Livres audio gratuits de la catégorie 'Poésie' :


LATTAIGNANT, Abbé (de) – Six Poèmes

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 12min | Genre : Poésie


Abbé de Lattaignant

Le célèbre poème galant Le Mot et la chose a été déjà lu ici (25000 visites) ainsi que Adieux au monde.

Un contemporain de l’abbé Lattaignant (1697-1779), au nom oublié, écrivait :
« Nouvel Anacréon, l’abbé de Lattaignant a chanté le vin, l’amitié et l’amour ; ses vers sont les enfants du badinage ; Bacchus a été son Apollon ; la jeune Iris était sa Muse ; et une table environnée d’amis, son cabinet ou son Parnasse. Poète et auteur, mais par un double prodige, poète sans fiel, et auteur sans travail, jamais l’envie, la haine, l’animosité, la vengeance n’ont animé ses écrits ; et si ses vers sont le fruit de ses veilles, c’est qu’il veillait avec les Plaisirs. »
Cet abbé, coquin chansonnier, a laissé ces quelques poèmes où, en effet,le libertinage se mêle à l’érudition.

> Écouter un extrait : L’Éloge des vieux.

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GARNEAU, Saint-Denys – L’avenir nous met en retard (Poème)

Donneur de voix : Un veilleur | Durée : 2min | Genre : Poésie


Dog radio

« L’avenir nous met en retard
Demain c’est comme hier on n’y peut pas toucher
On a la vie devant soi comme un boulet lourd
aux talons
Le vent dans le dos nous écrase le front contre l’air

On se perd pas à pas
On perd ses pas un à un
On se perd dans ses pas
Ce qui s’appelle des pas perdus… »

Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943).

L’avenir nous met en retard.

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GARNEAU, Saint-Denys – On n’avait pas fini (Poème)

Donneur de voix : Un veilleur | Durée : 7min | Genre : Poésie


Lobster telephone

« On n’avait pas fini de ne plus se comprendre
On avançait toujours à se perdre de vue
On n’avait pas fini de se trouver les plaies
On n’avait pas fini de ne plus se rejoindre
Le désir retombait sur nous comme du feu…»

Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943).

On n’avait pas fini.

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MARIE DE FRANCE – Laüstic, ou Lai du rossignol

Donneuse de voix : Aerendil Nubigena | Durée : 9min | Genre : Contes


Enluminure - Rossignol

Ce Lai du rossignol, poème romanesque du XIIe siècle, raconte l’histoire de deux amants qui, habitant l’un près de l’autre, se retrouvent à la fenêtre, la nuit. Mais la Dame est mariée et son Seigneur s’étonne de sa veille nocturne. Elle dit aller écouter le doux chant du rossignol. Le Seigneur empêche les amants de se revoir à jamais, mais non de s’aimer.

Découvrez ce lai dans sa langue originale et faites un retour dans le temps… vous verrez que le voile de l’ancien français est parfois translucide.

NB : un enregistrement de la traduction de ce lai en français moderne est également disponible sur notre site, à cette adresse.

Laüstic.

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LAUTRÉAMONT, Comte (de) – Les Chants de Maldoror (Chant 4ème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 1h 22min | Genre : Poésie


Jan de Baen - Les Cadavres des frères De Witt

La quatrième Chant de Maldoror, comme les trois premiers (Chant 1er, Chant 2ème, Chant 3ème), n’est pas pour tous les lecteurs. Les horreurs commises par le sombre antihéros nommé Maldoror sont décrites avec une complaisance qui peut choquer. Aucune des règles du réalisme ni de la logique n’est respectée. Maldoror ressemble parfois à un bandit parcourant le monde à toute vitesse, parfois mêlé aux oiseaux, parfois mêlé aux poissons… Toutes les strophes nous rappellent que l’homme est mauvais et que celui qui l’a créé est mauvais.

Cette écriture de la cruauté use parfois de métaphores et de comparaisons très originales, mais les longues périodes rendent parfois difficile leur enregistrement.
Terminons par l’ exemple de cette phrase :
« Et même, si le hasard te permettait, par un miracle absurde, mais non pas, quelquefois, raisonnable, de retrouver cette peau précieuse qu’a gardée la religieuse vigilance de ton ennemi, comme le souvenir enivrant de sa victoire, il est presque extrêmement possible que, quand même on n’aurait étudié la loi des probabilités que sous le rapport des mathématiques (or, on sait que l’analogie transporte facilement l’application de cette loi dans les autres domaines de l’intelligence), ta crainte légitime, mais, un peu exagérée, d’un refroidissement partiel ou total, ne refuserait pas l’occasion importante, et même unique, qui se présenterait d’une manière si opportune, quoique brusque, de préserver les diverses parties de ta cervelle du contact de l’atmosphère, surtout pendant l’hiver, par une coiffure qui, à bon droit, t’appartient, puisqu’elle est naturelle, et qu’il te serait permis, en outre (il serait incompréhensible que tu le niasses), de garder constamment sur la tête, sans courir les risques, toujours désagréables, d’enfreindre les règles les plus simples d’une convenance élémentaire. »

Les Chants de Maldoror (Chant 4ème).

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PÉGUY, Charles – Notre cœur vil (Poème)

Donneur de voix : Ludovic Coudert | Durée : 2min | Genre : Poésie


Charles Péguy

Le 17 décembre 1911 Charles Péguy poste une lettre douloureuse et magnifique à celle qu’il aime en secret, Blanche Raphaël. Poème en acrostiche où chaque quatrain commence par une lettre qui compose le prénom de BLANCHE, cette lettre émouvante, tout en suggérant la profondeur de l’amour et de sa blessure, dit la souffrance d’un cœur qui résiste à l’emportement. En effet, entre le tourment et la consolation, le chrétien sent d’un côté la faiblesse d’un « cœur vil » et d’un autre côté sait qu’il peut espérer en la rédemption des cœurs affligés et sincèrement contrits.

« La jeune femme vient combler chez Péguy le manque de compréhension de la part de sa femme Charlotte. Non seulement cette dernière lui reproche d’avoir englouti sa dot dans la gestion d’une revue qui compte à peine mille abonnés, mais elle n’approuve pas l’évolution politique et spirituelle de son mari.

En proie à un ouragan sentimental avec Blanche, Péguy n’en refuse pas moins de céder à tout « dérèglement du cœur » et c’est aussi la force de résister qu’il ira chercher auprès de la Vierge de Chartres. En 1910, l’écrivain a incité la jeune femme à se marier, mais il ne se libère toujours pas de ce qu’un de ses proches a appelé son « adultère cérébral ». Il lui écrira plusieurs lettres de guerre, en lui demandant de prier avec lui, bien qu’israélite, par le Pater noster et l’Ave Maria. » (Pierre-Yves Le Priol, La Croix, édition du 5 septembre 2014, p. 28)

« Béni sois-tu, cœur pur
Pour ta détresse ;
Béni sois-tu, cœur dur
Pour ta tendresse.

Loué sois-tu, cœur las,
Pour ta bassesse;
Loué sois-tu, cœur bas,
Pour ta hautesse.

Avoué tu seras
Au dernier jour,
Quand tu comparaîtras
Au clair séjour.

Noué sois-tu serré
Comme une corde
Sur la très révérée
Miséricorde

Cloué sois-tu, cœur sec,
Au dur gibet
Sous la serre et le bec
Et sous l’onglet.

Honni sois-tu, cœur double,
Ô faux ami;
Honni sois-tu, cœur trouble,
Cher ennemi.

Et pardonné sois-tu,
Notre cœur vil,
Au nom des Trois Vertus;
Ainsi soit-il. » (Notre cœur vil)

Notre cœur vil (avec accompagnement musical).

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HUGO, Victor – Plein Ciel (Poème)

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 32min | Genre : Poésie


Dirigeables

Plein Ciel est un poème phare de La Légende des siècles de 1859, comme La Trompette du jugement, Le Satyre ou La Rose de l’infante. Il forme la deuxième partie de la section Vingtième Siècle.

Rappelons-nous qu’à cette époque, tous les esprits sont tournés vers la recherche du dirigeable. Théophile Gautier écrit : « L’humanité prend vraiment possession de son globe… Quand les ballons seront passés à l’état usuel, que deviendront les frontières, les douanes, les passeports et toutes ces vieilles formes de l’ancienne barbarie que nous appelons civilisation? Quelles guerres seront possibles lorsque les peuples se visiteront toujours comme des amis qui demeurent dans la même rue ? »

Parlant de l’« aéroscaphe », de la nef qu’il imagine, Hugo termine son chant par :

« Elle a cette divine et chaste fonction
De composer là-haut l’unique nation,
À la fois dernière et première,
De promener l’essor dans le rayonnement,
Et de faire planer, ivre de firmament,
La liberté dans la lumière. »

et prédit la réalisation par les ballons du bonheur d’une humanité fraternelle, issu du progrès scientifique.

O poètes, vous avez rêvé !

Plein Ciel.

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MÉRY, Joseph – Trois Poèmes

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 15min | Genre : Poésie


Jeu-d-echecs

Joseph Méry, connu sur notre site par 7 nouvelles, a aussi écrit quelques poésies ignorées et de registres variés dont :

Le Ballet des heures, gracieux poème à la gloire du temps qui passe :

« Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses
Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu’à l’amour. »

Règle du jeu d’échecs, exposé didactique sur la marche des pièces :

« Puis la dame se place et garde sa couleur ;
Nul combattant du jeu ne l’égale en valeur :
Elle vole d’un bond de l’une à l’autre zone…
[...]
Huit modestes pions, soldats de même taille,
Gardent l’état-major sur un front de bataille ;
Un pas leur est permis ; un ou deux, jamais trois ;
Troupe vile immolée aux caprices des rois :
Ils ne prennent qu’en pointe ; et pourtant il arrive
Qu’un d’eux, soldat heureux, aborde l’autre rive. »

Ode à Marseille. Voyage marin imaginaire autour du monde où rien, en définitive, n’est aussi beau que le retour à Marseille, où le poète naquit en 1797 :

« Restons dans la Cité que tant d’azur couronne,
Qu’éclaire un beau soleil, que la mer environne :
Le rivage natal est un si doux lien !
Pourquoi, si tout ici surpasse notre envie,
De relais en relais tourmenter une vie ?
Pourquoi changer quand on est bien ? »

> Écouter un extrait : Le Ballet des heures.

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