Théophile-Alexandre Steinlen, Printemps (1893)
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La Vengeance des consonnes

Arthur Rimbaud et Paul Arène associés dans une promenade automnale écrite par Armand Silvestre accompagné de sa bien-aimée, En pleine fantaisie : La Vengeance des consonnes, agréable poème en prose, présente Paul Arène cherchant des couleurs pour les consonnes à la façon de Rimbaud dans le fameux sonnet Voyelles. Le récit se termine par une boutade gauloise, non surprenante de l’auteur des Contes irrévérencieux et des Contes pantagruéliques.

Sonnet d’Arthur Rimbaud : Voyelles (1871)

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! »


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Livre audio gratuit ajouté le 05/10/2018.
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Lu par René Depasse

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