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DOSTOÏEVSKI, Fedor – Discours sur Pouchkine

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Discours


Pouchkine et Dostoïevski

Le géant de la littérature russe Pouchkine est mort depuis quarante-trois ans, quand, en 1880, l’autre géant Dostoïevski prononce un discours élogieux (Речь о Пушкине ) sur ce « prophète » : « Pouchkine est un phénomène extraordinaire, et peut-être le phénomène unique de l’âme russe, a dit Gogol. J’ajouterai, pour ma part, que c’est un génie prophétique. Pouchkine apparaît juste à l’heure où nous semblons prendre conscience de nous-mêmes, un siècle environ après la grande réforme de Pierre, et sa venue contribue fortement à éclairer notre chemin. »

Une grande partie de cet éloge est consacrée à l’intéressante analyse d’Eugène Onéguine et à la compréhension du personnage de Tatiana : « Eugène Onéguine, un poème qui n’a plus rien de fantaisiste, mais qui est d’un réalisme évident ; un poème dans lequel la vraie vie russe est évoquée avec une telle maîtrise que rien d’aussi vivant n’a été écrit avant Pouchkine ni peut-être depuis lui. »

Les mots de la fin : « Pouchkine est mort dans tout l’épanouissement de son talent et il a emporté dans sa tombe la solution d’un grand problème. Tout ce que nous pouvons faire, c’est tenter de le résoudre. »

Traduction : J. Wladimir Bienstock (1868-1933) et John-Antoine Nau (1860-1918).

Discours sur Pouchkine.

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KARAMZINE, Nikolaï Mikhaïlovitch – La Pauvre Lise

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h | Genre : Nouvelles


Nikolaï Mikhaïlovitch Karamzine

Nikolaï Mikhaïlovitch Karamzine (1766-1826), écrivain et historien russe, parcourut l’Europe et publia notamment les Lettres d’un voyageur russe (6 vol.in-12) quand la Révolution française passionnait l’attention publique.  « Karamzine, qui a été appelé « le Tive-Live de la Russie », est, avec Lomonossov, le créateur de la prose russe, ouvrant ainsi la voie aux écrivains du XIXe siècle. »

La Pauvre Lise est une nouvelle que l’éditeur présente ainsi : « Cette nouvelle eut à Pétersbourg et à Moskou le plus brillant succès. Déjà traduite dans presque toutes les langues de l’Europe ; elle était encore inconnue en France. Un journal français la plaça à côté des Nouvelles de Florian et des Contes moraux de Marmontel. Karamsin paraît effectivement avoir pris ces deux auteurs pour modèles. Sa sensibilité est plus neuve que la nôtre, plus rapprochée de la nature ; les détails qu’il donne sur des mœurs qui nous sont étrangères prêtent à cette Nouvelle un intérêt de plus. La manière dont elle est écrite n’est pas son moindre mérite, et on admire avec raison le mélange heureux d’élégance et de simplicité, de naïveté et d’élévation qui règne dans son style. »

« Mais je me plais surtout, lorsque je parcours ces ruines, à rêver à la pauvre Lise ; car mon cœur ne craint pas de se livrer à une tendre émotion, de partager les angoisses de la douleur, et mes yeux aiment à se remplir des larmes de la pitié.
Non loin des murs du monastère, au milieu d’un espace couvert de gazon et borné par une forêt de bouleaux, s’élève encore aujourd’hui une petite cabane déserte, sans portes, sans fenêtres, et dont l’humble toît paraît abattu depuis longtemps. Dans cette cabane vivait, il y a environ trente ans, la belle et bonne Lise avec sa vieille mère.  »

Traduction : Henri de Coiffier (1770-183?).

La Pauvre Lise.

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GOGOL, Nicolas – Le Portrait

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 2h 15min | Genre : Nouvelles


Le Portrait

Tchartkov, un jeune peintre encore inconnu du grand public, achète avec le peu d’argent qui lui reste un portrait dans une boutique de tableaux. Celui-ci n’a rien d’un chef-d’œuvre mise à part la réalisation des yeux qui ont un aspect mystérieux.

« Tchartkov s’approcha encore une fois du portrait pour examiner ces yeux extraordinaires et s’aperçut non sans effroi qu’ils le regardaient. Ce n’était plus là une copie de la nature, mais bien la vie étrange dont aurait pu s’animer le visage d’un cadavre sorti du tombeau. Était-ce un effet de la clarté lunaire, cette messagère du délire qui donne à toutes choses un aspect irréel ? Je ne sais, mais il éprouva un malaise soudain à se trouver seul dans la pièce. »

Le même sujet est traité de manière différente par deux nouvelles fantastiques ; la seconde a peut-être inspiré cinquante ans plus tard Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde. La première traite de la condition de l’artiste : devient-on un peintre de génie grâce à une vie d’ascète ou est-on condamné à la médiocrité si l’on cherche gloire et mondanités ?

Humour acerbe et critique de la haute société pétersbourgeoise dans cette nouvelle de 1834…

Traduction : Henri Mongault (1888-1941).

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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APOUKHTINE, Alexeï – Le Journal de Pavlik Dolski

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 2h 35min | Genre : Nouvelles


Le Journal de Pavlik Dobski

Apoukhtine (1840-1893) a surtout publié des poèmes lyriques, et est resté en dehors des luttes politiques qui secouaient la Russie. En 1892 il rédigea la nouvelle Entre la mort et la vie (version 1, version 2) et un an auparavant Le Journal de Pavlik Dolski qui relate quelques moments importants de la vie du héros atteint par la maladie et tourmenté par la vieillesse et l’approche de la mort. Quelques pages sobres et si vraies !

« Je dois avouer que de retour chez moi, j’éprouvai d’abord une sorte de soulagement. Au moins la situation était claire : plus de trouble à craindre ni d’espoir ; rien ne m’empêcherait plus de continuer mon journal. Je l’ai entrepris en vue d’y résumer ma vie passée, et je me suis laissé entraîner par les événements présents ; désormais, il n’y aura plus de présent ; il n’y aura plus que le passé. »

« Si chaque homme éprouvait une fois dans sa vie ce que j’ai éprouvé, c’est-à-dire s’il avait senti nettement un de ses pieds dans la tombe, la haine cesserait entre les hommes. La vie humaine est enfermée dans un cadre si étroit d’ignorance et de faiblesse, elle est si accidentelle, si incertaine, si courte, qu’il est absurde à l’homme de l’empoisonner encore par de stupides querelles. Quelle terrible folie que la guerre ! Comment les hommes peuvent-ils se décider à s’entre-tuer ! L’homme n’a qu’un seul et véritable ennemi, la mort ; on ne peut lutter contre elle, mais il ne faut pas l’aider. »

Traduction : J.-Wladimir Bienstock (1868-1933).

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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DOSTOÏEVSKI, Fedor – Une fâcheuse histoire

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 3h 10min | Genre : Romans


Une fâcheuse histoire

Les méfaits de la vodka ajoutée au champagne chez « Son Excellence » venue prêcher l’humanitarisme au repas de noces de l’un de ses subalternes…

« Ceci se passait au temps où, emportés par leur foi en la renaissance de notre chère patrie, les meilleurs de ses enfants s’élançaient, enthousiastes, vers de nouveaux espoirs et de nouvelles destinées. [...] Le conseiller d’État effectif Ivan Iliitch Pralinski portait le titre d’Excellence depuis quatre mois seulement, de sorte que c’était encore un jeune général. Il n’était pas d’un âge avancé : il n’avait que quarante-cinq ans et, désirant paraître plus jeune encore, il y réussissait pleinement. [...] Aussi, le soir où débute notre histoire, après quatre coupes de Champagne, son talent oratoire commençant à se manifester particulièrement, le jeune général s’était mis en tête de convaincre. »

Traduction : Georges d’Ostoya (1878-1937) et Gustave Masson (1819-1888).

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POUCHKINE, Alexandre – Eugène Onéguine

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 4h 15min | Genre : Romans


Eugène Onéguine

Œuvre majeure de la littérature russe, écrite entre 1829 et 1832, Eugène Onéguine est un roman d’environ 1400 vers. Pouchkine raconte la vie d’un jeune dandy petersbourgeois blasé, dégoûté de la vie en société et retiré à la campagne, avec Lenski, un ami poète qu’il tuera en duel, pour un malentendu. Il vivra un roman d’amour raté avec Tatiana que l’auteur analyse subtilement.

Poème étrange où curieusement Pouchkine s’adresse au lecteur, avec un ton désinvolte, en l’interpellant :
« Vous avouerez, mon lecteur, que notre ami s’était conduit d’une façon fort chevaleresque avec la pauvre Tania. Et ce n’était pas pour la première fois qu’il montrait une véritable noblesse d’âme, quoique la malveillance humaine ne l’eût guère épargné. Ses ennemis, ses amis (c’est peut-être la même chose), l’avaient accommodé de toutes les façons. Chacun a ses ennemis dans ce monde ; mais Dieu nous garde de nos amis ! Oh ! les amis, les amis ! ce n’est pas sans raison que je me souviens d’eux. »

et aussi nombreuses descriptions poétiques :
« Poussées par les rayons du printemps, les neiges des collines environnantes sont déjà descendues en ruisseaux bourbeux sur les prairies inondées. À peine sortant de son sommeil, la nature salue d’un sourire attendri le matin de l’année. Les cieux, d’un bleu plus foncé, sont plus rayonnants ; encore transparents, les bois se couvrent d’un duvet de verdure ; l’abeille quitte sa cellule de cire pour aller butiner sur les premières fleurs ; les champs se sèchent et se nuancent ; les troupeaux mugissent joyeusement, et le rossignol a déjà chanté dans le silence des nuits. »

En 1878 sera créé Onéguine, opéra lyrique, musique de Tchaïkovski.

Traduction : Ivan Tourguéniev et Louis Viardot (1800-1883).

Illustration : Vasilii Fedorovich Timm (1820-1895), Eugène Onéguine.

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GOGOL, Nicolas – Tarass Boulba

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 5h 40min | Genre : Romans


Tarass Boulba

Tarass Boulba (1843), roman historique, décrit les mœurs des anciens Cosaques Zaporogues, armée belliqueuse qui conquit toute la Sibérie en 1580 (en russe « za » au-delà et « porog » cataracte – les bancs de granit coupant le Dniepr). Dans une île de ce fleuve se trouvait la « setch », groupement de de 400 cabanes en bois et en terre pouvant contenir chacune une cinquantaine de Cosaques. Dans cette confrérie militaire aucune femme n’était admise.

Les Cosaques passent leur temps à boire de l’eau-de-vie quand ils ne tuent pas sanguinairement les Tatars, les Juifs et surtout les Polonais ; ils combattent pour s’emparer des butins et se font les défenseurs de la religion orthodoxe russe dans leur haine de la religion catholique et de la « juiverie ». Le vieux Tarass Boulba robuste et sauvage dépasse tous les autres par sa férocité.
La barbarie de ces êtres n’est pas sans rappeler les boucheries de Salammbô, mais le souffle épique, la description des beuveries et l’évocation poétique de l’Ukraine rendent attachant ce long récit écrit par Gogol à 26 ans.

Traduction : Louis Viardot (1800-1883).

> Écouter un extrait : Chapitres 01 et 02.

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TOURGUENIEV, Ivan – Fumée

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 7h 40min | Genre : Romans


Fumée

Tourgueniev écrivit Fumée (1867) peu de temps après l’abolition du servage en 1861 en Russie où plus du tiers de la population était alors composée de serfs. Il a suivi sa maîtresse à Baden-Baden, le rendez-vous allemand cosmopolite des Français, des Russes et des Anglais et c’est là qu’il situe son roman où se distinguent deux sortes d’intérêt : le romanesque (le vrai sujet : Peut-on aimer passionnément deux fois ? ) et le social où il trace des portraits satiriques de personnages en vue (en changeant les noms) et montre l’écart entre une Russie attardée et une Europe civilisée. Les Russes accepteront mal cette peinture !

« Il était seul dans son wagon. Personne ne le dérangeait. « Fumée ! fumée ! » répéta-t-il à plusieurs reprises, et subitement tout ne lui sembla que fumée. Sa vie, son pays, tout ce qui était humain et principalement tout ce qui était russe. « Tout n’est que fumée et vapeur »,  pensait-il. Tout paraît perpétuellement changer. [...] Il se souvint des discussions échevelées, des cris dans le salon de Goubariov, des disputes entre personnes de tous les milieux, réactionnaires et progressistes, jeunes et vieux… « Fumée ! répéta-t-il, fumée et vapeur ! »

Traduction anonyme (1868), révisée par Prosper Mérimée et Pierre-Jules Hetzel.

> Écouter un extrait : Chapitre 01.

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