Execution de Lacenaire

Trois Poèmes

Le bandit lettré Lacenaire (1803-1836), bourgeois cultivé, a fasciné autant que scandalisé par son cynisme : dans les aveux complets des crimes dont il est l’auteur, Lacenaire doit moins sa réputation à ses crimes qu’à sa personnalité et à son attitude, du tribunal jusqu’à l’échafaud. Ses aveux complets qu’il fait, non par dégoût de ses crimes ni pour attirer la clémence des jurés, mais par vengeance sont consignés dans Mémoires de Lacenaire (7 heures de lecture).
Ces Mémoires sont rédigés dans sa prison entre sa condamnation et son exécution et c’est à ce moment aussi que le « poète-assassin » compose :

Le Dernier Chant :
« En expirant, le cygne chante encor,
Ah laissez-moi chanter mon chant de mort !… »

Ode à la guillotine :
« Car, si vous n’avez point fait pleurer sur la terre,
Si vous avez passé consolant, solitaire,
Si vous n’avez séché ni fait couler de pleurs,
Rien ne reste de vous ; lorsque l’orage gronde,
Du jour qui détruit tout, la trace est plus profonde,
Que du jour qui mûrit les fleurs. »

Le Larron, satire mordante de la politique (des policiers aux préfets et aux ministre), estime le Roi pour un malfaiteur comme les autres :
« Je suis hypocrite et vilain,
Ma douceur n’est qu’une grimace ;
J’ai fait se pendre mon cousin :
Sire, cédez-moi votre place. »

Charles Baudelaire a appelé Lacenaire « un des héros de la vie moderne ».
Dostoïevski a lu le procès de Lacenaire et s’en est inspiré pour écrire Crime et châtiment dans lequel le crime de Raskolnikov est une copie quasi-conforme de celui de Lacenaire.


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Livre audio gratuit ajouté le 03/09/2015.
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Lu par René Depasse

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