Guillaume Charles Brun, Un panier de rubans (1869, détail)

Lizzie Blakeston

« L’harmonie exorbitante qui s’échappait à flots du piano mécanique s’emparait d’elle comme une main impérieuse, faisait monter vers le ciel en geste d’offrande ses minces souliers jaunes, rythmait le mouvement de ses bras balancés, la courbait et la relevait, enveloppait ses moindres gestes dans une irrésistible cadence, et saisie d’une glorieuse ivresse, Lizzie sautait, pirouettait et se trémoussait dans l’étau de la mesure, offrant au monde obscurci un sourire vague et des yeux hallucinés. »

Avec Lizzie Blakeston (1908), l’auteur de Maria Chapdeleine nous dépeint le destin d’une jeune fille dans les bas quartier de Londres au début du XXe siècle ; il nous dit combien il est difficile de d’atteindre ses rêves, et combien peut être douloureux aussi le retour à la réalité.

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Références musicales :

Frédéric Chopin, Sonate pour violoncelle et piano, interprétée par Leonard Frey-Maibach (domaine public).

Livre audio ajouté le 11/04/2021.
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Lu par Vincent de l'Épine

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6 Commentaires

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  1. Cher Monsieur,
    vous l’avez très bien dit: „une énorme force pour s’arracher à la lourdeur du quotidien“. C’est pour cela que je suis tant emue! Car le succès était peut-être à portée de sa main, un concours – oú bien le journal du lendemain – est la meilleure occasion pour les professionnels (directeurs de théâtres) oú les privés (organisant une soirée) de se reinseigner à propos de nouveaux talents de la danse. Il est à supposer qu‘ il y en avaient dans l’auditoire. Je raisonne parce-ce que cela me donne à penser, pas pour modifier cette histoire très belle. Merci encore!
    Beautemps

  2. Merci Claryssandre et Beautemps pour votre retour ! En effet, je pense qu’il y a beaucoup à découvrir de cet auteur, en dehors de Maria Chapdelaine.
    Claryssandre, c’est très juste ce que vous dites. Depuis quelques années que je fais mes petits enregistrements, les très longues recherches d’images et de musiques d’illustration ont élargi mon horizon artistique, et m’on fait découvrir Gauillaume Charles Brun ou William-Adolphe Bougueraux, par exemple, ou les délicieuses esquisses de Paul-César Helleu.
    Beautemps, je ne peux pas vous répondre très longuement sans divulguer à ceux qui nous lisent l’essentiel de l’histoire. Mais je partage votre analyse, même s’il ne faut pas oublier les très grandes pesanteurs du monde où vit Lizzie, qui demande une énorme force pour s’arracher à la lourdeur du quotidien – force que, pour un temps, son oncle l’aide à trouver en elle.
    Je suis heureux que vous ayez apprécié toutes deux cette petite histoire très émouvante.

  3. Cher Vincent de l’Épine!
    Merci beaucoup pour cette belle lecture! Elle donne beaucoup à penser. On est tenté de trouver une solution comme par exemple l’engagement par un théâtre ou des engagements dans des soirées privées suite à ce concours que Lizzy vient juste de gagner. Elle a aussi parfaitement raison avec son jugement et pourtant il vaudrait mieux ne jamais se desespérer avant d’être allé jusqu’au bout. Malgré ces observations l’histoire est bien telle qu’elle est, certainement aussi à cause de cette fin auquel on ne croit pas jusqu’á la dernière phrase! Je vous souhaite une très agréable soirée!
    Beautemps