Livres audio gratuits de la catégorie 'Poésie' :


RIMBAUD, Arthur – Ophélie (Poème, Version 3)

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 3min | Genre : Poésie


John Everett Millais - Ophelia

Ce poème est un des plus beaux d’Arthur Rimbaud. Il reprend le thème de la tragédie de Shakespeare, Hamlet.

Dans cette pièce, Ophélie est amoureuse du prince Hamlet. Le roi de Danemark, son père, a été assassiné par sa femme et l’amant de celle-ci. L’ombre du roi défunt vient hanter son fils et lui demande vengeance. Pour obéir à son père, il simule la folie.
Ophélie est incapable de comprendre et croit que son fiancé est réellement fou. Lorsqu’il l’abandonne, elle devient folle de désespoir et elle se noie « sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles », emmenant avec elle « les fleurs qu’elle cueillit ».

Ophélie.

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LEMERCIER, Eugène – Six Poèmes monologues

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 22min | Genre : Poésie


Eugène Lemercier - 10 Monologues

Eugène Victor Lemercier (1862-1939) est un chansonnier français, auteur de revues, de monologues, de saynètes et de chansons.

Ces six monologues-fables choisis, pleins d’humour, méritent une place non loin de La Fontaine ou d’Aristide Bruant.

Quelques vers de La Manie des noms d’animaux :
« – Oui, me dit-ell’, tu n’es qu’un’ moule,
Tu possèd’s un cœur de moineau,
Tu n’peux pas rencontrer un’ poul’
Sans agir comme un dindonneau ;
Devant sa port’, tu fais l’pied d’grue,
Tu frétill’s ainsi qu’un goujon,
Sans te douter qu’c’est un’ morue
Qui va t’plumer comme un pigeon.

- Tu vas m’fair’ tourner en bourrique,
Que j’réponds, oui, j’t’ai fait coucou,
Car j’n’ai pas ça dans l’sang, vieill’ bique !
La fidélité du toutou ;
T’auras beau hurler comme un’ hyène,
Je m’laiss’rai plumer si ça m’plait,
T’es bien trop rat et bien trop chienne
Pour me servir de vache à lait !

- À la maison, je sais qu’ t’es l’ singe,
Répliqu’ ma femme, avec dédain,
Toi, t’aim’ la cocotte et l’ beau linge,
Mais ça n’ t’ empêch’ pas d’être un daim ;
Quand, aux pieds d’un’ dinde, on s’ag’nouille,
Mon pauvre chat, on n’est qu’un s’rin,
On fait l’ matou près d’un’ grenouille,
Une oi’ qui vous pose un lapin. »

> Écouter un extrait : Le Miracle raté.

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HUGO, Victor – Inferi – Océan (Poèmes)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Poésie


Ivan Aivazovsky - Chaos (1841)

Deux longs poèmes peu connus de La Légende des siècles (Dernière Série, 1883).

Inferi chanté par Hugo d’une toute autre manière que par Voltaire.

« Chiourmes de la mort, égouts, fosses communes !
On les voit vaguement comme de sombres lunes.
Rien n’arrête leur vol hideux.
Au-dessus d’eux la brume et l’horreur se répandent,
La profondeur les hait ; les précipices pendent
Dans les gouffres au-dessous d’eux. »

Océan, en deux parties, est l’affirmation de la toute puissance des mers suivie de la réponse victorieuse de l’homme :

« Tais-toi, mer ! Les cœurs s’appellent ;
Les fils de Caïn se mêlent
Aux fils d’Abel ;
L’homme, que Dieu mène et juge,
Bâtira sur toi, déluge,
Une Babel.

Et tu verras sans colère,
Du tropique au flot polaire
Dieu te calmant,
Au-dessus de l’eau sonore,
Se construire dans l’aurore
Superbement
Les progrès et les idées,
Pont de cent mille coudées
Que rien ne rompt,
Et sur tes sombres marées
Ces arches démesurées
Resplendiront. »

Illustration : Ivan Aivazovsky, Chaos (1841).

Inferi.

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MUSÉE – Héro et Léandre (Poème grec)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Poésie


Ferdinand Keller - Héro trouvant Léandre

Léandre, jeune Grec de la ville d’Abydos, était aimé de Héro, prêtresse à Sestos, ville placée en face d’Abydos, sur les bords de l’Hellespont. Pour aller voir Héro, Léandre traversait tous les soirs l’Hellespont à la nage ; un flambeau allumé par son amante sur une tour élevée lui servait de phare. Léandre se noya pendant une tempête et fut jeté par la mer au pied de la tour de Héro qui, le reconnaissant le lendemain matin, se précipita du haut de cet édifice et se tua ainsi auprès de son amant.
Une fin qui rappelle (ou plutôt qui annonce) celle des couples célèbres Tristan et Yseult et Roméo et Juliette où l’un refuse de survivre à la mort de l’autre.

L’auteur grec Musée (en grec ancien Μυσαῖος), dit le Grammairien, est un poète égyptien de langue grecque, mais sa vie et son poème Héro et Léandre de plus de 300 vers ont donné lieu a des interprétations très diverses.
Ovide mentionne souvent dans ses vers cette histoire tragique : « Tu aurais souvent pu, ô Léandre ! te priver de ton amie ; tu passais le détroit pour qu’elle connût ton courage ». Rappelant ailleurs le dernier trajet où périt Léandre : « Plus d’une fois, dit-il, le jeune amant de Héro avait passé les ondes à la nage, et il les aurait encore passées cette dernière fois, mais sa route était ténébreuse ».
Virgile de même.

Traduction : J.-F. Grégoire et François-Zénon Collombet (1808-1853), 1834.

Illustration : Ferdinand Keller, Héro trouvant Léandre.

Héro et Léandre.

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LAMARTINE, Alphonse (de) – La Naissance du duc de Bordeaux (Poème)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 11min | Genre : Poésie


François Gérard - La Duchesse de Berry et ses deux enfants après la mort de son époux en 1822

Voici la 17ème des Méditations poétiques, édition de 1860 : La Naissance du duc de Bordeaux.

Extraits :
« Il est né, l’enfant du miracle,
Héritier du sang d’un martyr !
Il est né d’un tardif oracle,
Il est né d’un dernier soupir !
Aux accents du bronze qui tonne
La France s’éveille, et s’étonne
Du fruit que la mort a porté !
Jeux du sort ! merveilles divines !
Ainsi fleurit sur des ruines
Un lis que l’orage a planté.
[...]
Il saura qu’aux jours où nous sommes,
Pour vieillir au trône des rois,
Il faut montrer aux yeux des hommes
Ses vertus auprès de ses droits ;
Qu’assis à ce degré suprême,
Il faut s’y défendre soi-même,
Comme les dieux sur leurs autels ;
Rappeler en tout leur image,
Et faire adorer le nuage
Qui les sépare des mortels ! »

Texte suivi de son commentaire par Alphonse de Lamartine.
Extrait :
« La naissance de cet enfant parut une vengeance du ciel contre l’assassin, une bénédiction miraculeuse du sang des Bourbons. J’étais loin de la France quand j’appris cet événement : il inspira ma jeune imagination autant que mon cœur. J’écrivis sous cette inspiration. »

Ce texte est à rapprocher du Livre 25 des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, qui évoque la mort du duc de Berry, père du duc de Bordeaux.

Illustration : François Gérard, La Duchesse de Berry et ses deux enfants après la mort de son époux en 1822.

Licence Creative Commons

La Naissance du duc de Bordeaux.

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LEOPARDI, Giacomo – À Angelo Maï, quand il eut trouvé la République de Cicéron (Poésie)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 12min | Genre : Poésie


Angelo Mai

Voici le troisième texte poétique du recueil Poésies et œuvres morales : À Angelo Maï, quand il eut trouvé la République de Cicéron (1820).

Extraits :
« Courageux Italien, dans quel dessein ne cesses-tu jamais d’éveiller nos pères dans leurs tombes et les mènes-tu parler à ce siècle mort, sur lequel pèse un tel nuage d’ennui ?
[...]
Reviens, reviens parmi nous, sors de ton sépulcre muet et désolé, si tu es désireux d’angoisse, ô misérable exemple d’infortune ! La vie d’alors te parut triste et affreuse : la nôtre est encore pire. Ô ami, qui te plaindrait ? on n’a souci que de soi-même. Qui n’appellerait encore insensé ton mortel chagrin, aujourd’hui que ce qui est grand et rare se nomme folie. Ce n’est plus l’envie, c’est l’indifférence, bien plus dure que l’envie, qui attaque les grands hommes. Les chiffres sont plus écoutés que la poésie, et qui aujourd’hui t’apprêterait le laurier une seconde fois ? »

On trouvera ici des renseignements intéressants sur Angelo Maï, cardinal et philologue italien.

Traduction : Alphonse Aulard (1849-1928).

Illustration : Angelo Maï (1782-1854).

Licence Creative Commons

À Angelo Mai, quand il eut trouvé la République de Cicéron.

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LAMARTINE, Alphonse (de) – La Charité, hymne oriental (Poésie)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 3min | Genre : Poésie


Ciel, atmosphère

Voici la 16ème des Méditations poétiques, édition de 1860 : La Charité, hymne oriental, 1846.

« Dieu dit un jour à son soleil :
Toi par qui mon nom luit, toi que ma droite envoie
Porter à l’univers ma splendeur et ma joie,
Pour que l’immensité me loue à son réveil ;
De ces dons merveilleux que répand ta lumière,
De ces pas de géant que tu fais dans les cieux,
De ces rayons vivants que boit chaque paupière,
Lequel te rend, dis-moi, dans toute ta carrière,
Plus semblable à moi-même et plus grand à tes yeux ? »

Illustration : Ciel, atmosphère.

Licence Creative Commons

La Charité, hymne oriental.

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LEOPARDI, Giacomo – Sur le monument de Dante qu’on préparait à Florence (Poème)

Donneuse de voix : Christiane-Jehanne | Durée : 11min | Genre : Poésie


Dante Alighieri

Voici le deuxième texte poétique du recueil Poésies et œuvres morales : Sur le monument de Dante qu’on préparait à Florence (1818).

Extraits :
« Quoique la paix rassemble nos peuples sous ses blanches ailes, les âmes italiennes ne se délivreront jamais des liens de l’antique sommeil, si cette terre prédestinée ne se retourne vers les exemples paternels de l’âge ancien. Ô Italie, prends à cœur de faire honneur aux hommes du passé : car tes contrées sont veuves aujourd’hui de tels hommes et il n’en est pas qui méritent que tu les honores. Tourne-toi en arrière et regarde, ô ma patrie, cette troupe infinie d’immortels, et pleure et irrite-toi contre toi-même : car désormais la douleur est sotte sans la colère. Tourne-toi, aie honte et éveille-toi : sois une fois mordue par la pensée de nos aïeux et de nos descendants.
[...]
Avons-nous péri pour toujours ? et notre honte n’a-t-elle aucune fin ? Moi, tant que je vivrai, j’irai criant partout : Tourne-toi vers tes aïeux, race dégénérée, regarde ces ruines, ces livres, ces toiles, ces marbres et ces temples. Pense quelle terre tu foules ; et si la lumière de tels exemples ne peut t’éveiller, qu’attends-tu ? Lève-toi et pars. »

Traduction : Alphonse Aulard (1849-1928).

Illustration : Dante Alighieri, gravure d’après la fresque de Giotto di Bondone (XIVe).

Licence Creative Commons

Sur le monument de Dante qu’on préparait à Florence.

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