Livres audio gratuits de la catégorie 'Poésie' :


HEINE, Heinrich – Intermezzo lyrique (Poème)

Donneur de voix : Angelot | Durée : 42min | Genre : Poésie


Heinrich Heine

« Il y avait une fois un chevalier qui était taciturne et sombre ! ses joues creuses avaient le blanc de la neige. Il errait çà et là d’un pas chancelante perdu en de vagues rêves. On eût dit qu’il était de bois, tant il était lourd et gauche ! les fleurettes et les fillettes se mettaient à rire sans bruit quand il passait près d’elles, trébuchant à chaque pas.

Souvent il se retirait dans le coin le plus sombre de sa demeure, dissimulé aux yeux des hommes. Alors il étendait les bras, comme mû d’un désir qu’il n’exprimait jamais. Mais à minuit on entendait un chant étrange, et à sa porte quelqu’un frappait… »

Traduction : Gérard de Nerval (1808-1855).

Intermezzo lyrique.

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MILOSZ, Oscar V. de L. – Les Terrains vagues (Poème)

Donneur de voix : Iamnot | Durée : 4min | Genre : Poésie


Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz

« Comment m’es-tu venu, ô toi si humble, si chagrin ? Je ne sais plus.
Sans doute comme la pensée de la mort, avec la vie même.
Mais de ma Lithuanie cendreuse aux gorges d’enfer du Rummel,
De Bow-Street au Marais et de l’enfance à la vieillesse

J’aime (comme j’aime les hommes, d’un vieil amour
Usé par la pitié, la colère et la solitude) ces terrains oubliés
Où pousse, ici trop lentement et là trop vite,
Comme les enfants blancs dans les rues sans soleil, une herbe

De ville, froide et sale, sans sommeil, comme l’idée fixe,
Venue avec le vent du cimetière, peut-être
Dans un de ces ballots d’étoffe noire, lisse et lustrée, oreillers
Des vieilles dormeuses des berges, dans les terribles crépuscules. »

Les Terrains vagues.

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DIVERS – Vésuve, Vesuvius, Vesubio (Poèmes)

Donneurs de voix : Projet collectif | Durée : 34min | Genre : Poésie


Edward Gennys Fanshawe - La baie de Naples et le Vésuve, vus depuis Castellamare

« Et désormais, chargés du seul fardeau des âmes,
Pauvres comme le peuple, humbles comme les femmes,
Ne redoutez plus rien. Votre église est le port ! »
Victor Hugo, Quand longtemps a grondé la bouche du Vésuve (1835)

« Pompeïa-station — Vésuve, est-ce encor toi ?
Toi qui fis mon bonheur, tout petit, en Bretagne,
— Du bon temps où la foi transportait la montagne —
Sur un bel abat-jour, chez une tante à moi. »
Tristan Corbière, Vésuves et Cie (1873)

« Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage
Où Naples réfléchit dans une mer d’azur
Ses palais, ses coteaux, ses astres sans nuage,
Où l’oranger fleurit sous un ciel toujours pur. »
Alphonse de Lamartine, Tristesse (1823)

« L’incendie a gagné les antiques forêts.
Les animaux fuyant dans les sentiers secrets,
Vingt fois pours échapper retournent sur leur trace ;
Par tout la mort en feu les repousse et les chasse. »
René Richard Louis Castel, Le Vésuve en courroux sous ses monts caverneux (1802)

« Aux bords de la mer écumante,
Vois ce mont, de l’Etna rival audacieux,
Qui, géant redouté, de sa tête fumante
Va toucher et noircir les cieux. »
Charles-Julien Lioult de Chênedollé, Le Vésuve (1822)

« Volcanoes be in Sicily
And South America,
I judge from my Geography. »
Emily Dickinson, Volcanoes be in Sicily (189?)

« Salamandra frondosa y bien poblada
te vio la antigüedad, columna ardiente,
¡ oh Vesubio, gigante el más valiente
que al cielo amenazó con diestra osada ! »
Francisco de Quevedo, Salamandra frondosa y bien poblada (S. XVII)

« Este del fuego elementar perene
Ardiente emulación, que en los prodigios
de la naturaleza Rey se nombra. »
Lope de Vega, Este del fuego elementar perene (S. XVII)

« Ici, sur le dos aride de mont formidable, du Vésuve exterminateur, que ne réjouit aucun autre arbre, aucune autre fleur, tu répands autour de toi tes rameaux solitaires, genêt odoriférant, et les déserts te plaisent. »
Giacomo Leopardi, Le Genêt, ou La Fleur du désert (1837, Traduction : François-Alphonse Aulard, (1849-1928))

Illustration : Edward Gennys Fanshawe (1814-1906), La Baie de Naples et le Vésuve, vus depuis Castellamare.

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MILOSZ, Oscar V. de L. – Chanson pour Don Juan (Poème)

Donneur de voix : Iamnot | Durée : 2min | Genre : Poésie


Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz

« Aimez‐vous l’odeur vieille des bruines de printemps ?
C’est le mois où sent bon la poussière des très vieux livres.
Un peu d’ennui, d’ombre et de vent sous les grands saules frais
Et puis dormir, oublier ce qui fut, ce qui sera…

L’eau tinte, le lointain pleure et rit, les fleurs sont si faibles.
La jument blonde gaiement dévore un tout petit arbre
Et don Juan cherche la bouteille dans son bissac,
Don Juan, le maigre cavalier aux éperons d’or. [...] »

Chanson pour Don Juan.

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MILOSZ, Oscar V. de L. – Symphonie de Novembre (Poème)

Donneur de voix : Iamnot | Durée : 3min | Genre : Poésie


Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz

« Ce sera tout à fait comme dans cette vie. La même chambre.
— Oui, mon enfant, la même. Au petit jour, l’oiseau des temps dans la feuillée
Pâle comme une morte : alors les servantes se lèvent
Et l’on entend le bruit glacé et creux des seaux

À la fontaine. Ô terrible, terrible jeunesse ! Cœur vide !
Ce sera tout à fait comme dans cette vie. Il y aura
Les voix pauvres, les voix d’hiver des vieux faubourgs,
Le vitrier avec sa chanson alternée,

La grand-mère cassée qui sous le bonnet sale
Crie des noms de poissons, l’homme au tablier bleu
Qui crache dans sa main usée par le brancard
Et hurle on ne sait quoi, comme l’Ange du jugement. »

Symphonie de Novembre.

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CABOT, Thierry – Le Petit Faon (Poème)

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 2min | Genre : Poésie


Thierry Cabot - Le Petit Faon

« Le souvenir du très beau dessin animé de Walt Disney intitulé Bambi, inspiré lui-même de l’œuvre du romancier autrichien Félix Salten, n’est sans doute pas totalement étranger à l’écriture de ce poème où j’ai voulu décrire dans toute son ingénuité l’émerveillement d’un petit faon devant les beautés du monde. » Thierry Cabot

Le Petit Faon.

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HUGO, Victor – Tristesse d’Olympio (Poème, version 2)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 13min | Genre : Poésie


Maison de Victor Hugo à Jouy-en-Josas

Pèlerinage de l’amant de Juliette Drouet, sur des lieux chéris et changés, hélas !, semblable à celui de l’amant de Madame Charles et à celui de l’amant de George Sand ; Hugo dans Tristesse d’Olympio comme Lamartine dans Le Lac et Musset dans Souvenir chantent la douleur et l’immortalité du souvenir heureux.
Ce poème extrait du recueil Les Rayons et les ombres (1840) a beaucoup contribué à la gloire de Victor Hugo.

« N’existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?
Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ?
L’air joue avec la branche au moment où je pleure ;
Ma maison me regarde et ne me connaît plus. »

Illustration : La maison de Jouy-en-Josas où Victor Hugo et Juliette Drouet abritèrent leur amour (source : culture.gouv.fr)

Tristesse d’Olympio.

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MILOSZ, Oscar V. de L. – La Charrette (Poème)

Donneur de voix : Iamnot | Durée : 4min | Genre : Poésie


Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz

« Que faire ? Fuir ? Mais où ? Et à quoi bon ? La joie
Elle-même n’est plus qu’un beau temps de pays d’exil ;
Mon ombre n’est ni aimée ni haïe du soleil ; c’est comme un mot
Qui en tombant sur le papier perd son sens ; et voilà,

Ô vie si longue ! pourquoi mon âme est transpercée
Quand cet enfant trouvé, quand frère petit-jour
Par l’entrebâillement des rideaux me regarde, quand au cœur de la ville
Résonne un triste, triste, triste pas d’épouse chassée. »

La Charrette.

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