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VOLTAIRE – Lucien, Érasme et Rabelais

Donneuse de voix : Ritou | Durée : 12min | Genre : Philosophie


Voltaire - Dialogues philosophiques

« Lucien. — Qu’est-ce qu’un cardinal, Érasme ?

Érasme. — C’est un prêtre vêtu de rouge, à qui l’on donne cent mille écus de rente pour ne rien faire du tout.

Lucien. — Vous m’avouerez du moins que ces cardinaux-là étaient raisonnables. Il faut bien que tous vos concitoyens ne fussent pas si fous que vous le dites.

Érasme. — Que M. Rabelais me permette de prendre la parole. Les cardinaux avaient une autre espèce de folie, c’était celle de dominer ; et comme il est plus aisé de subjuguer des sots que des gens d’esprit, ils voulurent assommer la raison qui commençait à lever la tête. M. Rabelais, que vous voyez, imita le premier Brutus, qui contrefit l’insensé pour échapper à la défiance et à la tyrannie des Tarquins. »

Lucien, Érasme et Rabelais.

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VOLTAIRE – Vie de Molière

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 29min | Genre : Biographies


Voltaire - Vie de Molière

François-Marie Arouet (1694-1778), dit Voltaire, auteur de 56 pièces de théâtre nous offre une biographie de Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), dit Molière, auteur dramatique de 33 œuvres. Cette Vie de Molière est bien « sage » ; Voltaire n’en profite pas, par exemple, pour attaquer la Compagnie du Saint Sacrement à l’occasion de la querelle du Tartuffe… Non ! il se contente de nous rapporter des raisons d’aimer Molière victime de tant d’injustices.

Un des rares passages satiriques : « Dès lors, la troupe de Molière prit le titre de « la Troupe de Monsieur », qui était son protecteur. Deux ans après, en 1660, il leur accorda la salle du Palais-Royal. Le cardinal de Richelieu l’avait fait bâtir pour la représentation de « Mirame », tragédie dans laquelle ce ministre avait composé plus de cinq cents vers. Cette salle est aussi mal construite que la pièce pour laquelle elle fut bâtie ; et je suis obligé de remarquer à cette occasion, que nous n’avons aujourd’hui aucun théâtre supportable : c’est une barbarie gothique que les Italiens nous reprochent avec raison. Les bonnes pièces sont en France, et les belles salles en Italie. »

Vie de Molière.

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VOLTAIRE – Deux Dialogues philosophiques

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 16min | Genre : Philosophie


Epictete le boiteux

Les Dernières Paroles d’Épictète à son fils : Épictète, près de mourir, interroge son fils (en a-t-il eu un ? ) sur la « nouvelle secte des Palestiniens ».

« Épictète. — Quelle est donc cette secte ?
Le fils. — Elle est composée de ces Juifs qui vendent des haillons et des philtres, et qui rognent les espèces à Rome.
Épictète — La vertu qu’ils enseignent est apparemment de la fausse monnaie. »

Boldmind et Medroso : Au temps de l’Inquisition, un dialogue sur la liberté de pensée entre un Anglais libre de s’exprimer et un Espagnol contraint au mutisme (1763).

Les Dernières Paroles d´Epictète à son fils.

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VOLTAIRE – Dialogues du Douteur et de l’Adorateur

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Religion


Voltaire - Dialogues philosophiques

« Le Douteur. – Vous pensez donc qu’on a corrompu la religion simple et naturelle de Jésus, qui était apparemment celle de tous les sages de l’antiquité ?
L’Adorateur. – Rien ne paraît plus évident. Il fallait bien qu’au fond il fût un sage, puisqu’il déclamait contre les prêtres imposteurs, et contre les superstitions ; mais on lui impute des choses qu’un sage n’a pu ni faire ni dire. [...] Un sage ne peut changer l’eau en vin en faveur de gens déjà ivres. Un sage ne peut envoyer des diables dans le corps de deux mille cochons dans un pays où il n’y a point de cochons. [...] Un sage, quand il dit que Dieu est son père, entend sans doute que Dieu est le père de tous les hommes : le sens dans lequel on a voulu l’entendre est impie et blasphématoire.
Si vous croyez à un Évangile, vous êtes obligé de renoncer à tous les autres. Voilà une plaisante marque de vérité qu’une contradiction perpétuelle ; voilà une plaisante sagesse que des folies qui se combattent.
Si on a fait dire à Jésus que son royaume n’est pas de ce monde, ceux qui prétendent être les successeurs de ses premiers disciples ont été, autant qu’ils l’ont pu, les tyrans du monde, et ont marché sur la tête des rois. Si Jésus à vécu pauvre, ses étranges successeurs ont ravi nos biens et le prix de nos sueurs. »

L’astuce de Voltaire est de prêter à l ‘Adorateur ces idées qu’on attendrait plutôt dans les propos du Douteur.

Dialogues du Douteur et de l’Adorateur.

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VOLTAIRE – Lettre à Madame Denis : Petit Dictionnaire à l’usage des rois

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 5min | Genre : Correspondance


Adolph von Menzel - Voltaire à la cour de Frédéric I

L’aventure de Voltaire à Berlin se résume ainsi : en 1750 Frédéric, roi « éclairé » de Prusse invite Voltaire à sa cour de Potsdam comme chambellan et oracle en littérature. Leurs relations d’abord chaleureuses se dégradent progressivement,vu le caractère des deux hommes et un jour Voltaire, blessé dans son amour-propre, ne songe plus qu’à s’évader. Il dégage dans cette Lettre à Madame Denis la leçon philosophique et politique de son expérience prussienne.

« Je vois bien qu’on a pressé l’orange ; il faut penser à sauver l’écorce. Je vais me faire, pour mon instruction, un petit dictionnaire à l’usage des rois.
Mon ami signifie mon esclave.
Mon cher ami veut dire vous m’êtes plus qu’indifférent.
Entendez par : je vous rendrai heureux, je vous souffrirai tant que j’aurai besoin de vous.
Soupez avec moi ce soir signifie je me moquerai de vous ce soir.

Le dictionnaire peut être long. [...] »

Illustration : Adolph von Menzel, Voltaire à la cour de Frédéric II.

Lettre à Madame Denis : Petit Dictionnaire à l’usage des rois.

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VOLTAIRE – Un Chrétien et un Juif devant un Sénateur

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 27min | Genre : Philosophie


Francois Marie Arouet

Discussion animée entre un chrétien et un sénateur érudit sur des points très contreversés de l’histoire de la religion devant l’empereur Marc-Aurèle (persécuteur des chrétiens) ; un juif présent ajoute ses sarcasmes et rend pénible la situation du chrétien. Un Dialogue philosophique, qui ne peut laisser indifférent, de la même veine que Le Dîner du Comte de Boulainvilliers.

« Le Sénateur au Chrétien. – Pourquoi troublez-vous la paix de l’empire ? pourquoi ne vous contentez-vous pas, comme les Syriens, les Égyptiens et les Juifs, de pratiquer tranquillement vos rites ? pourquoi voulez-vous que votre secte anéantisse toutes les autres ?
Le Chrétien. – C’est qu’elle est la seule véritable. Nous adorons un Dieu juif, né dans un village de Judée, sous l’empereur Auguste, l’an de Rome 752 ou 756 ; son père et sa mère furent inscrits, selon le divin saint Luc, dans ce village, lorsque l’empereur fit faire le dénombrement de tout l’univers, Cyrenius étant alors gouverneur de Syrie.
Le Sénateur. – Votre Luc vous a trompés. Cyrenius ne fut gouverneur de Syrie que dix ans après l’époque dont vous parlez : c’était Quintilius Varus qui était alors proconsul de Syrie ; nos annales en font foi. Jamais Auguste n’eut le dessein extravagant de faire un dénombrement de l’univers : jamais même il n’y eut sous son règne un recensement entier des citoyens romains. »

Un Chrétien et un Juif devant un Sénateur.

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VOLTAIRE – Le Dîner du Comte de Boulainvilliers

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Religion


Le diner du Comte de Boulaivilliers

Le Dîner du Comte de Boulainvilliers (1767) parut sans frontispice ni nom d’auteur. Voltaire fut vite soupçonné d’en être l’auteur, le désavoua et, effrayé, l’attribua à un certain St-Hiacinte. L’impiété et l’anticatholicisme devaient froisser beaucoup de croyants ; la religion, le pape, Jésus, les rites sont malmenés dans ce dîner où un abbé subit les assauts de trois contradicteurs et s’avoue à la fin vaincu.

Un exemple entre autres : « Oseriez-vous nier votre idolâtrie, vous qui adorez du culte de dulie dans mille églises le lait de la Vierge, le prépuce et le nombril de son fils, les épines dont vous dites qu’on lui fit une couronne, le bois pourri sur lequel vous prétendez que l’être éternel est mort ? vous enfin qui adorez d’un culte de latrie un morceau de pâte que vous enfermez dans une boîte, de peur des souris ? Vos catholiques romains ont poussé leur catholique extravagance jusqu’à dire qu’ils changent ce morceau de pâte en Dieu par la vertu de quelques mots latins, et que toutes les miettes de cette pâte deviennent autant de dieux créateurs de l’univers. Un gueux qu’on aura fait prêtre, un moine sortant des bras d’une prostituée, vient pour douze sous, revêtu d’un habit de comédien, me marmotter en une langue étrangère ce que vous appelez une messe, fendre l’air en quatre avec trois doigts, se courber, se redresser … etc. »

> Écouter un extrait : 01. Avant le dîner.

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VOLTAIRE – Quatre Lettres philosophiques

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 35min | Genre : Philosophie


Quakers

Exilé en Angleterre en 1726, Voltaire y découvre un peuple travailleur, libre et respectueux de l’intelligence, jouissant des bienfaits du commerce et de l’industrie. Il étudie les sectes religieuses, admire Locke et Newton et applaudit Shakespeare. Les Lettres anglaises (1734) ou Lettres philosophiques sont à la fois œuvre de propagande etœuvre satirique ; la vingt-cinquième et dernière Sur les pensées de Pascal révèle la portée profonde du livre : une réaction contre les bases théologiques et chrétiennes de la société française.
« Lorsqu’il faut (dit le quaker) que nous comparaissions devant les magistrats pour les affaires des autres (car nous n’avons jamais de procès), nous affirmons la vérité par un oui ou par un non, et les juges nous en croient sur notre simple parole, tandis que tant de chrétiens se parjurent sur l’Évangile. » (Première Lettre : Sur les Quakers).

« En vérité, nous sommes d’étranges gens ! Peut-être dans dix ans prendra-t-on cette méthode anglaise, si les curés et les médecins le permettent ; ou bien les Français, dans trois mois, se serviront de l’inoculation par fantaisie, si les Anglais s’en dégoûtent par inconstance. » (Onzième Lettre : Sur l’insertion de la petite vérole)

« Je ne sais pourtant lequel est plus utile à un État, ou un seigneur bien poudré qui sait précisément à quelle heure le Roi se lève, à quelle heure il se couche, et qui se donne des airs de grandeur en jouant le rôle d’esclave dans l’antichambre d’un ministre, ou un négociant qui enrichit son pays, donne de son cabinet des ordres à Surate et au Caire, et contribue au bonheur du monde. » (Dixième Lettre : Sur le commerce)

« M. Addison, en France, eût été de quelque académie, et aurait pu obtenir, par le crédit de quelque femme, une de douze cents livres, ou plutôt on lui aurait fait des affaires, sous prétexte qu’on aurait aperçu, dans sa tragédie de Caton, quelques traits contre le portier d’un homme en place ; en Angleterre, il a été secrétaire d’État. » (Vingt-troisième Lettre : Sur la considération qu’on doit aux gens de lettres)

> Écouter un extrait : Sur les Quakers.

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