Sénèque et de Plutarque (Livre II, Chapitre 32) est une brève mise au point de Montaigne sur la pensée de Sénèque concernant la religion, et surtout une controverse avec son contemporain Jean Bodin magistrat, philosophe et économiste (1530-1595) à propos de Plutarque.

« Jean Bodin est certes un bon auteur de notre époque, montrant beaucoup plus de jugement que la foule des écrivaillons qui sont ses contemporains, et il mérite qu’on porte sur lui un jugement, et qu’on l’examine avec
soin. Je le trouve bien hardi en ce qui concerne le passage de sa Méthode de l’Histoire, quand il accuse Plutarque, non seulement d’ignorance (ce sur quoi je l’aurais laissé dire, car je ne m’occupe pas de cela), mais aussi d’écrire des choses incroyables et complètement fabuleuses (ce sont ses mots). [...] Mais reprocher à Plutarque d’avoir pris pour argent comptant des choses incroyables et impossibles, c’est accuser d’une faute de jugement un des auteurs les plus qualifiés au monde. »

et tout le chapitre est une succession érudite de citations de Plutarque repensées par Montaigne lui-même.

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Défense de Sénèque et de Plutarque.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Sur la ressemblance des enfants avec leurs pères (Essais II, 37)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 35min | Genre : Essais


Consultation auprès des médecins (1527)

Le dernier long chapitre 37 du Livre II Sur la ressemblance des enfants avec leurs pères devrait plutôt s’appeler De ma haine pour la médecine.

« Mes ancêtres avaient la médecine en aversion par quelque disposition occulte et naturelle : la seule vue des médicaments faisait horreur à mon père » (justification du titre de l’essai)… « C’est une chose précieuse que la santé, et la seule, en vérité, qui mérite qu’on emploie, non seulement son temps, sa sueur, sa peine, ses biens, mais sa vie elle-même pour essayer de l’atteindre ; d’autant que sans elle, la vie nous devient pénible et insupportable… C’est l’expérience qui me rend craintif : car d’après ce que je peux savoir, je ne vois personne qui soit si tôt malade et si tard guéri que celui qui est soumis à la juridiction de la médecine. Sa santé est altérée et gâtée du fait de la contrainte imposée par les régimes. Les médecins ne se contentent pas de régner sur la maladie, ils rendent malade la santé elle-même, pour faire en sorte qu’on ne puisse absolument pas échapper à leur autorité… Platon avait bien raison de dire qu’il n’appartient qu’aux médecins de mentir en toute liberté, puisque notre salut dépend de la vanité et de la fausseté de leurs promesses » etc, etc…

Il termine heureusement, pour se faire pardonner, (et cette réflexion vaut pour tous les Essais) par :

« Ceux qui aiment notre médecine peuvent aussi avoir là dessus des points de vue qui soient valables, grands et solides. Je ne hais pas les opinions contraires aux miennes. Cela ne m’effraie pas du tout de voir de la discordance entre mes jugements et ceux d’autrui, et je ne me coupe pas pour autant de la société des hommes qui ont un autre point de vue et sont d’un autre parti que le mien. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Sur la ressemblance des enfants avec leurs pères.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Coutume de l’île de Céa (Essais II, 3)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 41min | Genre : Essais


Leonardo Alenza - Suicide

Le chapitre III du deuxième livre, Coutume de l’île de Céa, fournit de nombreux exemples de mort volontaire dans l’Antiquité et présente les divers arguments en faveur et contre le suicide que proposent les philosophes anciens de Rome et de la Grèce.
Montaigne fait référence à Platon qui, dans Les Lois, « ordonne sépulture ignominieuse à celui qui a privé son plus proche et plus ami, savoir est soi-même, de la vie et du cours des destinées, non contraint par jugement public, ni par quelque triste et inévitable accident de la fortune, ni par une honte insupportable, mais par lâcheté et faiblesse d’une âme craintive. »

Pour certains, la mort est associée à l’idée de liberté, elle est très facile à réaliser, contrairement à la vie. Puis il évoque la question du suicide, qu’il décrit comme la dernière des solutions. Il justifie ses propos avec plusieurs histoires d’hommes et de femmes qui se sont suicidés, pour ne plus souffrir ou pour éviter la souffrance.

Pour comprendre le titre, il faut attendre la fin de l’Essai :
« Sextus Pompée, allant en Asie, passa par l’île de Zéa de Négrepont. Pendant qu’il s’y trouvait, il advint par hasard qu’une femme de grand prestige, ayant rendu compte à ses concitoyens des raisons qui l’amenaient à vouloir mourir, pria Pompée d’assister à sa mort, pour la rendre plus honorable, ce qu’il fit. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Coutume de l’île de Céa.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Que le désir s’accroît par la malaisance (Essais II, 15)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Essais


Louis-Désiré Thiénon - Saint-Michel de Montaigne (détail)

Voici quelques phrases-clés du chapitre 15 du Livre II Que le désir s’accroît par la malaisance :

« Il en va ainsi dans tout : la difficulté donne du prix aux choses. »

« Nous interdire quelque chose, c’est nous en donner envie. Et nous l’abandonner tout à fait, c’est nous amener à la mépriser. Le manque et l’abondance aboutissent au même inconvénient. »

En amour : « À quoi sert l’art de cette pudeur virginale, cette froideur réservée, cette mine sévère, cette ignorance ostensible des choses que les femmes connaissent mieux que nous qui les en instruisons, sinon pour accroître notre désir de vaincre, de dominer, et de faire plier devant nos appétits toute cette cérémonie, et tous ces obstacles ? »

Dans la vie quotidienne : « Les serrures attirent les voleurs ; le cambrioleur passe devant les maisons ouvertes sans y entrer. » Qu’il soit facile d’entrer dans ma maison la protège peut-être, entre autres moyens, des violences de nos guerres civiles. La défense attire l’entreprise, et la défiance attire le mauvais coup. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Illustration : Louis-Désiré Thiénon, Saint-Michel de Montaigne (détail).

Que notre désir s’accroît par la malaisance.

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MONTAIGNE, Michel (de) – Des récompenses d’honneur – Des armes des Parthes (Essais II, 7, 9)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 20min | Genre : Essais


Collier de l'ordre de Saint Michel

L’Essai Des récompenses d’honneur (Livre II, Chapitre 7) fait réfléchir Montaigne à la distribution des récompenses honorifiques, surtout en la période de guerres civiles que connaît alors la France.
Parlant de la distinction de l’Ordre de Saint-Michel trop facilement accordée, il écrit :
« Mais je prétends que même si plus de gens en étaient dignes de nos jours qu’il n’y en avait autrefois, il ne fallait pourtant pas l’accorder de façon aussi libérale ; il eût mieux valu ne pas l’attribuer à tous ceux qui l’eussent méritée plutôt que de perdre pour toujours, comme on vient de le faire, l’usage d’une chose aussi utile. »

Quelle serait la réaction de Montaigne, aujourd’hui, devant l’attribution de la légion d’honneur instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte pour récompenser les « mérites éminents » militaires ou civils rendus à la Nation, en 2006 à Vladimir Poutine, président de la Fédération russe (2000-2008), comme grand-croix de la Légion d’honneur ?

Pourquoi Montaigne, dans Des armes des Parthes (Livre II, Chapitre 9), passant en revue divers armements, s’arrête-t-il a celui des Parthes ? C’est simple :
« Voilà une description qui ressemble très fort à l’équipement d’un homme d’armes français, bardé de toutes les pièces de son armure ! »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Des récompenses d’honneur.

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