Livres audio gratuits de la catégorie 'Poésie' :


MÉRY, Joseph – Trois Poèmes

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Poésie


Jeu-d-echecs

Joseph Méry, connu sur notre site par 7 nouvelles, a aussi écrit quelques poésies ignorées et de registres variés dont :

Le Ballet des heures, gracieux poème à la gloire du temps qui passe :

« Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses
Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu’à l’amour. »

Règle du jeu d’échecs, exposé didactique sur la marche des pièces :

« Puis la dame se place et garde sa couleur ;
Nul combattant du jeu ne l’égale en valeur :
Elle vole d’un bond de l’une à l’autre zone…
[...]
Huit modestes pions, soldats de même taille,
Gardent l’état-major sur un front de bataille ;
Un pas leur est permis ; un ou deux, jamais trois ;
Troupe vile immolée aux caprices des rois :
Ils ne prennent qu’en pointe ; et pourtant il arrive
Qu’un d’eux, soldat heureux, aborde l’autre rive. »

Ode à Marseille. Voyage marin imaginaire autour du monde où rien, en définitive, n’est aussi beau que le retour à Marseille, où le poète naquit en 1797 :

« Restons dans la Cité que tant d’azur couronne,
Qu’éclaire un beau soleil, que la mer environne :
Le rivage natal est un si doux lien !
Pourquoi, si tout ici surpasse notre envie,
De relais en relais tourmenter une vie ?
Pourquoi changer quand on est bien ? »

> Écouter un extrait : Le Ballet des heures.

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VOLTAIRE – Azolan – Le Cadenas – Le Cocuage

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 13min | Genre : Poésie


Le Cadenas

Après le Voltaire métaphysicien (De l’âme), voici trois aspects du Voltaire plaisantant sur les désirs refoulés d’un jeune musulman, la galanterie et la mythologie.

« À son aise dans son village
Vivait un jeune musulman,
Bien fait de corps, beau de visage,
Et son nom était Azolan ;
Il avait transcrit l’Alcoran,
Et par cœur il allait l’apprendre. » (Azolan)

« Vous connaissez la déesse Cérès :
Or en son temps Cérès eut une fille,
Semblable à vous, à vos scrupules près,
Brune, piquante, honneur de sa famille,
Tendre surtout, et menant à sa cour
L’aveugle enfant que l’on appelle Amour. » (Le Cadenas)

« Jadis Jupin, de sa femme jaloux,
Par cas plaisant fait père de famille,
De son cerveau fit sortir une fille,
Et dit : « Du moins celle-ci vient de nous ».
Le bon Vulcain, que la cour éthérée
Fit pour ses maux époux de Cythérée,
Voulait avoir aussi quelque poupon
Dont il fût sûr, et dont seul il fût père. » (Le Cocuage)

> Écouter un extrait : Azolan.

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POE, Edgar Allan – Du principe poétique

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 55min | Genre : Poésie


Edgar Allan Poe

Edgar Poe précise bien dès le début de Du principe poétique : « le principal but que je me propose est d’appeler l’attention sur quelques-uns des petits poèmes anglais ou américains qui sont le plus de mon goût, ou qui ont laissé sur mon imagination l’empreinte la plus marquée. Par petits poèmes j’entends, naturellement, des poèmes de peu d’étendue… Je soutiens qu’il n’existe pas de long poème. » Les poètes qu’il prendra pour exemples ne nous sont pas tous familiers : Shelley, Willis, Longfellow, Bryant, Pinkney, Moore, Byron, Tennyson et Motherwell, et nous ne pouvons pas apprécier leur rythme original puisq’ils sont traduits…

Sa grande idée directrice est la suivante :
« De même que l’Intellect recherche le Vrai, le Goût nous révèle le Beau, et le Sens moral ne s’occupe que du Devoir… Pour récapituler, je définirais donc en peu de mots la poésie du langage : une Création rythmique de la Beauté. Son seul arbitre est le Goût. Le Goût n’a avec l’Intellect ou la Conscience que des relations collatérales. Il ne peut qu’accidentellement avoir quelque chose de commun soit avec le Devoir soit avec la Vérité ; je ne me suis proposé que de vous suggérer cette réflexion : c’est que, si ce principe est strictement et simplement l’aspiration de l’âme humaine vers la beauté surnaturelle, sa manifestation doit toujours se trouver dans une émotion qui élève l’âme, tout à fait indépendante de la passion qui enivre le cœur, et de la vérité qui satisfait la raison. »

Il est intéressant de comparer cette conception de la poésie avec celle des Trois réflexions sur le beau de Baudelaire, admirateur et traducteur de Poe.

Traduction : Félix Rabbe (1840-1900).

Du principe poétique.

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CORNEILLE, Pierre – Poésies (Sélection 2)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 11min | Genre : Poésie


Pierre Corneille

Pierre Corneille, l’auteur de la tragédie Polyeucte et de la comédie La Place royale a parfois quitté les grands genres pour taquiner la poésie légère et galante, témoins ces dix courts poèmes (surtout des sonnets) qui s’ajoutent à Chanson et à Stances à Marquise, sans doute les plus connus, déjà publiés.

« Usez moins avec moi du droit de tout charmer ;
Vous me perdrez bientôt si vous n’y prenez garde.
J’aime bien a vous voir, quoi qu’enfin j’y hasarde ;
Mais je n’aime pas bien qu’on me force d’aimer.

Cependant mon repos a de quoi s’alarmer ;
Je sens je ne sais quoi dès que je vous regarde ;
Je souffre avec chagrin tout ce qui m’en retarde,
Et c’est déjà sans doute un peu plus qu’estimer.

Ne vous y trompez pas, l’honneur de ma défaite
N’assure point d’esclave à la main qui l’a faite,
Je sais l’art d’échapper aux charmes les plus forts,

Et quand ils m’ont réduit à ne plus me défendre,
Savez-vous, belle Iris, ce que je fais alors ?
Je m’enfuis de peur de me rendre. » (Chagrin)

> Écouter un extrait : Chagrin.

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MALLARMÉ, Stéphane et DEBUSSY, Claude – L’Après-midi d’un faune

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 18min | Genre : Poésie


Prélude à l'après midi d'un faune

En 1876, Mallarmé dans son églogue, L’Après-midi d’un faune, nous conte, en des vers parfois très obscurs, les désirs et les rêves d’un faune se mouvant à travers des décors successifs dans la chaleur d’un après-midi. Las de poursuivre nymphes et naïades, il s’endort et ses songes réalisent, grâce à sa flûte, ses souhaits de possession totale.

« Rien peut-être n’est allé si loin que L’Après-midi d’un faune dans cette voie de la poésie pure. L’émanation de musique et de ballet que le poète projeta d’en dégager, notre lecture, du papier seul, suffit à l’exhaler. Les visions et les ombres qui fuient de la flûte, de la plainte et de l’extase du faune réalisent autour de l’œuvre ces nuées renouvelées d’air limpide et d’or vivant : sur ce théâtre de pensée, la forme et le sujet, le poème et la Poésie, s’unissent, eux aussi, pour notre joie de les percevoir, simples, infiniment, sur la terre, d’oublier que rien d’autre soit. » (Article d’Albert Thibaudet, à conseiller pour éclairer le poème. )

Quinze ans plus tard, Debussy écrit dans le programme imprimé du Prélude à l’après-midi d’un faune : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Stéphane Mallarmé. »
Ressemblance sûrement voulue : l’œuvre musicale compte 110 mesures et le poème est composé de 110 alexandrins. Nous vous offrons les deux dans leur intégralité.

Illustration : Couverture du programme pour la première de L’Après-midi d’un faune des Ballets Russes (chorégraphie de Nijinski) au théâtre du Châtelet à Paris, le 29 mai 1912. Dessin de Léon Bakst (1866-1924).

L’Après-midi d’un faune.

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HUGO, Victor – La Trompette du jugement

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 13min | Genre : Poésie


François-André Vincent - Saint Jérôme dans le désert écoutant la Trompette du jugement

La Trompette du jugement est le dernier poème de Hors des temps qui clôt La Légende des siècles (Première série -1857) de Victor Hugo.

« Je vis dans la nuée un clairon monstrueux.
Et ce clairon semblait, au seuil profond des cieux,
Calme, attendre le souffle immense de l’archange.
[...]
Et c’était le clairon de l’abîme. Une voix
Un jour en sortira qu’on entendra sept fois
[...]

Ô lever en sursaut des larves pêle-mêle !
Oh ! la Nuit réveillant la Mort, sa sœur jumelle !
Pensif, je regardais l’incorruptible airain.
[...]
Une sinistre main sortait de l’infini.
Vers la trompette, effroi de tout crime impuni,
Qui doit faire à la mort un jour lever la tête,
Elle pendait énorme, ouverte, et comme prête
À saisir ce clairon qui se tait dans la nuit,
Et qu’emplit le sommeil formidable du bruit.
La main, dans la nuée et hors de l’Invisible,
S’allongeait. »

La Trompette du jugement.

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 3ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 15min | Genre : Poésie


Les Chants de Maldoror

Rappelons une deuxième fois l’avertissement donné par le comte de Lautréamont : « Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »

En effet Lautréamont, dans ce Troisième Chant de Maldoror « opprime » de nouveau le lecteur en lui présentant une succession de scènes macabres et désolées, où une force maléfique sous la forme d’un prince de la Nuit, Maldoror, tente par tous les moyens possibles de détruire les apparences trompeuses des hommes et de leur soi-disant bonheur. Il est difficile pour certains d’adhérer à un style aussi noir que celui de Lautréamont, certes, mais il faut considérer Les Chants de Maldoror comme une révolution poétique à l’heure où le mot de surréalisme n’existait pas encore ; il faut les lire en prenant son temps et en étant réceptif, pour se laisser envoûter par le maléfique Maldoror qui nous emmène aux entrailles de l’enfer cuisant, de la barbarie sanglante, nous fait l’éloge du crime sur des adolescents, l’éloge de la prostitution, du sadisme, du viol.

Cette esthétique de l’horreur est une belle introduction à des œuvres telles que celles de Lovecraft.

Les Chants de Maldoror (Chant 3ème).

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DIVERS – La Mort et le bûcheron

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 3min | Genre : Poésie


Jean de La Fontaine - La Mort et le Bûcheron, illustration de Gustave Doré

Ces trois fables sur le même thème, ayant pour source Le Vieillard et la Mort d’Ésope (620-560 av. J.C.), attirent notre attention sur la création littéraire et sur l’originalité de chacun des écrivains.

« Un jour un vieillard ayant coupé du bois, le chargea sur son dos. Il avait un long trajet à faire. Fatigué par la marche, il déposa son fardeau et il appela la Mort. La Mort parut et lui demanda pour quel motif il l’appelait. Le vieillard répondit : « C’est pour que tu me soulèves mon fardeau… »
Cette fable montre que tous les hommes sont attachés à l’existence, même s’ils ont une vie misérable. »
Ésope (Le Vieillard et la Mort, traduction d’Émile Chambry (1864-1938)).

À comparer :

- Nicolas Boileau (1630-1711) : Le Bûcheron et la Mort,
- Jean de La Fontaine (1621-1695) : La Mort et le Bûcheron,
- Jean-Baptiste Rousseau (1670-1741) : Fable d’Ésope.

> Écouter un extrait : Le Vieillard et la Mort.

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