Livres audio gratuits pour 'Simone Weil' :


WEIL, Simone – Quelques réflexions autour de la notion de valeur

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 24min | Genre : Philosophie


Simone Weil

Surmonter les contradictions essentielles de la pensée, en les éliminant, c’est peut-être la valeur propre du travail et de l’œuvre poétique, si l’on en croit Paul Valéry, dans son Cours de poétique. Mais est-ce le propre de la démarche du philosophe et le sens de son travail ? « La valeur est au centre de la philosophie » déclare Simone Weil, dans la première ligne de ces Quelques réflexions autour de la notion de valeur, vraisemblablement inspirées par le propos de Valéry dont elle eut connaissance. Dans un texte, tiré du premier des Cahiers de Marseille, elle écrit en effet : « Valéry : Cours de poétique. Commence par faire entièrement abstraction de toute considération de valeur (alors qu’il ne s’agit que de valeurs), puis décrit. Procédé très instructif (mais comme procédé) pour déceler la marque en creux de la valeur. »
En considérant que, d’un côté, la philosophie a partie liée avec la valeur et que, d’un autre côté, la vie ne se sépare pas de l’affirmation de valeurs (on ne peut les traiter séparément de la vie elle-même, pour les connaître) Simone Weil relève une contradiction entre le désir de connaître la valeur et son impossible satisfaction. Elle soutient que cette contradiction appartient en propre à la valeur supérieure de la philosophie elle-même. En étant aspiration à la vérité, elle est attachement au détachement, attachement à une vie détachée et attachement à la mort finalement. C’est cette situation paradoxale qui permet au philosophe d’atteindre la vérité et la valeur de chaque chose dans une hiérarchie des biens, en libérant l’attention.
« La notion de valeur est au centre de la philosophie. Toute réflexion portant sur la notion de valeur, sur une hiérarchie de valeurs, est philosophique ; tout effort de pensée portant sur un objet autre que la valeur est, si on l’examine de près, étranger à la philosophie. Par là, la valeur de la philosophie elle-même est hors de discussion. » Le manuscrit du texte s’interrompt brutalement, après que Simone Weil a cité enfin le nom de Paul Valéry, ayant situé la doctrine élaborée par lui dans sa leçon de poétique. « Quant aux systèmes complets construits dans le dessein d’éliminer toutes les contradictions essentielles de la pensée, on comprendrait que s’ils ont une valeur, elle ne peut être que poétique ; c’est ici que l’affirmation de Valéry est tout à fait juste. » (Simone Weil, Quelques réflexions autour de la notion de valeur, 1941 Œuvres, Quarto Gallimard, p. 121).
« La tempête qui nous entoure a déraciné les valeurs, en a défait la hiérarchie, et les met toutes en question pour les peser sur la balance toujours fausse de la force. Nous du moins, pendant ce temps, mettons-les toutes en question nous aussi, chacun de nous pour son compte, pesons-les en nous-mêmes dans le silence de l’attention, et souhaitons qu’il nous soit accordé de faire de notre conscience une balance juste. » (Simone Weil, À propos de la théorie des quanta, derniers mots de ce texte signé du pseudonyme Emile Novis, dans l’édition des Œuvres en Quarto Gallimard, p. 592)

Quelques réflexions autour de la notion de valeur.

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WEIL, Simone – La Pesanteur et la grâce (Sélection 2)

Donneur de voix : Un veilleur | Durée : 56min | Genre : Philosophie


Simone Weil - Timbre (France, 1979)

« Lumière pour l’esprit et nourriture pour l’âme, l’œuvre de Simone Weil n’a pas à être « actualisée » parce qu’elle émane de ce sommet de l’être qui surplombe tous les temps et tous les lieux. » (Gustave Thibon)

Simone Weil (1909-1943)

> Écouter un extrait : L’Attention et la volonté.

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WEIL, Simone – L’Enracinement (Première Partie)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 2h 38min | Genre : Philosophie


Simone Weil - L'Enracinement

Londres, 1943. à la demande du Général De Gaulle, Simone Weil, affectée dans une commission de rédaction, travaille à un projet de nouvelle Constitution pour reconstruire la France à l’issue de la guerre. De ce travail sortira sa dernière grande œuvre, inachevée, et publiée en 1949 seulement, après sa mort, par Albert Camus : L’Enracinement, prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain.
« Il me paraît impossible [...] d’imaginer pour l’Europe une renaissance qui ne tienne pas compte des exigences que Simone Weil a définies dans L’Enracinement », écrit alors Camus.

Pour Simone Weil, le déracinement est le mal du 20ème siècle. L’invasion de l’argent et le manque d’éducation en sont les causes principales.

Elle rompt avec la coutume héritée de 1789 d’aborder la politique par la notion de droit. Contrairement à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui établit d’une part des droits et de l’autre des devoirs, Simone Weil établit que la notion de droits est subordonnée à celle d’obligation. « Un homme qui serait seul dans l’univers n’aurait aucun droit, mais il aurait des obligations » .

L’ouvrage est constitué de trois partie : dans la première, Simone Weil relève et analyse quatorze besoins de l’âme. Dans la seconde, elle étudie le déracinement, celui vécu par les ouvriers et par les paysans, et le compare à la notion de nation. Enfin dans la dernière partie, elle développe l’Enracinement proprement dit, qui répond aux besoins de l’âme et aux obligations morales et politiques vitales pour chaque homme.

Dans cet enregistrement, la première (en entier) et la deuxième partie (à moitié) sont lues. La suite viendra.

> Écouter un extrait : Introduction .

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WEIL, Simone – Lettre à un religieux

Donneuse de voix : Christine Treille | Durée : 1h 36min | Genre : Religion


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Simone Weil est née en 1909 à Paris, dans une famille d’origine juive alsacienne, installée dans la capitale depuis plusieurs générations. Elle est philosophe, humaniste, écrivaine et activiste politique, sœur cadette du savant André Weil. Bien qu’elle n’ait jamais adhéré explicitement au christianisme, elle est reconnue, et elle se considérait, comme une mystique chrétienne.

Lettre à un religieux – écrite en 1942 au Père Couturier, à la veille du départ pour Londres où elle rejoint la Résistance, et quelques mois à peine avant de mourir à l’âge de 34 ans – est l’un des textes majeurs sur sa réflexion et son parcours spirituel.

« Quand je lis le catéchisme du concile de Trente, il me semble n’avoir rien de commun avec la religion qui y est exposée. Quand je lis le Nouveau Testament, les mystiques, la liturgie, quand je vois célébrer la messe, je sens avec une espèce de certitude que cette foi est la mienne, ou plus exactement serait la mienne sans la distance mise entre elle et moi par mon imperfection. Cela fait une situation spirituelle pénible. Je voudrais la rendre, non pas moins pénible, mais plus claire. »

> Écouter un extrait : Première Partie.

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WEIL, Simone – La Pesanteur et la grâce (Sélection)

Donneur de voix : Un veilleur | Durée : 2h 16min | Genre : Philosophie


Juan Antonio de Frías y Escalante - Un ange éveille le prophète Elijah

« Lumière pour l’esprit et nourriture pour l’âme, l’œuvre de Simone Weil n’a pas à être « actualisée » parce qu’elle émane de ce sommet de l’être qui surplombe tous les temps et tous les lieux. » (Gustave Thibon)

Simone Weil (1909-1943)

> Écouter un extrait : Accepter le vide.

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WEIL, Simone – Autobiographie spirituelle (Lettre au Père Perrin)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 57min | Genre : Correspondance


Simone Weil

« Au Père Perrin, 14 mai 1942 à Marseille,

À lire pour commencer. P.-S.
Cette lettre est effroyablement longue – mais comme il n’y a pas lieu d’y répondre – d’autant moins que je serai sans doute partie – vous avez des années devant vous, si vous voulez, pour en prendre connaissance. Prenez-en connaissance, quand même, un jour ou l’autre. »

« Je peux dire que dans toute ma vie je n’ai jamais, à aucun moment, cherché Dieu.
[...]
Comme je vous l’ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m’a prise.
Dans mes raisonnements sur l’insolubilité du problème de Dieu, je n’avais pas prévu la possibilité de cela, d’un contact réel, de personne à personne, ici-bas, entre un être humain et Dieu. J’avais vaguement entendu parler de choses de ce genre, mais je n’y avais jamais cru. »

Simone Weil. (Lettre publiée, post-mortem, en 1955, dans le recueil Attente de Dieu).

Autobiographie spirituelle.

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WEIL, Simone – Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l’amour de Dieu

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 27min | Genre : Philosophie


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« Bien qu’aujourd’hui on semble l’ignorer, la formation de la faculté d’attention est le but véritable et presque l’unique intérêt des études. »

Le bon usage spirituel et chrétien des études, visant donc à la sainteté, dépend de deux conditions : d’abord de la pureté de l’intention dans laquelle l’étude est menée ; ensuite de regarder en face ses erreurs pour les corriger. C’est sur la première condition surtout que porte le texte de Simone Weil : en effet, dit-elle, « pour faire vraiment attention, il faut savoir comment s’y prendre ». C’est que, estime-t-elle, on confond souvent attention et volonté, qui sont pourtant très différentes.

« La volonté [...] contrairement à ce que l’on croit d’ordinaire, n’a presque aucune place dans l’étude. L’intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie. L’intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. »

Mais, « il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue ». Et, ce « quelque chose » est « beaucoup plus proche du mal que la chair ».

C’est pourquoi, conclut Simone Weil, « toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. Si on fait attention avec cette intention, un quart d’heure d’attention vaut beaucoup de bonnes œuvres. »

Ces Réflexions sur le bon usage des études en vue de l’amour de Dieu ont été publiées pour la première fois, après la mort de Simone Weil en 1955, dans le recueil intitulé Attente de Dieu, par le père Perrin. Le texte a été écrit entre janvier et mai 1942.

Réflexions sur le bon usage des études en vue de l’amour de Dieu, avec accompagnement musical.

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WEIL, Simone – Le Conte des six cygnes dans Grimm

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 8min | Genre : Philosophie


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« Parmi les plus belles pensées de Platon sont celles qu’il a trouvées par la méditation des mythes. Qui sait si de nos mythes aussi il n’y aurait pas des idées à tirer ? Choisissons-en un presque au hasard parmi les contes de Grimm, et prenons-le comme objet, en ayant soin de dire, comme Socrate : je dirai comme vrai tout ce que je vais dire.

Un roi tenait cachés dans la forêt ses six fils et sa fille, craignant pour eux la haine de leur belle mère, qui était magicienne. [...] »

À l’extrême fin de sa vie, Simone Weil a sans doute dû s’identifier à l’héroïne de ce conte. « Silence de la petite fille dans Grimm qui sauve les sept cygnes ses frères. Silence du juste d’Isaïe. [...] Silence du Christ. Une sorte de convention divine, un pacte d’amour de Dieu avec lui-même, condamne ici-bas la vérité au silence. » (Carnet de Londres, 1942)

Quand elle rédige sa méditation sur le conte des Six Cygnes (ou sept, peu importe) de Grimm, elle a 16 ans et suit la classe d’Alain, dont on sent l’influence ici. Mais le lecteur aperçoit la cohérence, l’unité et la liberté de sa pensée de 1925 jusqu’à sa mort en 1943.

On trouvera d’autres contes de Grimm sur cette page et un mythe rapporté par Platon ici.

Le Conte des six cygnes dans Grimm.

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