Livres audio gratuits de la catégorie '2. Moyen-Âge' :


BOCCACE, Jean – Grisélidis, ou La Femme éprouvée – À femme avare, galant escroc

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 36min | Genre : Contes


Grisélidis, ou La Femme éprouvée

Grisélidis, ou La Femme éprouvée (Journée X, Nouvelle 10) est la dernière des cent nouvelles du Décaméron (72 sur le site déjà publiées).

« Un des plus illustres et des plus célèbres descendants de la maison de Saluces fut un nommé Gautier. Sans femme, sans enfants, et n’ayant aucune envie de se marier ni d’avoir des héritiers, il employait son temps à la chasse. Cette façon de penser et de vivre déplaisait fort à ses sujets ; ils le supplièrent si souvent, et si vivement de leur donner un héritier, qu’il résolut de céder à leurs prières. Ils lui promirent de lui choisir une femme digne de lui par sa naissance et ses vertus. « Mes amis, leur dit-il, vous voulez me contraindre de faire une chose que j’avais résolu de ne faire jamais, parce que je sais combien il est difficile de trouver dans une femme toutes les qualités que j’y désirerais, et qui établiraient la convenance entre deux époux. Cette convenance est si rare, qu’on ne la trouve presque jamais. Et combien doit être malheureuse la vie d’un homme obligé de vivre avec une personne dont le caractère n’a aucun rapport avec le sien ! »»

Pauvre Grisélidis !

À femme avare, galant escroc (Journée VIII, Nouvelle 1) :

« Croyant avoir remarqué qu’il ne déplaisait pas, il se hasarda à lui faire parler, pour la prier de payer d’un tendre retour les sentiments qu’elle lui avait inspirés, lui promettant de s’en rendre digne par son empressement à faire tout ce qui pourrait lui être agréable. La belle, après bien des façons, consentit à se rendre à ses désirs, à condition qu’il garderait un secret inviolable, et qu’il lui donnerait deux cents écus dont elle avait besoin.

Gulfart fut si choqué de l’avarice de la dame, dont il ne l’aurait jamais soupçonnée, que peu s’en fallut que son amour ne se changeât en aversion ; cependant il se radoucit, et résolut de la tromper. »

C’est bien fait pour Ambroise !

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Grisélidis, ou La Femme éprouvée (Éditions Barbier, 1846).

Grisélidis, ou La Femme éprouvée.

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BOCCACE, Jean – La Double Défaite – La Femme justifiée

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Contes


La Femme justifiée

La Double Défaite (Journée VII, Nouvelle 06) :

« Dans la bonne ville de Florence, si féconde en événements de toutes les sortes, il y eut autrefois une jeune et belle demoiselle, de noble extraction, qui fut mariée à un chevalier d’un mérite distingué. Comme il arrive souvent qu’on se lasse de manger toujours du même pain, quelque bon qu’il soit, la belle devint amoureuse d’un jeune gentilhomme, nommé Lionnet, fait au tour, plein d’agréments, mais d’un naturel peu courageux, sans doute parce que sa famille n’était pas fort ancienne dans les armes. »

La Femme justifiée (Journée VII, Nouvelle 08) :

« Il y eut autrefois à Florence un très-riche négociant, nommé Henriet Berlinguier, entiché, comme c’est assez l’ordinaire des gens de sa profession, de la manie de s’anoblir par le mariage. Il épousa, dans cette vue, une femme de condition, nommée madame Simone, qui n’était pas du tout son fait. Comme son commerce l’obligeait à faire de temps en temps des absences, sa femme qui n’aimait pas à chômer, devint amoureuse d’un jeune homme, nommé Robert, qui lui avait fait sa cour avant qu’elle se mariât. »

On remarque que dans cette « bonne ville de Florence » les femmes ont une fréquente attirance pour l’adultère quelle que soit leur condition, même si le mari est riche ou a « du mérite » (la nouvelle 07 intermédiaire s’appelle Le Mari cocu, battu et content !).

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : La Femme justifiée (éditions Barbier, 1846).

La Double Défaite.

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BOCCACE, Jean – Le Psautier de l’abbesse – Cornes pour cornes – Perronnelle, ou La Femme avisée

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 29min | Genre : Contes


Le Psautier de l'abbesse

Trois histoires de femmes peu sages.

Le Psautier de l’abbesse (Journée IX, Nouvelle 02) :

« Il y a en Lombardie un monastère fameux par sa sainteté et l’austérité de la règle qu’on y observe. Une femme, nommée Isabeau, qui réunissait en elle la noblesse et la beauté, l’habitait depuis quelque temps. Un jour un de ses parents vint la voir à la grille avec un ami, cet ami était jeune et bien fait. La nonain le sentit, et en devint dès ce moment éperdument amoureuse. »

NB: Le mot Psautier a trois sens :

1. Recueil des psaumes.
2. Espèce de voile dont quelques religieuses se couvrent la tête et les épaules.
3. Grand chapelet monastique, inventé, dit-on, par saint Dominique, et nommé psautier parce qu’il contient autant de grains que David a composé de psaumes (150).

Cornes pour cornes (Journée VIII, Nouvelle 08) :

« Depuis ce jour, chaque femme eut deux maris, et chaque mari eut deux femmes, sans qu’il s’élevât jamais la moindre contestation entre eux pour la jouissance. »

Perronnelle, ou La Femme avisée (Journée VII, Nouvelle 02) est achevé par un Boccace coquin et libertin.

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Le Psautier de l’abbesse (Éditions Barbier, 1846).

> Écouter un extrait : Le Psautier de l’abbesse.

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BOCCACE, Jean – Le Mari en pénitence – Le Trompeur trompé

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 29min | Genre : Contes


Le Mari en pénitence

Deux contes à titre double, ce qui est fréquent dans le Décaméron.

Le Mari en pénitence, ou Le Chemin du Paradis (Troisième journée, Nouvelle 4) :

« Pucio ne fut pas plutôt de retour au logis qu’il raconta tout à sa femme, qui, moins simple que lui, comprit d’abord que c’était une ruse du moine pour se ménager la liberté de pouvoir passer d’heureux moments auprès d’elle. L’invention lui parut ingénieuse et assez conforme à l’esprit d’un dévot imbécile. Elle dit à son mari qu’elle était charmée des progrès qu’il allait faire pour mériter le ciel, et que, pour avoir part à sa pénitence, elle voulait jeûner avec lui, en attendant de pouvoir pratiquer elle-même les autres mortifications. »

Le Trompeur trompé, ou Le Faux Perclus puni (Deuxième journée, Nouvelle première) :

« Il n’y a pas longtemps qu’il y avait à Trévise un Allemand nommé Arrigne. La misère l’avait réduit à l’état de portefaix ; mais, dans sa pauvreté, il était généralement estimé, à cause de ses bonnes mœurs et de la sainteté de sa vie. Qu’il ait réellement vécu en saint ou non, les Trévisans assurent qu’à l’heure de sa mort, les cloches de la grande église de Trévise sonnèrent d’elles-mêmes. On cria au miracle, et tout le monde disait que c’était là une preuve incontestable que cet Arrigne avait vécu en saint, et qu’il était au nombre des bienheureux. Le peuple court en foule à la maison où il était décédé, et on le porte en la grande église avec la même pompe que si c’eût été le corps d’un saint canonisé. »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Le Mari en pénitence, éditions Barbier (1846).

Le Mari en pénitence.

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BOCCACE, Jean – Les Amants réunis – La Culotte du juge

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 29min | Genre : Contes


La Culotte du juge

Sourions de la fin…
Les Amants réunis (Journée V, nouvelle 7)

« Messire Émeri avait une fille nommée Violante, qui à beaucoup d’honnêteté joignait une figure des plus intéressantes. Elle était dans cet âge heureux où l’on commence à éprouver le besoin d’aimer. Souffrant de ce que son père ne songeait point à la marier, elle devint amoureuse de Pierre, et lui aurait déclaré bien volontiers son amour, si la pudeur ne l’eût arrêtée. Les égards qu’elle avait pour ce jeune affranchi, joints aux heureuses qualités dont la nature l’avait pourvue, avaient fait naître dans le cœur de celui-ci une inclination pour elle, qui ne tarda pas à devenir une passion dans toutes les règles. »

Rions du début…
La Culotte du juge (Journée VIII, nouvelle 5)

« Nicolas portait un chapeau vert tout enfumé, avait une écritoire à sa ceinture, un pourpoint plus long que sa robe, et plusieurs autres choses que ne porte point un juge qui se pique d’être décemment habillé. Mais ce que Macé lui trouva de plus grotesque fut ses hauts-de-chausses, qui lui tombaient jusqu’à mi-jambe, et ses habits si étroits, qu’ils étaient tout ouverts par devant. Un juge ainsi fagoté… »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : La Culotte du juge, Éditions Barbier (1846).

Les Amants réunis.

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BOCCACE, Jean – Préface de l’auteur – À mes censeurs : Les Oies du Frère Philippe – Le Crapaud, ou L’Innocence justifiée hors de saison

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Contes


Les Oies du Frère Philippe

Préface de l’auteur – À mes censeurs (début de la première nouvelle de la quatrième journée) à regrouper avec le Prologue et avec Conclusion est une mise au point de Boccace en réponse à ses détracteurs qui semblent avoir été nombreux, si l’on en juge par l’acharnement avec lequel se défend ce ministre florentin écrivain des années 1350 !

« Croiriez-vous, mesdames, que plusieurs de mes critiques me font un crime de vous trouver aimables, et qu’ils soutiennent qu’il n’y a aucun honneur à vous amuser, à vous plaire, et à célébrer vos charmes ? Rien n’est cependant plus vrai. D’autres, plus circonspects, prétendent qu’il ne convient nullement à un homme de mon âge de se livrer à de semblables bagatelles, et que ce n’est qu’à des jeunes gens tout au plus qu’il appartient de causer si longtemps de galanterie et de vous faire la cour. Quelques-uns, feignant de s’intéresser à ma réputation et à ma gloire, disent que je ferais beaucoup mieux d’aller avec les Muses sur le Parnasse que de perdre le temps avec vous. Quelques autres, moins prudents et plus aigres, n’ont pas craint de dire qu’au lieu d’employer le temps à composer des niaiseries, je devrais plutôt songer à amasser de quoi vivre. Il y en a qui, pour décrier mon travail et le dépriser à vos yeux, ont cherché à vous persuader que les événements que je vous ai racontés se sont passés d’une autre manière, et qu’ils sont devenus méconnaissables sous ma plume. »

Le ton de l’invective a disparu dans Le Crapaud, ou L’Innocence justifiée hors de saison (Journée IV, nouvelle 7).

« Il n’y a pas encore beaucoup de temps qu’il y avait à Florence une jeune fille, nommée Simone, issue de parents pauvres, mais jolie à ravir, et assez bien élevée pour son état. Comme elle était obligée de travailler pour vivre, elle filait de la laine pour différents particuliers. Le soin de songer à gagner sa vie ne la rendait point inaccessible à l’amour. Pasquin, jeune homme d’une condition à peu près égale à la sienne, eut occasion de la connaître, en lui apportant de la laine à filer, pour un fabricant dont il était commis, et la trouvant aussi honnête que jolie, il ne put se défendre d’en devenir amoureux. »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Les Oies du Frère Philippe, aux éditions Barbier (1846).

Préface de l’auteur – À mes censeurs : Les Oies du Frère Philippe.

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BOCCACE, Jean – Le Confesseur complaisant sans le savoir – Les Deux Rivaux

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 40min | Genre : Contes


Le Confesseur complaisant sans le savoir

Troisième Nouvelle de la troisième Journée : Le Confesseur complaisant sans le savoir

« Dans notre bonne ville de Florence, où, comme vous savez, la galanterie règne encore plus que l’amour et la fidélité, vivait, il y a quelques années, une dame que la nature avait enrichie de ses dons les plus précieux. Esprit, grâce, beauté, jeunesse, elle avait tout ce qui peut faire adorer une femme. Je ne vous dirai pas son nom ni celui des personnes qui figurent dans cette anecdote. Ses parents, qui vivent encore et qui occupent un haut rang à Florence, le trouveraient sans doute mauvais. »

Cinquième Nouvelle de la cinquième Journée : Les Deux Rivaux

« Comme ils en étaient l’un et l’autre éperdument amoureux, ils devinrent ennemis irréconciliables, aussitôt qu’ils se reconnurent rivaux. La demoiselle touchait à sa quinzième année, et était par conséquent en âge de se marier. Chacun d’eux se serait estimé heureux de l’avoir pour femme, si on eût voulu la leur accorder ; mais voyant qu’on la leur refusait sur de vains prétextes, ils formèrent l’un et l’autre, chacun de son côté, le projet de l’enlever. »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Le Confesseur complaisant sans le savoir, aux éditions Barbier (1846).

Le Confesseur complaisant sans le savoir.

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BOCCACE, Jean – Le Mauvais Conteur – Les Conseils de Salomon – Le Berceau

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 25min | Genre : Contes


Pedro Berruguete - Le Roi Salomon (ca. 1500)

Le Mauvais Conteur (Journée VI, Nouvelle 1) :

« Or, vous saurez que ce gentilhomme était aussi propre à raconter des histoires qu’à porter une épée au côté. Il s’embrouille, il se répète, il se reprend, il veut recommencer, il s’embarrasse de nouveau, confond les noms ; en un mot, il ne sait ni ce qu’il dit, ni ce qu’il doit dire. »

Les Conseils de Salomon (Journée IX, Nouvelle 9) :

« Le bruit de la miraculeuse sagesse de Salomon s’était répandu par tout l’univers : on savait aussi qu’il ne dédaignait pas d’en donner des preuves à quiconque lui en demandait ; de tous côtés on venait à lui, on le consultait sur les affaires les plus urgentes et les plus épineuses. »

Le Berceau (Journée IX, Nouvelle 6) :

« Dans la plaine de Mugnon, près de Florence, vivait naguère un bon homme qui tenait auberge. Quoiqu’il fût pauvre et sa maison petite, il logeait quelquefois les passants ; mais ce n’était que lorsque l’extrême nécessité l’exigeait ou que les voyageurs étaient de sa connaissance. Il avait une femme jeune encore et assez jolie ; une fille de quinze à seize ans, pleine de grâces et d’appas, un petit garçon d’un an, qui tétait encore sa mère, composaient le reste du ménage. »

Traduction : Antoine Sabatier de Castres (1742-1817).

Illustration : Pedro Berruguete, Le Roi Salomon (ca. 1500).

> Écouter un extrait : Le Mauvais Conteur.

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